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Procès Secope : la maffia se précise

La troisième audience du procès des saboteurs de la gratuité de l’éducation de base est prévue ce jeudi 11 mars 2021, en chambre foraine, à la Prison Centrale de Makala. Au terme des deux premières audiences, le constat fait par de nombreux observateurs est qu’une maffia organisée s’est solidement installée au sein de l’Inspection Générale de l’Enseignement Primaire et Secondaire et du Secope (Service de Contrôle et de Paie des Enseignants). L’étau est en train de resserrer autour de son principal parrain, que tout laisse penser qu’il pourrait s’agir du ministre Bakonga en personne, si l’on s’en tient au système de défense adopté par les prévenus Michel Djamba Kaombe (Inspecteur général de l’Enseignement Primaire et Secondaire) et Delon Kampay (Directeur du Secope).

En effet, le premier cité (Djamba) a justifié plusieurs sorties des fonds à savoir 560.040.080 francs congolais destinés à l’organisation de l’Examen d’Etat et du Tenafep (Test National de Fin d’Etudes Primaires) par des ordres verbaux reçus de sa hiérarchie. Il a donné la même explication pour les marchés de gré à gré conclus, selon lui, sous le bénéfice de l’urgence, en violation flagrante de la loi, qui a prévu des procédures précises pour la passation de ce type de marchés.

Le second cité (Kampay) a également pointé du doigt le ministre Bakonga, comme le donneur d’ordres dans la sélection des fournisseurs et la conclusion des contrats d’achat des intrants auprès des fournisseurs aux adresses souvent inconnues et exerçant des activités commerciales dans l’informel. Il l’a également cité pour responsable de l’agrément des écoles fictives ainsi que le recrutement de nouvelles unités, soit fictives, soit ne remplissant pas les critères requis pour prester comme enseignements. C’est également Bakonga qui aurait déversé, dans le fourre-tout de l’EPST, des milliers des vrais-faux fonctionnaires n’ayant rien à voir avec la carrière enseignante. C’était pour justifier l’utilisation de 13,216 millions de francs.

Le gonflement des effectifs était tel que pour l’exercice scolaire 2019-2020, le ministère de l’Enseignement Primaire et Secondaire affichait 600.000 (six cent mille) unités, soit la moitié de l’ensemble de l’administration publique, estimée l’année dernière à environ 1.200.000 (un million deux cent mille) cadres et agents par le ministère de la Fonction Publique. Avec cette pléthore d’enseignants et fonctionnaires, pour la plupart fictifs, la gratuité de l’enseignement de base décrétée par le Chef de l’Etat en 2019 n’avait aucune chance de réussir, des milliards de francs congolais étant aspirés par des réseaux maffieux.

Comme indices graves de la maffia opérationnelle à l’Inspection Générale de l’Enseignement Primaire et Secondaire ainsi qu’au SECOPE (Service de Contrôle et de Paie des Enseignants), le ministère public a épinglé de faux arrêtés ministériels, de fausses factures, de faux reçus, des doublons, des mineurs, de nouvelles unités recrutées les dimanches et les jours fériés, de fausses listes de paie, etc.

Le procès actuellement en cours à la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe et que des millions de Congolaises et Congolais ont la chance de suivre à la radio et à la télévision nationales, est en train de lever un pan de voile sur le modus operandi des saboteurs de la gratuité de l’enseignement de base. En dépit des efforts des prévenus et de leurs avocats de tenter de défendre l’indéfendable, les actes délictueux posés au détriment de la jeunesse congolaise les prédestinent à de lourdes peines de prison et à de fortes amendes. On attend, pour la suite, que la liste des détourneurs de deniers publics s’allonge.

Kimp/Le Phare