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RDC : 4 nouveaux opérateurs d’assurances agréés par l’ARCA
L’Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances en RDC(ARCA) vient d’octroyer des agréments et autorisations à 4 sociétés d’assurances et 2 sociétés de courtage d’assurance.
Au cours d’une conférence de presse animée ce jeudi 28 mars 2019 au siège de l’ARCA à Gombe, son directeur général a.i., Alain Kaninda, a indiqué que cette décision a été prise conformément aux prescrits du Code des assurances et des règlements de l’ARCA, par son Conseil d’administration, réuni le mercredi 27 mars 2019, après analyse minutieuse des dossiers des soumissionnaires.
A cet effet, sont donc agréées en qualité de sociétés d’assurances : Activa Assurance RDC ; la Société Financière d’Assurance Congo (SFA Congo) ; Rawsur SA et Rawsur Life SA. Quant à Allied Insurance Brokers SARL (AIB) et Gras Savoye RDC, elles sont autorisées à opérer en qualité de société de courtage d’assurances.
A en croire Alain Kaninda, l’octroi de ces agréments et autorisations matérialise non seulement l’effectivité du processus de libéralisation du secteur des assurances en RDC, mais également celle de la vision et de la stratégie de l’ARCA. « Ainsi, après plus de 50 ans de monopole étatique, une nouvelle ère s’ouvre pour un secteur des assurances plus dynamique et inclusif contribuant de manière effective au développement socioéconomique de la RD Congo ».
Pour rappel, l’ARCA est un établissement public, indépendant à caractère technique, doté de la personnalité juridique et dont le siège se trouve à Kinshasa. Elle a été instituée en exécution du Décret n°16/001 du 26 janvier 2016. Le Régulateur, sous tutelle administrative du ministère des Finances, exerce ses activités sur toute l’étendue du territoire national et dispose de tous les pouvoirs qui lui sont nécessaires en vue de mener à bien les actions prévues par le Code des Assurances.
L’ARCA veille ainsi à la protection des droits des assurés et des bénéficiaires des contrats d’assurances, à la solidité de l’assise financière des entreprises d’assurances et de réassurance, ainsi qu’à leur capacité à honorer leurs engagements. Pour des informations supplémentaires, le site www.arca.cd fournit tous les détails possibles aux requérants.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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IA et médias africains : Melba Orlie Nzang Meyo plaide pour la souveraineté des données culturelles
C’est à l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean, le mercredi 21 janvier 2026, que Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo a livré une communication dans le cadre de la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref 2026). Au cœur de son intervention : la nécessité urgente de valoriser les données culturelles locales dans l’usage croissant de l’intelligence artificielle par les médias africains.
Face à un auditoire composé de professionnels de l’information, d’universitaires et d’étudiants, la conférencière a mis en garde contre une adoption aveugle des technologies d’IA ( Intelligence Artificielle), souvent conçues et entraînées loin des réalités africaines.

Les données locales, nerf de la guerre de l’intelligence artificielle
Pour Mme Nzang Meyo, la question des données n’est pas accessoire : elle est centrale. « Sans données locales, l’intelligence artificielle appliquée aux médias risque de devenir un instrument d’acculturation plutôt qu’un levier de développement », a-t-elle souligné.
La majorité des modèles d’IA aujourd’hui utilisés dans le monde, qu’il s’agisse de génération de textes, d’images ou d’analyses, sont entraînés sur des bases de données largement dominées par des contenus occidentaux. Une réalité qui pose un problème majeur pour les médias africains soucieux de produire une information ancrée dans leurs contextes nationaux.
Des contenus déconnectés des réalités africaines
Le risque est réel : recourir à une intelligence artificielle non nourrie de données locales peut conduire à la production de contenus historiquement approximatifs, socialement hors-sol ou culturellement inadaptés. Articles de presse, illustrations, analyses ou récits médiatiques peuvent alors refléter des schémas exogènes, éloignés des réalités géographiques, linguistiques et sociopolitiques du Gabon ou d’autres pays africains.
À l’inverse, la valorisation des archives nationales, des productions médiatiques locales et des savoirs endogènes permettrait à l’IA de mieux saisir les nuances du français gabonais, l’usage des langues vernaculaires, ainsi que les subtilités culturelles propres aux sociétés africaines.
Raconter l’Afrique avec ses propres algorithmes

L’enjeu est aussi politique et symbolique. « Si les médias africains ne valorisent pas leurs propres données, ils deviennent dépendants d’algorithmes étrangers pour raconter leur propre histoire », a averti la conférencière. Une dépendance qui pourrait, à terme, fragiliser la souveraineté narrative du continent et uniformiser les récits médiatiques.
Pour Melba Nzang Meyo, il est donc impératif que les rédactions, les institutions culturelles et les États investissent dans la structuration, la numérisation et la protection des données locales, afin que l’intelligence artificielle devienne un outil d’émancipation et non de dilution identitaire.
Qui est Melba Melba Orlie Nzang Meyo ?
Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo est une spécialiste des enjeux numériques et culturels, engagée sur les questions de médias, innovation technologique et valorisation des patrimoines africains. Son travail s’inscrit à la croisée de la communication, de la culture et des nouvelles technologies, avec une attention particulière portée à la souveraineté informationnelle et à la place de l’Afrique dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
