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F. Tshisekedi: les premiers signaux sont bons, mais Kabila tire toujours les ficelles( Mgr Fridolin Ambongo)
Après son voyage aux États-Unis d’Amérique où il a eu un entretien avec Peter Pham, envoyé spécial des États-Unis dans la région des grands lacs, Monseigneur Fridolin Ambongo est de passage en France où il doit être reçu au ministère des Affaires étrangères de la France.
À cette occasion, l’archevêque de Kinshasa Ambongo Fridolin a accordé une interview ce mercredi 27 mars 2019 au journal en ligne www.lacroix.com où il a évoqué l’évolution de la situation politique congolaise.
Mgr Fridolin Ambongo a rappelé: » nous l’avions toujours dit, l’élection de Félix Antoine Tshisekedi est un déni de vérité. Et nous sommes convaincus que l’on ne peut fonder l’avenir d’une nation sur le mensonge. C’est d’ailleurs le message que je viens de porter au département d’État, à Washington, et que je vais répéter au Quai d’Orsay, où je dois être reçu cette semaine ».
Pour lui, « malgré tout, maintenant que Félix Tshisekedi est au pouvoir, et même s’il a été imposé par Kabila, nous voulons composer avec lui ».
Puis de souligner: « Nous pensons que, même du mal, il est possible de tirer le bien. Et de son côté, le nouveau président doit aussi donner des gages pour tenter de corriger ce mal initial. Les premiers signaux sont bons, mais l’ancien président tire toujours les ficelles ».
Par ailleurs, Fridolin Ambongo a conseillé l’actuel président de la République démocratique du Congo Félix Antoine Tshisekedi de ne pas se séparer de ceux avec qui il a toujours milité, il a cité nommément Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba et, bien sûr, Martin Fayulu. » Ils sont des opposants historiques et des personnages clé de la vie politique au Congo », a-t-il martelé.
Aussi, a-t-il suggéré, s’il trouve les mécanismes pour les associer à son exercice du pouvoir, il gagnera en crédibilité.
Toutefois, le prélat semble pessimiste, car, dit-il, le jeu est risqué pour Félix Antoine Tshisekedi, s’il penche trop du côté du peuple, Kabila risque de ne pas le laisser faire. « C’est le sens de mon appel à la communauté internationale, et en particulier aux États-Unis et à la France ».
Pour lui, il faut aider Félix Tshisekedi en affaiblissant Kabila, mais aussi en offrant une protection.
MUAKAMU/CONGOPROFOND.NET