Analyses et points de vue
Quand les autorités parlent plus qu’elles ne prouvent : la rhétorique des discours officiels
Dans une société où les autorités se targuent souvent de proposer des théories, colloques, conférences, ateliers et débats pour discuter de sujets sensibles, il est légitime de se demander si ces discours ont un réel impact sur l’exercice de leurs fonctions. Que demande réellement le peuple ? C’est la matérialisation de tous ces discours mielleux.
Cette propension des autorités congolaises à parler plus qu’elles ne prouvent sur le terrain soulève des questions sur la crédibilité et l’efficacité de leurs actions. Les discours officiels des autorités peuvent parfois sembler vides de sens, se perdant dans des théories abstraites sans réelle application concrète sur le terrain. Surtout venant d’un homme qui vient d’occuper la fonction de Vice-Premier Ministre en charge de l’économie.
Les promesses de changement et d’amélioration restent souvent lettre morte, laissant les citoyens dans l’attente de résultats concrets. Les colloques, conférences, ateliers et débats organisés par les autorités peuvent parfois apparaître comme des tentatives de diversion, cherchant à masquer un manque de résultats tangibles dans l’exercice de leurs fonctions.
Ces événements peuvent être perçus comme des artifices de communication visant à maintenir une image de transparence et d’ouverture, sans pour autant traduire une réelle volonté d’action. Face à ces pratiques, il est crucial pour les citoyens de rester vigilants et de demander des preuves tangibles de l’efficacité des actions de ces autorités portant des titres honorifiques.
Il est temps de passer des discours aux actes, de la théorie à la pratique, pour que les paroles des autorités dans l’ensemble ne restent pas lettre morte et que les citoyens puissent réellement voir les changements promis se concrétiser. Ce n’est naturellement pas un nombre excessif de ces types de réunions négociées dans des conditions que l’on connait qui changeront quelque chose.
Il est essentiel de remettre en question cette propension des autorités congolaises à privilégier la parole sur l’action. Les discours doivent être soutenus par des faits, les théories par des résultats, pour que la confiance des citoyens envers les autorités puisse être restaurée. On aura toujours du mal à croire un braconnier qui se donnerait pour mission de surveiller le parc.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Analyses et points de vue
RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)
Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.
Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.
En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.
CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.
Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.
Le Processus de Réinsertion
Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.
A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.
Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.
Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.
Suivi psychologique pour les violences
Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.
La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.
Zagor Mukoko Sanda
