Sécurité
Quand la vigilance citoyenne fait tomber les criminels : percée décisive dans l’affaire du meurtre du professeur Abata
Une semaine après l’assassinat du professeur Mathieu Abata, qui a profondément bouleversé la communauté universitaire congolaise, l’enquête connaît une avancée majeure portée par un acteur clé souvent discret : la population. Dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 janvier 2026, trois individus armés ont été interpellés à Kinshasa grâce à l’intervention des habitants du quartier Banunu, dans la commune de Matete, alors qu’ils tentaient de braquer un cambiste.
Présentés par la Police nationale congolaise (PNC) comme des suspects sérieux dans l’homicide de l’enseignant de l’Université de Kinshasa, ces hommes ont été maîtrisés par la population avant l’arrivée des forces de l’ordre. Selon le commissaire provincial de la PNC à Kinshasa, le commissaire divisionnaire Israël Kantu Bakulu, l’arme récupérée lors de cette interpellation est formellement identifiée comme celle utilisée pour assassiner le professeur Abata. « L’un des suspects, actuellement en état de répondre, a reconnu les faits. Les analyses confirment l’implication de cette arme », a-t-il déclaré, précisant que d’autres membres du groupe sont encore en fuite.

Le professeur Mathieu Abata, enseignant à la faculté des Lettres de l’Unikin, avait été mortellement atteint par balles à son domicile du quartier Mbanza Lemba, dans la nuit du 7 au 8 janvier. Ce crime avait provoqué une onde de choc dans le milieu académique, entraînant la suspension temporaire des activités sur le campus universitaire, avant leur reprise à l’issue d’échanges avec les autorités nationales. L’arrestation des suspects apparaît aujourd’hui comme un premier pas concret vers la manifestation de la vérité attendue par les collègues, étudiants et proches de la victime.
Au-delà de l’affaire Abata, cette interpellation met en lumière le rôle déterminant de la collaboration entre citoyens et forces de sécurité dans la lutte contre la criminalité urbaine à Kinshasa. Saluant la bravoure des habitants, la PNC appelle à maintenir cette vigilance collective. « La sécurité est l’affaire de tous », martèle le commandement urbain, convaincu que ce partenariat reste l’un des leviers les plus efficaces pour restaurer la quiétude dans la capitale congolaise.
Dorcas Mwavita
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
