Culture
Quand la diaspora congolaise redéfinit les frontières nationales
La récente participation triomphante des Léopards de la RDC à la Coupe d’Afrique des Nations en Côte d’Ivoire a mis en lumière un phénomène puissant : la revenge des Congolais de la diaspora envers les sectaires nationaux de l’intérieur. Des célébrités telles que Lukaku, Yoka, Dadju, Ninho, Gradur ont transcendé les frontières pour montrer leur soutien indéfectible aux Léopards, malgré les autres nationalités de naissance de certains.
L’élan de solidarité s’est étendu jusqu’à Abidjan, où des figures emblématiques comme Tony Yoka, koffi Olomide et autres ont fait le déplacement pour vivre la passion des matchs des Léopards. Sur les réseaux sociaux, d’autres personnalités congolaises ont exprimé leur joie et soutien, créant ainsi un mouvement iconoclaste en faveur de l’unité et la reconnaissance de tous les enfants de la nation congolaise, peu importe leur lieu de naissance ou nationalité d’origine.
Ce rassemblement unique de talents congolais à travers le monde pour soutenir leur équipe nationale envoie un message fort : il est temps pour la nation congolaise de reconnaître et valoriser toutes ses ressources, même celles qui excellent à l’étranger. Ces manifestations de fierté et d’attachement à la patrie d’origine révèleront sans aucun doute de nouvelles perspectives sur la question complexe de la nationalité et de l’identité nationale dans un monde de plus en plus connecté et diversifié.
Cet éveil nationaliste congolais est une véritable opportunité pour la nation de prôner l’unité après toutes ces années de déchirement et des guerres interminables. L’indépendance du Kongo eut son élément déclencheur le 4 janvier 1959 à partir d’un match de football. Comme quoi, la RDC et le football ont un lien plus que passionnel. C’est presqu’un destin politique.
Ce vent de nationalisme qui souffle sur le pays, ralliant même les plus réservés à brandir fièrement leur identité congolaise, est un atout que l’élite politique doit exploiter. Au-delà de l’euphorie sportive, il est impératif d’explorer les retombées de cet engouement sur divers plans nationaux et se pencher sur la manière dont il peut être capitalisé pour relever les défis actuels du pays et renforcer son unité.
En outre, il interroge le rôle des autorités dans cette nouvelle dynamique et suggère des pistes pour exploiter au mieux cette vague d’unité pour surmonter les obstacles qui se dressent devant la République Démocratique du Congo après plus de 30 ans de déchirement et des guerres sauvages. Le triomphe des Léopards de la RDC peut être le déclencheur d’un mouvement nationaliste irréversible.
Les multiples dimensions de ce phénomène, allant au-delà de la simple liesse sportive à la fierté nationale, peuvent être exploitées pour reconstruire et unir le pays. Les implications de ce regain de patriotisme sur divers plans soulèvent des questions cruciales sur le rôle des autorités dans cette nouvelle ère et proposent des pistes novatrices pour capitaliser sur cette unité retrouvée.
Que personne ne trompe l’élite politique congolaise. C’est ensemble que la bourgeoisie et le peuple ont fait la révolution. La réunion inattendue pendant cette CAN 2023 à Abidjan entre le peuple et l’élite congolaise afin de relever les défis pressants qui se dressent devant la République Démocratique du Congo ne peut être négligée.
Ignorer ce moment de grâce pour la nation congolaise et ne pas en donner un débouché politique serait comparable à interdire de faire la publicité pour économiser de l’argent. C’est aussi stupide que d’arrêter une horloge pour sauver du temps. Nulle laine ne serait si blanche qu’une teinture ne puisse la noircir. L’amour exprimé de la RDC par tous en ce moment est la reconnaissance de l’unité patriotique face à l’adversité d’un monde de dualité.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
À la Une
Jeux d’argent en RDC : Le ministère des Finances lance la grande réforme de la régulation du secteur
Le gouvernement congolais franchit une étape décisive dans la modernisation du secteur des jeux d’argent. Sous l’impulsion du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la Cellule de surveillance des jeux d’argent a engagé un vaste processus de réforme destiné à assainir et structurer un secteur en pleine expansion.
C’est dans cette dynamique que le coordonnateur de la Cellule de surveillance des jeux d’argent, Dieudonné Ntumba, a présidé une importante réunion avec les opérateurs du secteur au Centre financier de Kinshasa. Cette rencontre marque le lancement d’une série d’activités visant à mettre en place un cadre moderne de régulation, conforme aux standards internationaux.

Un partenariat entre l’État et les opérateurs
Dans son allocution, Dieudonné Ntumba a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre les pouvoirs publics et les opérateurs privés afin de garantir une concurrence loyale et de prévenir les dérives liées à la criminalité financière.
« Le rôle de l’État n’est pas d’empêcher les activités économiques, mais de les encadrer », a-t-il déclaré, rappelant que cette démarche s’inscrit dans la vision du gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka visant à moderniser l’économie nationale tout en protégeant les populations vulnérables.
Une plateforme numérique pour contrôler les flux financiers
Parmi les mesures phares annoncées figure la mise en place d’une plateforme centralisée de régulation. Cet outil permettra aux autorités de suivre en temps réel les transactions et les mouvements financiers générés par les opérateurs de jeux.
L’objectif est double : renforcer la transparence du secteur et optimiser la mobilisation des recettes publiques. Les opérateurs ont ainsi été invités à intégrer leurs systèmes à cette nouvelle infrastructure technologique.
Vers un nouveau cadre légal
La réforme s’accompagne également d’une évolution du cadre juridique. Un projet de loi sur la régulation des jeux d’argent est actuellement examiné au Parlement. Ce texte ambitionne de remplacer les dispositions héritées de l’époque coloniale par une législation moderne adaptée aux réalités actuelles du marché.
En attendant son adoption, la Cellule de surveillance poursuit la mise en œuvre des mécanismes de contrôle et d’encadrement destinés à préparer le secteur à cette transition.
Un soutien des acteurs du secteur
Les opérateurs présents à la réunion ont salué l’initiative du ministère des Finances. Responsable commercial et marketing de PixLab RDC, l’un des participants a estimé qu’un environnement mieux réglementé permettra aux entreprises d’exercer leurs activités dans un climat plus sécurisé et plus prévisible.
À l’issue des échanges, Dieudonné Ntumba a réaffirmé la volonté du ministère des Finances de maintenir un dialogue permanent avec les opérateurs afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse de cette réforme stratégique pour l’économie nationale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
