Société
Protection de l’enfance en RDC : Le CEPEF plaide pour l’harmonisation des pratiques et une action concertée
La protection des enfants demeure une urgence partagée au sein de la communauté, impliquant à la fois les acteurs sociaux et les institutions publiques. En République démocratique du Congo, le contexte reste particulièrement fragile en raison de défis socio-économiques persistants, d’une crise humanitaire prolongée, de conflits armés récurrents, de calamités naturelles et d’épidémies. Cette situation affecte gravement le système de protection de l’enfant, qui peine à offrir de manière durable des services adaptés aux besoins des enfants.
L’ampleur du phénomène des enfants en situation de vulnérabilité — notamment les enfants de la rue et les orphelins — interpelle les autorités congolaises. Celles-ci saluent l’engagement et l’appui de nombreuses organisations locales et internationales œuvrant pour la protection et la prise en charge de ces enfants. Toutefois, cette mobilisation, aussi louable soit-elle, soulève certaines préoccupations liées à l’efficacité et à la cohérence des interventions.
C’est dans ce contexte qu’un groupe de chercheurs universitaires et d’acteurs sociaux a décidé de mettre sur pied une structure dénommée Cercle d’Étude pour la Protection de l’Enfant et de la Famille (CEPEF). Cette initiative vise à analyser les phénomènes sociaux relatifs à la protection de l’enfant, à améliorer la qualité des prestations sociales et à formuler des recommandations en faveur du bien-être de l’enfant et de son environnement immédiat, la famille.
Lors de l’atelier organisé par le CEPEF le jeudi 11 décembre 2025, il a été constaté que de nombreuses structures de protection et de prise en charge des enfants travaillent souvent en ordre dispersé et proposent, pour certaines, des services ne répondant pas toujours aux normes établies.
Plusieurs défis majeurs ont été identifiés, notamment :
– le manque d’harmonisation et la divergence des pratiques de protection de l’enfant entre les organisations nationales et internationales poursuivant pourtant les mêmes objectifs ;
– l’insuffisance d’efficacité et/ou d’efficience des interventions en faveur des enfants ;
– la faible coordination entre les actions et les intervenants ;
– le saupoudrage des activités, entraînant un affaiblissement de l’impact réel des interventions ;
– l’absence d’un paquet minimum de services communs, avec une grande disparité des contenus d’une structure à l’autre.
Face à cette situation, qui limite les efforts des acteurs sociaux, le CEPEF s’est donné pour mission de mettre en place une cellule de formation. Celle-ci aura pour rôle d’organiser des séances d’échange de savoirs, d’analyser les pratiques professionnelles actuelles, de vulgariser les pratiques empiriques porteuses et d’explorer les perspectives d’avenir en matière de protection de l’enfance.
En tant que groupe de réflexion, le CEPEF se positionne comme une voix collective et renforcée pour la défense des questions liées à la protection de l’enfant et de la famille en RDC. Il offre également des opportunités de réseautage, de connexion et d’échange au sein d’un réseau de protection de l’enfant en situation d’urgence, regroupant des ONG internationales, régionales et nationales, des agences des Nations unies, des gouvernements ainsi que d’autres acteurs humanitaires.
Fidèle à sa devise « Réfléchir pour agir ensemble », le CEPEF promeut le renforcement des liens entre ses membres sur le terrain et les organismes régionaux et internationaux chargés de l’élaboration des politiques publiques. Grâce à son réseau de communication, il facilite l’échange d’informations et l’analyse des développements récents liés à la coordination de ses activités avec l’ensemble des acteurs sociaux.
Zagor Mukoko-Sanda
Société
JIT à Butembo : le FAT mobilise la population pour la protection de la terre, appelant à une responsabilité collective face aux défis de l’environnement
La Journée internationale de la terre a été célébrée ce mercredi 22 avril 2026 à Butembo, dans la province du Nord-Kivu, par le Forum des amis de la terre (FAT). L’événement s’est tenu sous le thème « Notre terre, notre planète ! », mettant l’accent sur la responsabilité collective face à l’environnement.
Le coordonnateur régional du FAT, Me Dimanche Kinyamwanza, a souligné que cette journée dépasse le simple cadre commémoratif. Selon lui, elle constitue surtout un moment d’actions concrètes et d’engagement en faveur d’une coexistence harmonieuse avec la nature, considérée comme une maison commune à préserver.
Il a insisté sur le rôle de la terre comme une « mère nourricière » qui protège et soutient la vie humaine. Il a averti que toute atteinte à son équilibre entraîne des conséquences visibles, appelant ainsi à une prise de conscience collective.

À cette occasion, le FAT a adressé un cahier de charges à l’autorité urbaine de Butembo. Ce document recommande notamment l’implication des autorités dans les initiatives locales de protection de l’environnement, la gestion des déchets, la sensibilisation des populations et la protection des droits fonciers.
Le représentant du maire, le chef de division urbaine de la mairie de Butembo, M. Bwambale Mughanirya Gilbert, a réceptionné ce cahier de charges. Il a salué l’initiative du FAT, tout en réaffirmant l’importance de la protection de l’environnement pour garantir un cadre de vie sain et harmonieux.

Il a appelé la population à adopter une gestion rationnelle des écosystèmes et à renforcer la sensibilisation écologique. Il a également encouragé les habitants à devenir des « amis de la nature » et à planter des arbres dans chaque parcelle.
La journée s’est clôturée par une caravane de sensibilisation et une activité de plantation d’arbres dans plusieurs établissements scolaires, notamment les écoles primaires Wapole, Vutetse, Kabasali ainsi que l’Institut Matumaini, marquant ainsi un engagement concret pour la protection de l’environnement.
Dalmond Ndungo
