Société
EDU-NC/Kasaï 1 : l’intersyndicale lève la grève sèche des enseignants payés via Sofibanque
L’intersyndicale des syndicats du personnel enseignant de la province éducationnelle Kasaï 1 a annoncé la levée de la grève sèche décrétée dans les établissements scolaires autrefois payés par Sofibanque, via Soficom Tshikapa.
Dans une correspondance officielle signée par son président et porte-parole, André Nkongolo Tshibuabua, l’intersyndicale précise que cette décision fait suite au paiement effectif des salaires de deux mois (octobre et novembre 2025).
« Camarades enseignants assis et debouts de la province éducationnelle Kasaï 1, payés autrefois par Sofibanque via Soficom et aujourd’hui pris en charge par le ministère des Finances à travers l’ordonnateur délégué provincial du Kasaï, nous référant à notre lettre n°009/B.INTERS/MIN.EDUC-NC/K1/TPA/2025 du 10 décembre 2025 portant déclaration de la grève suite au non-paiement de vos salaires, et constatant que le gouvernement congolais a répondu favorablement à notre requête par le paiement effectif de ces arriérés, nous déclarons la suspension immédiate de ladite grève », peut-on lire dans le document.
Par ailleurs, le bureau de l’intersyndicale a salué le courage et la détermination des enseignants grévistes, soulignant leur mobilisation constante durant toute la période de revendication. Il a également reconnu les efforts consentis par les autorités politico-administratives et éducatives, tant au niveau provincial que national.
Enfin, l’intersyndicale appelle les autorités compétentes à procéder au réaménagement du calendrier scolaire pour les établissements ayant observé la grève, afin de rattraper le retard accumulé.
Faustin Nkumbi
Société
Kintambo : l’électricité devenue un luxe, les habitants dénoncent la gestion de la SNEL
Dans la commune de Kintambo, l’une des plus anciennes de Kinshasa, l’électricité est progressivement devenue un privilège rare plutôt qu’un service public accessible. Les habitants dénoncent avec insistance la mauvaise gestion et le fonctionnement défaillant de la Société nationale d’électricité (SNEL), qui plonge régulièrement les ménages dans l’obscurité, avec des conséquences importantes sur la vie quotidienne.
Depuis plusieurs mois, un système de délestage s’est installé dans plusieurs quartiers de la commune. Selon les habitants, le principe appliqué est simple mais pénalisant : deux jours avec électricité, suivis d’une journée entière sans courant. Dans la réalité, toutefois, ce calendrier est rarement respecté. Les coupures dépassent souvent les 24 heures prévues et surviennent parfois même durant les jours supposés être alimentés en électricité.
Pour de nombreux ménages, cette situation est devenue insupportable. Les familles voient leurs provisions alimentaires se détériorer faute de réfrigération. Les élèves et étudiants éprouvent des difficultés à étudier dans l’obscurité, tandis que les petits entrepreneurs, fortement dépendants de l’électricité pour leurs activités, peinent à maintenir leurs commerces.
« L’électricité est devenue un luxe à Kintambo », déplore un habitant du quartier Itimbiri. « Nous payons pourtant nos abonnements prépayés, mais nous passons plusieurs jours sans courant. Comment peut-on travailler ou étudier dans ces conditions ? »
Dans le quartier Itimbiri, précisément au camp Utex, la situation suscite une vive indignation. Les habitants affirment que certains agents de terrain de la SNEL gèrent le courant de manière arbitraire. Un agent, identifié sous le nom de John, est régulièrement cité par les riverains comme exerçant une influence disproportionnée sur la distribution de l’électricité dans la zone. Selon plusieurs témoignages, les habitants seraient contraints de le suivre ou de le solliciter pour espérer voir le courant rétabli.
Pour les résidents, une telle situation est inadmissible dans une capitale. « L’accès à l’électricité n’est pas une faveur, c’est un droit pour tout Congolais », rappelle un chef de ménage.
Au-delà du désagrément domestique, les conséquences touchent également la sécurité publique. Dans plusieurs quartiers de Kintambo, l’absence prolongée d’électricité favorise l’insécurité. L’obscurité devient un terrain propice aux vols nocturnes et aux activités des bandes criminelles communément appelées « kuluna ».
Face à cette situation, les habitants appellent les autorités à prendre leurs responsabilités. Dans une ville comme Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, les problèmes d’électricité et d’eau ne devraient plus être une fatalité.
Les citoyens réclament ainsi une réforme profonde dans la gestion des services publics essentiels et un contrôle plus strict du fonctionnement de la SNEL. Pour eux, il est urgent de restaurer un service électrique stable et digne afin d’améliorer les conditions de vie et de soutenir le développement économique des quartiers.
Après plusieurs années de plaintes et de dénonciations, les habitants de Kintambo espèrent enfin être entendus. Car pour eux, vivre dans la capitale ne devrait pas signifier vivre dans l’obscurité.
Régis NGUDIE / Congoprofond.net
