Environnement
RDC : Le projet « Bonobo » lancé à Kinshasa, PHC officialise sa démarche vers une croissance verte et inclusive guidée par l’objectif du Zéro Émission Nette
La société de Plantation et Huilerie du Congo (PHC) a lancé ce mercredi, 16 octobre 2024, son « Projet BONOBO » et officialise sa démarche vers une croissance verte et inclusive guidée par l’objectif du Zéro émission nette. Ce projet est exécuté par la Fondation PHC en partenariat avec le Centre de Recherche en Ecologie et Foresterie (CREF).
Dans ce cadre, PHC a signé un protocole d’entente avec l’organisation SAVE TOMORROW, qui accompagnera l’entreprise dans l’évaluation de son bilan carbone et la formulation et la mise en œuvre d’une stratégie de croissance durable.
Le PHC s’associe avec deux partenaires de renom, chacun reconnu pour son expertise. Le CREF est un centre de recherche national crée depuis 1947 et ayant plus de 50 ans d’expérience dans l’étude scientifique du Bonobo et la préservation de la biodiversité dans le Bassin du Congo. Tandis que SAVE TOMORROW est une organisation privée spécialisée dans la promotion de l’engagement des entreprises congolaises en faveur d’une économie durable.
Le Projet BONOBO : Protéger une espèce en danger et soutenir les communautés
Soulignons que le Bonobo, dont 95% du patrimoine génétique est identique à celui de l’être humain, ne vit qu’en République démocratique du Congo dans une zone d’environ 500.000 km2 complètement circonscrite entre le fleuve Congo et la rivière Kasai. Ce primate à 100% congolaise représente à la fois un trésor mondial pour la biodiversité et un patrimoine scientifique majeur, contribuant à une meilleure compréhension de la biologie humaine.
Cependant, l’espèce fait face à des menaces critiques. Classé comme « Espèce en danger » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), le Bonobo est victime de braconnage et de la destruction de son habitat naturel par des pratiques telles que l’agriculture sur brulis. Les scientifiques prédisent que, sans intervention immédiate, la population Bonobo connaitra un déclin irréversible, pouvant aller jusqu’à leur extinction dans les prochaines décennies.
Le Projet de Protection du Bonobo contre la criminalité faunique
Ce projet est la contribution de PHC à la préservation de cette espèce emblématique. Il propose une approche inclusive qui encourage les communautés à abandonner le braconnage au profit d’activités génératrices de revenus durables et respectueuses de l’environnement.
Les communautés riveraines seront accompagnées dans la création d’activités économiques alternatives à la chasse au Bonobo, contribuant ainsi à une réduction des pressions sur les écosystèmes tout en améliorant leur qualité de vie.
« Le projet Bonobo est une étape importante dans notre engagement pour la protection de la biodiversité. Nous croyons fermement que le développement économique ne doit pas se faire au détriment de la biodiversité. En protégeant les Bonobo, nous préservons une ressource essentielle pour la science et les générations futures , tout en construisant un avenir durable pour les communautés partageant leur habitat avec les Bonobos. Avec le projet Bonobo et notre stratégie de croissance verte et inclusive, nous montrons qu’il est possible de concilier progrès économique, bien-être des peuples et conservation de l’environnement », a déclaré Monique Gieskes, Directeur général de PHC.
Une stratégie de croissance verte et inclusive pour un développement durable
« En formulant une stratégie de croissance verte, PHC entend définir son empreinte carbone et mettre en place des projets connexes tels que la gestion des effluents des usines et des déchets agricoles, la production des énergies renouvelables, et les reforestation afin de diminuer notre empreinte carbone et contribuer à l’objectif du Zéro Emission de Nette, en conformité avec l’Accord de Paris de 2015 », a souligné le Directeur Exécutif de la Fondation PHC, le professeur Bokanga Mpoko.
Soulignons que cette stratégie reflète la vision de PHC de créer une prospérité partagée grâce à l’agrobusiness en établissant un équilibre harmonieux entre la prospérité pour les parties prenantes, la protection de la planète par la conservation des écosystèmes, et une gestion profitable pour garantir un développement économique pérenne.
CONGOCROISSANT/CONGOPROND.NET
Environnement
Le Baobab s’est couché : Adieu à Anny Mandungu, la femme qui savait le nom secret des arbres
C’est une bibliothèque tout entière qui disparaît avec elle, une forêt de savoirs que les flammes du temps viennent d’emporter. Anny Mandungu n’est plus, et nous voilà orphelins de cette femme qui connaissait chaque essence par son nom, chaque plante par ses vertus, chaque sentier de brousse par son histoire, avec une précision qui tenait du miracle et de la dévotion.
Issue d’une famille noble, façonnée par une immense culture, elle avait tout pour mener une existence feutrée dans les salons de Kinshasa. Elle a préféré l’odeur de la terre après la pluie, le défrichage du potager, les longues marches silencieuses sous la canopée et la complicité avec les paysans. Cette femme aux cheveux blancs incarnait à elle seule une élégance intellectuelle rare et une simplicité bouleversante ; elle ne s’appartenait pas, elle appartenait au Congo profond, à sa biodiversité, à la jeunesse qu’elle formait sans relâche.
Aujourd’hui, ce ne sont pas seulement ses proches qui pleurent : ce sont les forêts qui perdent leur gardienne la plus aimante, et le pays tout entier qui sent vaciller une part irremplacée de son âme verte. C’est dans l’humilité des gestes ordinaires que son engagement prenait toute sa grandeur, car Anny Mandungu ne concevait pas la protection de la nature sans les femmes et les hommes qui en vivent. Son grand projet, (Fhenev — Femmes, Hommes, Environnement, Nature et Entrepreneuriat Vert) était une plateforme visionnaire.
Un lieu où devait germer une Afrique réconciliée avec sa terre par l’agroforesterie, la souveraineté alimentaire et la transmission des savoirs. Elle y croyait comme on croit à l’aube, avec une ferveur inusable, et passait sans effort apparent d’une réunion Zoom à une récolte de soja, d’une recette partagée avec tendresse à une négociation internationale. Infatigable, elle donnait tout sans jamais rien réclamer pour elle-même. Et c’est peut-être là que le chagrin se fait plus lourd encore.
Cette technicienne exceptionnelle, cette voix crédible et rare, n’a pas toujours été écoutée, reconnue, honorée à la mesure de ce qu’elle offrait. Ce silence autour de son génie discret ajoute à notre tristesse une injustice que nous porterons longtemps, comme un remords. Car au-delà de la science, nous perdons aussi la femme chaleureuse qui illuminait les jours par sa joie de vivre, ses petites recettes données avec un sourire, ses invitations aux expéditions champêtres et cette manière unique de faire de chaque rencontre un moment de générosité pure.
Alors il nous faut maintenant apprendre à avancer sans elle, le cœur lourd et la mémoire en alerte. Anny Mandungu ne s’est pas éteinte : elle s’est enracinée, comme elle l’a toujours rêvé. Elle devient ces racines qu’elle a tant chéries, ces arbres qu’elle a sauvés, ces jeunes consciences qu’elle a éveillées et qui continueront de porter sa voix. Chaque graine mise en terre, chaque parcelle d’agroforesterie, chaque étudiant congolais qui prononcera le nom d’une plante en se souvenant d’elle sera une petite flamme allumée dans son sillage, un murmure de sa présence.
Les grandes femmes ne disparaissent jamais tout à fait : elles se transforment en terre nourricière, en promesse de renaissance. Le chemin de la RD Congo sera plus triste sans toi, chère et admirable Anny Mandungu, bourlingueuse utile et efficace, mais nous veillerons à ce que ton héritage grandisse plus haut que les plus majestueux baobabs. Va en paix, toi qui savais le nom secret des arbres, désormais c’est la forêt tout entière qui chuchotera le tien.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
