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Procès Stanis Bujakera : la défense dénonce une influence “parajudiciaire”, l’affaire renvoyée au 23 février

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Une nouvelle audience a eu lieu ce vendredi 2 février dans l’affaire Stanis Bujakera, directeur de publication adjoint d’Actualite.cd et correspondant du magazine Jeune Afrique ainsi que de l’agence Reuters.

A en croire Maître Papy Niango, membre du collectif des avocats de Stanis Bujakera, l’audience du jour ne s’est pas déroulée comme prévue. Elle a connu quelques couacs notamment en ce qui concerne la désignation d’un nouveau juge et l’absence une fois de plus constatée ce jour de l’expert en matière de falsification de signature.

“L’évolution de l’instruction a connu un petit couac, un nouveau juge a été désigné dans la composition en remplacement de son collègue en mutation. Ce qui exige que le juge soit briefé sur le concours du procès. La loi exige à ce qu’on procède à la lecture de tous les procès verbaux d’audience. Dès lors que cela ne lésait pas nos intérêts, nous avons souhaité à ce que quelques procès verbaux seulement soient lus. Après lecture, la suite de l’instruction a connu une autre difficulté suite à la demande très importante que Stanis a eu à formuler. Cette demande porte essentiellement sur la commission d’un expert pouvant orienter tant la défense que le tribunal sur l’originalité de trois signatures distinctes présentées et opposées à Bujakera. Malheureusement, c’est des signatures d’une même personne. Il reviendrait à l’expert de nous préciser laquelle est authentique ”, a déclaré Papy Niango au sortir de l’audience.

Et d’ajouter :

“Mais cela nécessite au-delà de cette expertise que le titulaire de la signature comparaisse et appose à l’audience publique sa signature pour éviter tout désagrément ”.

Influence parajudiciaire

Au regard de toutes les difficultés auxquelles est confrontée la défense, l’avocat a tenu à dénoncer ce qu’il qualifie “d’influence parajudiciaire”. “ Les droits de la défense sont un peu heurtés à une influence parajudiciaire qui nous inquiète et qui ne rassure pas un procès équitable ”, a-t-il dit.

“Nos demandes au stade actuel constituent essentiellement à élaguer les malentendus qu’il y a autour des signatures considérées falsifiées par Bujakera. Face à cette falsification, nous avons 3 signatures distinctes. Alors on se pose la question laquelle doit être rationnellement imputée à Bujakera et laquelle de ces signatures doit être élaguée”, s’est-il inquiété.

Affaire renvoyée à 3 semaines

La prochaine audience est prévue dans 3 semaines soit le 23 février prochain. Selon maître Papy Niango, c’est lors de cette audience que le juge se prononcera “ sur le choix qu’il va opérer de l’expert en matière de signature”. Dans le cas d’espèce, souligne-t-il, “ il s’agit d’un expert graphiste. La fois dernière, c’est plutôt un expert informaticien dans le sens le plus large qui a été désigné”.

Accusé d’avoir fabriqué et distribué une fausse note des services de renseignement affirmant que ces derniers avaient tué Chérubin Okende, Stanis Bujakera a été arrêté le 8 septembre à l’aéroport de Ndjili à Kinshasa alors qu’il s’apprêtait à embarquer sur un vol. D’abord placé en garde à vue, il a ensuite été transféré en prison le 14 septembre après avoir été inculpé de « propagation de faux bruits », « faux en écriture », « falsification des sceaux de l’État » et « transmission de messages erronés et contraires à la loi ». Ces accusations que les avocats de Stanis ont rejetées.

ACTUALITE.CD

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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !

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Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.

Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.

De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.

Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?

Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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