Liberté de la Presse
Procès « Meurtre journaliste Patrick Adonis Numbi »: Le verdict est tombé à L’shi, mais l’absence du principal assassin inquiéte l’UNPC
Le verdict est tombé contre les présumés auteurs du meurtre du journaliste Patrick Adonis Numbi Banze. Le tribunal de grande instance de Lubumbashi a condamné 8 coupables à mort lors d’un procès forain organisé ce lundi 03 février 2025.
Cette décision judiciaire a été accueillie avec satisfaction par l’Union nationale de la presse congolaise, section du Katanga, et les journalistes lushois. Cependant, Marianne Mujing Yav, deuxième vice-présidente de cet organe d’autorégulation des journalistes au niveau national, a exprimé ses inquiétudes suite à l’absence du principal auteur du crime toujours en cavale.
« C’est vrai qu’on connait aujourd’hui ceux qui ont commis ce forfait, mais il reste quand-même une inquiétude. C’est que le chef de file de ces assassins n’a pas été retrouvé. Un certain Takwara, mais aussi une dame Lumière, qui n’a pas été également retrouvée. Nous espérons que des enquêtes qui vont continuer en sourdine, on va retrouver les deux là qui sont des éléments importants et clés de cet assassinat de Patrick Adonis Numbi », a déclaré Marianne Mujing Yav dans un entretien exclusif accordé à CONGOPROFOND.NET, soulignant que sa satisfaction personnelle est partielle malgré la condamnation à mort et l’acheminement immédiat de ces criminels à la prison centrale de Kasapa, car espérant une rééducation véritable dans cette maison carcérale.
Toutefois, elle craint aussi qu’une demande de liberté provisoire ne soit émise en faveur de ces malfrats. «Lorsqu’on va parler de la demande d’une liberté provisoire, ça signifie que nous risquerons de voir quatre ou cinq mois après les mêmes criminels refaire surface parce qu’ils ont eu la liberté provisoire », a-t-elle dit.
Les huit inculpés, dont Tshiswaka Mbikayi Tegra, Kalumba wa Kalunga John, Mpoyi Tshala Jojo, Kalolo wa Kalolwa Antoine, Kande Salanga Jean, Mande Katuba Marcel, Mpundu Lukwesa Dany et Ngoie Kilongozi Trésor, ont été condamnés à la peine de mort avec obligation de payer 500 000 dollars américains chacun pour dommages-intérêts. Ces derniers ont été conduits immédiatement à la prison de Kasapa où ils vont purger leur peine, sur l’ordre du magistrat qui a prononcé la sentence.
Rappelons que ces malfrats ont reconnu avoir tué le journaliste Patrick Adonis Numbi, dans la nuit du mardi 07 au mercredi 08 janvier, à Lubumbashi alors qu’il retournait à son domicile, en provenance du travail. En dépit de cette responsabilité du meurtre, ces bandits n’ont pas éclairé les circonstances de la mort de ce professionnel des médias.
Patient Mubiayi MBY à Lubumbashi
À la Une
Désinformation, IA et Éducation numérique : Les nouveaux enjeux au cœur d’un sommet, du 30 au 31 mars, à Kinshasa
L’organisation indépendante de vérification des faits Eleza Fact a annoncé la tenue du tout premier sommet régional consacré à la lutte contre la désinformation en République démocratique du Congo.
Prévu les 30 et 31 mars 2026 à Kinshasa, cet événement majeur est coorganisé avec Afya Amani Grands-Lacs et le réseau FACTOSCOPE, autour du thème : « Repenser l’information, l’Intelligence Artificielle et l’Éducation numérique en temps de crise pour les cinq prochaines années ».

Un contexte régional sous tension
Dans un contexte régional marqué par les conflits armés et les crises sanitaires, notamment en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs, les organisateurs alertent sur le rôle amplificateur de la désinformation. Celle-ci contribue à attiser les tensions, fragiliser la cohésion sociale et entraver les efforts humanitaires.
À travers ce sommet, baptisé « Ukweli », les initiateurs entendent réunir près de 200 participants, dont des journalistes, experts, jeunes leaders, acteurs politiques et membres de la société civile, afin de construire une réponse collective face à ce phénomène.
Former, sensibiliser et responsabiliser

Selon Esdras Tsongo, directeur exécutif d’Eleza Fact, « en période de crise, la désinformation coûte des vies », soulignant la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention et de réponse face aux fausses informations.
Le sommet prévoit notamment des sessions de formation en fact-checking, l’usage responsable de l’intelligence artificielle, ainsi que la mise en place de campagnes de sensibilisation pour renforcer l’éducation aux médias et l’esprit critique des populations, en particulier des jeunes.
Une ambition régionale et stratégique

L’édition 2026 s’annonce ambitieuse avec 10 sessions thématiques, 10 panélistes internationaux et plus de 200 participants en présentiel, dont une cinquantaine venus de l’étranger, ainsi que la participation de plusieurs médias partenaires nationaux et internationaux.
À travers cette initiative, Eleza Fact et ses partenaires ambitionnent de faire de ce sommet un cadre stratégique pour restaurer la confiance dans l’information et renforcer la démocratie en RDC et dans toute la région des Grands Lacs.
Dorcas Mwavita/Congoprofond.net
