Justice
Procès Lumumba à Bruxelles : Un ancien ministre belge mis en cause, une décision attendue le 17 mars
65 ans après l’assassinat de Patrice-Emery Lumumba, figure emblématique de l’indépendance congolaise, une audience judiciaire cruciale s’est tenue ce mardi devant la chambre du conseil du tribunal de première instance de Bruxelles. Y étaient présents plusieurs des enfants et petits-enfants de Lumumba, déterminés à obtenir justice et vérité sur les circonstances de la mort de leur père et grand-père en 1961.
Pour la famille, il ne s’agit pas de revanche, mais de reconnaissance judiciaire après plus de quinze ans de démarches auprès de la justice belge. « Nous ne pouvons pas remonter le temps, mais nous comptons sur la justice belge pour faire la lumière sur l’histoire », a déclaré Yema Lumumba, petite-fille de Patrice Lumumba, avant l’audience.
Un seul suspect encore vivant : Étienne Davignon
L’audience de mardi avait pour objet de décider s’il y aura renvoi en procès d’un seul ancien responsable belge encore vivant parmi les dix impliqués initialement : Étienne Davignon, aujourd’hui âgé de 93 ans.
Davignon, ancien diplomate belge, homme d’affaires et ex-commissaire européen, était à l’époque des faits jeune diplomate stagiaire en poste à Kinshasa puis à Brazzaville. Le parquet fédéral belge le soupçonne notamment d’avoir participé à la détention et au transfert illégaux de Lumumba, ainsi qu’à des traitements humiliants et dégradants à son encontre ( mais l’intention de le tuer n’a pas été retenue à ce stade).
Absent à l’audience, Davignon a toujours nié toute implication personnelle ou institutionnelle des autorités belges dans l’assassinat. Son avocat n’a pas fait de déclaration publique mardi.
La plainte et les motivations de la famille
La plainte a été déposée en 2011 par les fils de Lumumba (François et Roland) avec l’appui d’avocats belges après des années d’enquête et des conclusions d’une commission parlementaire belge sur l’assassinat. Elle vise à obtenir que la Belgique reconnaisse sa complicité dans une vaste conspiration ayant abouti à l’élimination de Lumumba.
La famille a aussi profité de l’audience pour constituer de nouvelles parties civiles au nom d’une dizaine de petits-enfants du héros de l’indépendance congolaise présents à Bruxelles. Six d’entre eux ont assisté à l’audience, dont Yema Lumumba.
Pour les avocats de la famille, refuser ce procès reviendrait à confirmer l’impunité des crimes coloniaux majeurs. Ils souhaitent que le dossier soit renvoyé devant le tribunal correctionnel et que le procès puisse ensuite se tenir, possiblement début 2027, après la décision judiciaire.
Ce qui se passe maintenant
L’audience de mardi a marqué l’acte final de l’instruction avant que les juges ne délibèrent. Une décision sur le renvoi en procès est attendue dans les prochaines semaines ou au plus tard le 17 mars 2026, selon des sources proches du dossier. Cette décision pourra faire l’objet d’un appel.
La famille insiste sur l’importance de ce moment : « Nos parents vieillissent. Il est important pour nous de montrer que ce combat continue », a souligné une autre petite-fille de Lumumba.
Tchèques Bukasa
À la Une
Assemblée nationale/Commission « Droits de l’homme »: Les députés galvanisent Guillaume Ngefa pour accélérer les réformes judiciaires
Dans une atmosphère empreinte de respect et de coopération institutionnelle, les députés nationaux, membres de la Commission « Droits de l’homme » de l’Assemblée nationale de la RDC, ont salué le parcours et l’engagement du Ministre d’État en charge de la Justice, mettant en avant son rôle clé dans la promotion des droits humains et la réforme du système judiciaire en République démocratique du Congo.

Un hommage solennel au cœur de l’Assemblée nationale
Réunis en séance officielle de la commission des droits de l’homme de l’Assemblée nationale, les élus ont tenu à honorer le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux. Prenant la parole, le rapporteur de l’Assemblée nationale a dressé un portrait élogieux de cette figure institutionnelle, le qualifiant de « militant des droits de l’homme au sens primaire du terme ».
Au-delà de ses compétences juridiques reconnues, c’est surtout son engagement constant en faveur de la dignité humaine qui a été mis en lumière. Une carrière marquée par la rigueur, mais aussi par une sensibilité humaniste forgée sur le terrain.
Un diplomate aguerri au service des droits humains
Les intervenants ont souligné le parcours international du Ministre, le décrivant comme « un diplomate des droits de l’homme présent sur tous les fronts ». De la Côte d’Ivoire au Mali, en passant par le Sénégal, son implication dans des contextes de crise a contribué à renforcer son expertise en matière de justice et de stabilisation institutionnelle.
Pour les parlementaires, cette expérience constitue un atout majeur dans la conduite des réformes judiciaires en RDC, dans un contexte où l’État de droit demeure une priorité nationale.
Le député national Boris Mbuku, président de cette commission, a également salué le travail du patron de la justice congolaise.
Une nomination stratégique saluée par les élus
Les députés ont également salué la clairvoyance du Chef de l’État dans le choix de cette personnalité pour diriger le ministère de la Justice. Ils estiment que cette nomination s’inscrit dans une dynamique stratégique visant à renforcer la crédibilité et l’efficacité de l’appareil judiciaire congolais.
Cette reconnaissance s’accompagne d’un appel à une collaboration accrue entre les pouvoirs législatif et exécutif, condition essentielle pour accélérer les réformes attendues par la population.
Vers une coopération renforcée pour des réformes concrètes
La rencontre a permis de consolider les relations entre l’Assemblée nationale et le ministère de la Justice. « L’Assemblée nationale est derrière lui pour l’encourager », a affirmé Jacque Ndjoli, mettant en avant la disponibilité du Ministre à répondre aux préoccupations des élus.
Cette synergie institutionnelle laisse entrevoir une accélération des réformes législatives, avec pour objectif une justice plus équitable, transparente et accessible à tous les citoyens congolais.
Un symbole fort pour l’État de droit
La séance s’est clôturée sur un geste symbolique de salutation, illustrant la volonté commune de renforcer l’État de droit en République démocratique du Congo. Un signal fort envoyé tant aux institutions qu’à la population, dans un contexte où la justice demeure un pilier essentiel de la démocratie.
Tchèques Bukasa & Winnie Dina Muanvuwa (Stagiaire UCC)
