Connect with us

À la Une

Procès des  » Prostituées chinoises » : 2 Chinois et un cadre des Affaires étrangères condamnés !

Published

on

Le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe a rendu son verdict sur l’affaire du réseau de prostitution chinoise en RDC.

Deux chinois ont été condamnés en procédure de flagrance à 10 ans et 3 mois de prison pour proxénétisme et trafic des personnes à des fins sexuelles. Il s’agit du Chinois Ye Jing Parg et sa gérante.

Parmi la vingtaine des chinois arrêtés, huit autres Chinois ont été condamnés pour séjour irrégulier à mille dollars à chacun et 22 autres ont été acquittés.

Parmi les autres condamnés, il y a un Congolais qui répond au nom de Bernard Bula.

Chef de bureau de son état au ministère des Affaires étrangères, il a été condamné à 10 ans de prison pour usage de faux. Il a délivré des visas de courtoisie à ces Chinois qui n’en avaient pas la qualité.

Selon le Procureur de la République près le Parquet du Tribunal de Kinshasa/Gombe, Edmond Isofa, Bernard Bula a été interpellé la semaine dernière et a été libéré vers le soir à la suite de l’intervention d’une autorité.

Pour rappel, Ye Jing Parg et sa gérante, de nationalité Chinoise, ont été arrêtés lors d’une opération de police dans la commune de la Gombe dans une parcelle où ils hébergeaient des Chinoises qu’ils faisaient venir de la Chine. Elles transitaient par plusieurs pays pour d’atterrir en RDC.

Arrivées en RDC avec des visas de tourisme ou des visas aéroportuaires ou portuaires, ces Chinoises obtenaient des visas de courtoisie avec plusieurs entrées en RDC via des complicités locales.

Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET

À la Une

Triangle de Bermudes budgétaire : Réformes, diplomatie et turbulences, qui perd le Nord ?

Published

on

Le début de l’année 2026 devait consacrer la symphonie parfaite d’un trio gouvernemental rodé. Mais les chiffres tombés en janvier ont la dureté d’une taupe : 1.037,5 milliards de CDF de déficit, un trou de 350 milliards plus profond que prévu. Face à cette contre-performance, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se ruer vers le marché financier local pour émettre des bons du Trésor.

Dans ce triangle des Bermudes budgétaire formé par Adolphe Muzito (VPM Budget), Daniel Mukoko Samba (VPM Économie) et Doudou Fwamba (Ministre des Finances), l’heure n’est plus aux discours de façade. L’un d’eux tire visiblement en travers, et l’attelage tousse dangereusement. Adolphe Muzito incarne la rigueur budgétaire affichée. Il a réuni les partenaires techniques et financiers, promis un budget crédible et soutenable, et orchestré l’adoption d’un budget 2026 en équilibre à 54.335,7 milliards de CDF.

Sur le papier, il coche toutes les cases de l’orthodoxie financière. Mais cette discipline a un revers : le budget qu’il présente est un château de cartes si les recettes ne suivent pas. Or, janvier 2026 montre que les recettes n’ont atteint que 86% des prévisions. Adolphe Muzito n’est pas le problème, mais il est le premier à pâtir des faiblesses structurelles. Il construit de belles maisons sur des fondations qui s’effritent, et ses projections trop optimistes fragilisent son rôle de projectionniste.

Daniel Mukoko Samba, lui, joue dans la cour des grands. Son terrain de jeu, c’est Washington, les accords américains, et la diversification des partenaires pour sortir de l’emprise chinoise. Sa métaphore est élégante : “Sur un vélo, il faut deux pieds pour pédaler : l’économie et la sécurité”. Grâce à lui, la RDC tente de réussir le pari d’utiliser ses minerais stratégiques pour attirer les investissements américains. Mais pendant qu’il pédale sur le vélo de la diplomatie économique, la selle craque sous les réalités quotidiennes.

Le trou de janvier est là pour le rappeler : les caisses sont vides aujourd’hui. Le décalage est saisissant entre la hauteur de vue de ses annonces internationales et l’incapacité du pays à boucler ses fins de mois. Reste Doudou Fwamba, dont le portefeuille est le plus exposé. Il est aux commandes de la trésorerie, du paiement des dépenses, et de la régulation financière. C’est lui le réparateur qui doit actionner les leviers de l’endettement intérieur via les bons du Trésor pour combler les déficits.

Sur le fond, il tente des réformes courageuses, comme la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Mais les réformes de structure ne rattrapent pas un déficit de recettes. Le recours aux bons du Trésor, loin d’être un signe de bonne santé, est l’aveu d’une faiblesse : l’État n’a plus d’argent et doit puiser sur le marché financier local, asséchant le crédit disponible pour le secteur privé. Aujourd’hui, Fwamba est le plus fragilisé.

Il incarne la douleur immédiate, le pompier arrivé après l’incendie. Dans ce trio, si l’un d’eux ne produit pas les résultats escomptés, c’est bien celui qui est incapable de sécuriser la trésorerie au jour le jour. Mais attention : le véritable problème réside dans l’incapacité collective momentanée et peut-être à transformer les promesses de réformes et les accords internationaux en liquidités immédiatement disponibles dans les caisses de l’État.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Continue Reading