Femme
Prix de la littérature : Marie-Eugénie Mpongo, matriarche littéraire, honorée
« Je suis très honorée et heureuse car je ne m’attendais pas à un tel honneur à cette activité », s’exprime Marie-Eugénie Mpongo.
C’est à l’occasion de la célébration de la journée de l’écrivain africain que les Femmes des Lettres du Congo (FLCo), en partenariat avec le Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, ont honoré Marie-Eugénie Mpongo, femme littéraire et lauréate du prix Léopold Sédar Senghor, avec un portrait qui est dorénavant placé à la bibliothèque Wallonie-Bruxelles, ce jeudi 7 novembre.
Cette emblématique femme linguiste est amoureuse de la lecture depuis son jeune âge et ne pouvait pas laisser passer un récit à l’école ; elle était toujours en avance en cours de français par rapport à ses camarades de classe.
« À la dissertation et à la lecture, je brillais au point que notre professeur de français, qui était Belge, disait de moi : c’est une honte de voir qu’une Congolaise dépasse ma fille en rédaction française », dit-elle.
Elle est l’auteure de plusieurs œuvres littéraires et pionnière de certains discours que l’on entend dans les églises, tels que « la délivrance des liens de servitude de la famille ». Ce sont ses travaux qu’elle a enseignés au Sacré-Cœur qui ont été diffusés et que les Congolais reprennent sans jamais signaler l’origine.
Dans son allocution en mémoire de la journée de l’écrivain africain, elle explique son récit MASIKINI, une histoire réelle qui l’a touchée profondément durant son adolescence.
En 1964, alors qu’elle était encore lycéenne, il y a eu une rébellion à Kisangani, et cette souffrance qu’elle a vue a conduit à la création de MASIKINI. « À Kisangani, il y a eu la rébellion en 1964, et le lycée a accueilli tous les réfugiés. Je les ai vus arriver dans des états impossibles à décrire : des enfants, des femmes qui avaient fui la guerre dans des conditions horribles », raconte-t-elle.
Elle ajoute : « Cette souffrance-là, je l’ai traduite dans le récit, car j’ai effectivement fait la connaissance d’une enfant orpheline. Elle avait deux ans, c’était une petite fille, et sa maman était enceinte et fuyait avec elle. Elle a mis cet enfant sur son dos, puisqu’elle était enceinte, et elle fuyait avec une autre femme, mère de cinq enfants. Pendant qu’elles fuyaient, elles ont été attaquées par des balles. La mère qui portait l’enfant sur le dos a reçu une balle à la poitrine et a laissé tomber son bébé. La maman de cinq enfants a ramassé cette orpheline et l’a prise avec elle et ses cinq enfants. »
Marie-Eugénie, consacrée pasteure depuis février 2024, dit continuer à être cette grande enseignante dans le domaine littéraire, même pour cette génération, et à sensibiliser les jeunes aux valeurs de notre pays.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
Femme
Leadership de la femme des médias : la 3e édition de « Parole à Femme » met en lumière des parcours inspirants à Kinshasa
La troisième édition de « Parole à la Femme », organisée par Leadership des Femmes des Médias, s’est tenue ce lundi 30 mars 2026 à La Perle de Sainte Anne. Coordonnée par Grâce Shako, cette rencontre a rassemblé plusieurs femmes leaders issues de divers secteurs, venues partager leurs expériences professionnelles autour du thème : « Révéler la Femme d’exception ».
Parmi les intervenantes figuraient notamment Lydie Omanga, Nenette Mukembe, Madeleine Mbongo et Miriam Balanga. Tour à tour, elles ont retracé leurs parcours, évoquant les débuts parfois difficiles, les obstacles rencontrés ainsi que les stratégies qui leur ont permis de s’imposer dans des environnements souvent exigeants.
L’activité a également été marquée par un moment d’échanges interactifs, où les participantes ont posé des questions sur le leadership féminin, la gestion de carrière et les défis du monde professionnel. Cet espace de dialogue a permis de renforcer la solidarité entre femmes, chacune apportant conseils, témoignages et encouragements dans une atmosphère conviviale et motivante.
Au-delà des interventions, cette édition a mis en avant des profils inspirants, notamment Marie Jeanne Okota, conductrice de Yango, saluée pour son courage dans un secteur majoritairement masculin, ainsi qu’une jeune couturière engagée dans l’entrepreneuriat. À travers ces parcours, « Parole à la Femme » confirme son rôle de plateforme d’expression et de valorisation du leadership féminin en RDC.
Dorcas Mwavita
