Environnement
Precop 27 : Le RFAF/ODD sensibilise les femmes du monde pour le retour des dividendes de l’exploitation de la biodiversité africaine
Le Réseau des Femmes d’Afrique Francophone pour l’Atteinte des Objectifs de Développement Durable (RFAF/ODD) tient à voir l’Afrique bénéficier des produits de l’exploitation du bassin du Congo. En marge des activités de la Precop27 tenue à Kinshasa du 03 au 05 octobre, cette structure s’est réunie pour réfléchir sur le rôle des femmes du monde dans la lutte contre le réchauffement climatique.
A l’issue de cet atelier de travail de RFAFA/ODD, la Modératrice Régionale du Rafaf/ODD, Elodie Ntamuzinda, a expliqué que les pays qui exploitent la biodiversité du Bassin du Congo ne pensent pas à rendre des bénéfices aux pays exploités. « Même pas une usine de traitement de ces minerais sur notre sol, pas même une simple usine d’assemblage… ». « Au contraire, nous continuons à accumuler les nombres de pauvres et des chômeurs. Nous devons comprendre pourquoi les minerais nous reviennent sous forme d’armes et des téléphones qui coutent chers ! »
Pour elle, cette Precop27 tombe comme une opportunité où la femme doit s’exprimer en direction de ceux qui polluent l’environnement et suivre la mise en œuvre des différentes résolutions en matière de changements climatiques. Elle estime que la Precop 27 est aussi l’occasion de mener le plaidoyer en faveur de dividendes pour l’Afrique de la part de pollueurs. C’est aussi, pour son réseau, l’occasion de sensibiliser les femmes du monde, de l’Afrique et de la RDC au rôle qu’elles doivent jouer dans l’accompagnement des responsables des Etats dans l’atteinte des ODD.
Emile YIMBU/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Peuples autochtones en RDC : Félix Tshisekedi à l’écoute d’une communauté encore marginalisée
Le président de la République, Félix Tshisekedi, a récemment reçu des représentants des peuples autochtones pygmées, accompagnés notamment du professeur Jean-Robert Bwangoy, porteur du projet pilote REDD+ Maï-Ndombe.
Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État de renforcer la promotion et la protection des droits des peuples autochtones, longtemps victimes de discrimination et de marginalisation en République démocratique du Congo.
Près de 30 ans après les initiatives de l’ancien président Mobutu Sese Seko visant à valoriser ces communautés, la question de leur intégration socio-économique demeure un défi majeur.

Une discrimination persistante dans la cuvette centrale
Selon le professeur Jean-Robert Bwangoy, la situation des peuples autochtones pygmées reste préoccupante, particulièrement dans les zones forestières de la cuvette centrale, où vivent de nombreuses communautés.
« Il y a eu beaucoup de discriminations dans notre pays. Malgré certains progrès, les peuples autochtones pygmées continuent à être marginalisés, notamment dans les zones de la forêt équatoriale », explique-t-il.
Pour cet universitaire, la discrimination dont sont victimes ces populations est avant tout d’origine économique. D’où la nécessité d’améliorer leurs conditions de vie en leur garantissant l’accès :
– à l’éducation,
– à l’eau potable,
– aux soins de santé,
– et aux opportunités économiques.
Lors de leur rencontre avec le chef de l’État, les représentants autochtones ont plaidé pour une intégration réelle dans le système national, afin que ces communautés puissent bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens congolais.
Une loi pour protéger les peuples autochtones
La rencontre intervient dans un contexte marqué par la promulgation, il y a quelque temps, d’une loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées.
Le professeur Bwangoy salue cette avancée juridique et rend hommage à tous ceux qui ont contribué à son élaboration.
« Je voudrais remercier le chef de l’État, mais aussi l’ensemble des citoyens congolais qui ont participé à l’élaboration de cette loi. Elle reconnaît enfin les efforts et la dignité de nos compatriotes pygmées », souligne-t-il.
L’éducation comme clé de l’émancipation
Au-delà du plaidoyer politique, le professeur Poingoy mène également des initiatives concrètes sur le terrain, notamment dans le village d’Ikita, dans la province du Maï-Ndombe, où il a contribué à la construction d’une école favorisant la cohabitation et l’apprentissage commun entre enfants bantous et pygmées.
Pour lui, l’éducation demeure la clé de l’émancipation des peuples autochtones.
Il cite notamment l’exemple de Suzanne, une jeune fille pygmée qu’il a prise sous son encadrement afin de lui permettre de poursuivre ses études.
« Lorsqu’elle terminera ses études, elle pourra servir d’exemple à d’autres filles pygmées. Leur destin ne doit pas se limiter à rester au village sans perspective. Elles peuvent aussi s’insérer dans le système national », affirme-t-il.
Forêt, peuples autochtones et crédits carbone
Cette dynamique d’inclusion est également liée à la question de la conservation des forêts et des crédits carbone, un sujet de plus en plus présent dans les débats internationaux sur le climat.
Selon le professeur Bwangoy, les peuples autochtones jouent un rôle essentiel dans la préservation de la forêt équatoriale congolaise, et devraient bénéficier directement des mécanismes économiques liés à la protection de ces écosystèmes.
« Les populations qui vivent dans et autour de la forêt doivent profiter réellement de leurs efforts de conservation », insiste-t-il.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
