Sécurité
Pourquoi le fédéraliste Corneille Nangaa n’est pas la solution pour la RDC : Plaidoyer pour un modèle d’unitarisme centralisé
À Kiwanja dans le Nord-Kivu en RD Congo, le chef rebelle de l’AFC-M23, frère biologique du Gouverneur sortant Christophe Baseane Nangaa, candidat à sa succession, a lancé ce 29 mars 2024 le débat sur le fédéralisme, ce poison qui a toujours divisé les congolais depuis la sécession du Katanga par Moïse Tshombe. Ce renégat de justice l’a présenté comme la solution ultime pour les maux du pays.
En analysant de manière critique les réalités actuelles du pays, il devient évident que le fédéralisme n’est pas la réponse adéquate à nos défis. Les partisans du fédéralisme mettent en avant l’idée d’une plus grande autonomie régionale dans la gestion des ressources minières, mais négligent les fragilités et les lacunes profondes en matière d’infrastructures et d’administration qui caractérisent la RDC.
Dans un pays où la corruption et l’inefficacité administrative sont monnaie courante, décentraliser le pouvoir risque simplement de fragmenter davantage la gouvernance et d’ouvrir la voie à une plus grande instabilité. Le spectre de la balkanisation n’est pas non plus à écarter. Le passage de 11 à 26 provinces a montré les limites de cette fausse idée de ceux qui ne jurent que par une parcelle de pouvoir.
Opter pour un modèle d’unitarisme centralisé s’avère être la voie la plus pragmatique pour la RDC. En consolidant le pouvoir au niveau central, le pays peut concentrer ses ressources et ses efforts sur le renforcement des infrastructures essentielles, l’amélioration de l’administration publique et la lutte contre la corruption à un niveau stratégique et efficace.
Plutôt que de disperser les ressources et de diluer les responsabilités à travers des entités fédérales, un gouvernement central fort peut mieux coordonner les politiques nationales, assurer une distribution équitable des ressources et promouvoir une vision unifiée pour le développement du pays. Il n’est pas à confondre avec les incompétents qui ont dirigé la RDC ces 40 dernières années.
Alors que le fédéralisme peut sembler attrayant sur le papier, la réalité complexe de la RDC nécessite une approche plus centralisée et cohérente pour surmonter ses défis. Unir nos forces et nos ressources sous un gouvernement central fort est la clé pour bâtir un avenir stable et prospère pour la RD Congo. S’allier avec les étrangers pour fragiliser son pays dans le but de se faire un quart de chef s’appelle la trahison.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
