Sécurité
Christophe Baseane Nangaa : Ascension miraculeuse, présence problématique et répercussions sécuritaires
Dans les méandres du pouvoir au Haut-Uélé, Christophe Baseane Nangaa, gouverneur sortant, est sous les feux des projecteurs. Accusé de détournement de fonds massif par l’Inspection Générale de Finances, son ascension fulgurante, orchestrée par son grand-frère Corneille Nangaa Yobeluo en 2018 alors président de la CENI, soulève aujourd’hui des questions brûlantes sur sa probable implication dans la question sécuritaire de la province.
De simple changeur de monnaie obscur à Kinshasa dans la commune de Lemba, à la tête d’une province jadis paisible en ce moment extrêmement troublée par des incursions sauvages des criminels faisant partie de l’AFC-M23 et atterrissages des hélicoptères transportant des individus non autrement identifiés, le parcours de Christophe Baseane Nangaa interpelle.
Son avènement au poste de gouverneur, largement attribué à des liens familiaux, remet en question les fondements de la gouvernance démocratique en RD Congo. En grande pauvreté ne gît pas grande loyauté dit un adage. Partir de changeur de monnaie pour se retrouver à la tête d’une aussi importante province sans être attaché aux valeurs telluriques explique en partie les relents corrupteurs de l’homme.

Cependant, au-delà des scandales financiers de 61 millions de dollars épinglés par l’IGF, des inquiétudes émergent quant à la stabilité régionale sous sa gouvernance. Avec son frère Corneille à la tête du mouvement rebelle AFC-M23, les liens entre pouvoir politique et forces rebelles suscitent légitimement des interrogations sur la sécurité des populations locales.
Face à ces enjeux cruciaux, les autorités se doivent d’agir. Une demande pressante d’explications est impérative pour préserver la paix et la sécurité des habitants du Haut-Uélé. L’heure est à la transparence et à la responsabilité, pour éviter que l’ombre de la corruption et du conflit ne plane plus longtemps sur cette région tourmentée.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Sécurité
14 décès en janvier, 8 blessés en février sans prise en charge… : la société civile dresse un bilan sécuritaire alarmant du premier trimestre 2026 à Butembo
La Coordination urbaine de la Société civile du Congo (SOCICO) à Butembo a présenté, ce 15 avril 2026, un bilan sécuritaire préoccupant couvrant les trois premiers mois de l’année. Selon cette structure, 14 personnes ont été tuées au mois de janvier dans différents incidents, notamment des incursions d’hommes armés, des cas de justice populaire et des découvertes de corps sans vie.
Le mois de février a, quant à lui, a été marqué par plusieurs drames, dont des éboulements et des actes criminels ayant fait au moins 8 blessés graves, déplorés sans prise en charge adéquate. Bien qu’une relative accalmie ait été enregistrée en mars, la SOCICO estime que la situation sécuritaire reste fragile et préoccupante dans la ville.
Face à ce constat, la société civile dénonce la faible réactivité des services de sécurité et l’impunité persistante. Elle appelle les autorités à renforcer les patrouilles mixtes, intensifier les enquêtes et améliorer l’éclairage public, tout en exhortant la population à collaborer avec les forces de l’ordre et à éviter le recours à la justice populaire.
Exaucé Kaya
