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Pour non respect de la Convention de cession : PPC Barnet et les habitants du village Zamba à couteaux tirés !
Signée en 2014 entre les investisseurs de la cimenterie PPC Barnet et les ayants-droits fonciers du village Zamba, dans le territoire de Songololo, la convention de cession de terre n’est pas respectée.
En colère, la population du village Zamba a pris d’assaut l’usine de production du ciment, samedi 18 décembre, l’après-midi. Motif: manifester son indignation face au non-respect de la convention signée par PPC.
Dans les colonnes de ce document d’une vingtaine de pages, il est clairement établi que la cimenterie, dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprise(RSE), devrait construire une école et un centre hospitalier modernes, doter les habitants de l’eau potable de qualité et, enfin, privilégier l’engagement des fils et filles des gardiens de terre au sein de la cimenterie.
Sept bonnes années après, PPC, selon les mots utilisés par les habitants de Zamba contactés par CONGOPROFOND.NET, a foulé aux pieds les clauses du contrat de cession.
Du côté de la cimenterie, l’agent de maintenance interrogé hors-micro a tranché en faveur de PPC, « depuis le début du projet, PPC a toujours sollicité aux ayants-droits terriens de présenter les noms des enfants du village pour un éventuel engagement mais, chose étonnante, dans la plupart de fois, ni au village, ni ailleurs, les intellectuels originaires de Zamba ont été présentés ».
Et d’ajouter : « les quelques noms présentés n’ont-ils pas été embauchés ? c’est une mauvaise fois de la part des ayants-droits. Quand les compétences recherchées ne sont pas localement, il aurait fallu attendre jusqu’à ce que leurs enfants terminent les études ?».
A voir de près ou de loin, rien ne prouve que le village Zamba avait cédé ses terres à une cimenterie de haute facture avec une production moyenne de 3.400 tonnes de sacs de ciment par jour. Village non électrifié, pourtant l’usine a un camp électrifié. A Zamba, les maisons sont construites en matériaux non durables comme dans des quartiers bidonvilles ou des zones squatting. Village PPC par contre n’a pas l’air d’un village, des maisons VIP, belles à voir. Quel contraste !
Même le tronçon routier qui facilite l’évacuation des produits cimentiers est en état de dégradation. Cette route pourtant de moins cinq kilomètres ; de la nationale numéro 1 au siège de production du ciment peut être soit bitumée, soit asphaltée.
Justin-Robben DIASILUA K./ CONGOPROFOND.NET
À la Une
Kongo Central/Luozi : Le poste frontalier de Zulu Mbundu accueille 588 réfugiés venus de Brazzaville
Depuis quelques jours, le village de Zulu Mbundu, situé dans le secteur de Balari, territoire de Luozi, dans la province du Kongo Central, est devenu un centre d’accueil provisoire pour des familles fuyant les violences survenues à Mindouli, dans la région du Pool, en République du Congo (Brazzaville).

À l’origine de l’exode : des affrontements armés
Les affrontements, survenus le dimanche 11 janvier 2026, ont opposé les éléments de la Garde républicaine (DGSP) aux Ninjas, fidèles au pasteur Ntoumi. Ces violences ont provoqué d’importants mouvements de populations le long de la frontière entre la RDC et le Congo-Brazzaville, particulièrement dans le secteur frontalier de Balari.
Femmes, enfants et personnes âgées parmi les réfugiés
C’est au poste frontalier de Zulu Mbundu que plusieurs familles sinistrées, composées essentiellement de femmes, d’enfants et de personnes âgées, ont trouvé refuge. Ces ressortissants brazzavillois fuient les représailles, l’insécurité et les violences liées à ces conflits armés.
Une situation humanitaire préoccupante

Sans logements, sans nourriture suffisante ni médicaments, ces réfugiés vivent dans une extrême vulnérabilité. En attendant l’intervention du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’administrateur du territoire de Luozi ad intérim, Célestin Lusiama, a lancé un SOS humanitaire.
« La population sinistrée venue de la République sœur du Congo-Brazzaville a besoin d’un logement, de la nourriture et d’une protection pour vivre en paix, en attendant l’accalmie de la situation sécuritaire dans leurs villages », a-t-il déclaré.
Un appel à la solidarité locale
L’autorité territoriale a également appelé la population locale à faire preuve de solidarité : « En attendant l’intervention des autorités provinciales et nationales, nous, habitants de Luozi et du secteur de Balari, sommes appelés à la solidarité et à la protection de nos invités », a ajouté Célestin Lusiama.
588 réfugiés officiellement enregistrés
Au total, 588 réfugiés ont été enregistrés le mercredi 14 janvier 2026 par les services de la Direction générale de migration (DGM) au poste frontalier de Zulu Mbundu. L’ensemble des services de sécurité a été mobilisé afin d’identifier les déplacés et d’assurer leur encadrement.
Une inquiétude croissante dans la population
Pour Eugène Nkanza, président du Rassemblement des forces vives de Luozi, la situation devient préoccupante : « Nous observons un afflux continu de ressortissants brazzavillois traversant la frontière avec leurs familles. Cette situation est de plus en plus inquiétante », a-t-il souligné.
Les autorités provinciales à pied d’œuvre
Selon des sources concordantes, une délégation du gouvernement provincial du Kongo Central s’est rendue sur place afin d’évaluer la situation et de transmettre un rapport aux autorités compétentes.
Mfumu DIASILUA K./CONGOPROFOND.NET
