Provinces
Pollution sonore à Butembo : Les cabines de téléchargement sommées de baisser le volume
La lutte contre la pollution sonore s’intensifie à Butembo, dans la province du Nord-Kivu. Ce mardi 29 juillet 2029, les autorités municipales, en collaboration avec la Société congolaise des droits d’auteurs (SOCODA) et le service urbain de la Culture et des Arts, ont convoqué les responsables des cabines publiques de téléchargement de musique. Objectif : leur rappeler les règles en matière de nuisances sonores et leur exiger un respect strict des normes en vigueur.
La rencontre s’est tenue dans la salle des réunions de l’hôtel de ville, en présence de plusieurs représentants du secteur. Pour Maître Merveille Kikusa, chef d’agence de la SOCODA/Butembo, l’initiative répond aux nombreuses plaintes des riverains, exaspérés par les tapages diurnes et nocturnes causés par ces établissements.
« Nous avons reçu plusieurs réclamations de la part des habitants, surtout ceux vivant à proximité des cabines. Le bruit excessif est devenu un problème récurrent. Pourtant, un communiqué avait déjà été signé conjointement avec le maire, appelant à une réduction du volume sonore. Ce message n’a pas été respecté. C’est pourquoi nous avons réuni les tenanciers pour leur rappeler que leurs appareils ne doivent pas dépasser 20 % de leur capacité maximale », a déclaré Maître Kikusa.
Du côté des exploitants, la mesure a été globalement bien accueillie. Kinos Visika, représentant de l’Association de charge et téléchargement du Nord-Kivu (ACTNK), a reconnu la nécessité de cette régulation, tout en appelant à une application équitable de la loi.
« Cela fait longtemps que l’autorité avait lancé ce communiqué. Nous l’applaudissons car il est pertinent. Nous sommes prêts à sensibiliser nos membres pour sa mise en œuvre. Mais il faut que cette mesure concerne aussi d’autres sources de nuisances sonores, notamment certaines églises qui utilisent des sonorisations très puissantes », a-t-il souligné.
Au-delà de la question sonore, la réunion a aussi permis d’aborder d’autres aspects réglementaires, notamment la fiscalité. Les tenanciers ont été rappelés à leurs obligations vis-à-vis de la SOCODA, du service de la Culture et Arts ainsi que de la mairie, en termes de redevances et de licences.
Un signal fort des autorités, qui entendent faire de l’ordre urbain et du respect des droits d’auteur une priorité à Butembo.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
Provinces
« Le Haut-Uele ne peut pas supporter 30 ans de guerre » : Moïse Mahuka appelle les jeunes à rejeter les groupes armés
Face aux inquiétudes grandissantes liées à la situation sécuritaire dans le nord-est de la République démocratique du Congo, Moïse Mahuka, leader d’opinion du territoire de Watsa, appelle la jeunesse du Haut-Uele à faire preuve de responsabilité en refusant toute collaboration avec les groupes armés qui tenteraient de s’implanter dans la province.
Dans une interview exclusive accordée à CongoProfond.net dans la soirée du mercredi 10 juin 2026, il a lancé un message fort à l’endroit des jeunes, les exhortant à ne jamais céder aux promesses financières des mouvements rebelles.
« La situation est complexe. Je demande aux habitants du Haut-Uele et particulièrement aux jeunes du territoire de Watsa de ne jamais intégrer un mouvement rebelle, quel que soit le montant d’argent qui pourrait leur être proposé », a déclaré Moïse Mahuka.
Pour lui, l’expérience douloureuse vécue dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu doit servir d’avertissement aux populations du Haut-Uele.
« Depuis 1996, les populations des Kivu vivent dans un contexte de guerre quasi permanent. Est-ce que le Haut-Uele sera capable de supporter trente années de conflit ? Nous devons réfléchir sérieusement à cette question », a-t-il souligné.
Selon ce leader d’opinion, la province du Haut-Uele ne dispose ni des infrastructures ni des capacités économiques suffisantes pour faire face à une crise sécuritaire prolongée. Il rappelle que de nombreuses familles dépendent du commerce avec les territoires voisins ainsi qu’avec l’Ouganda pour leur survie quotidienne.
« Notre province dépend largement des échanges avec l’Ituri, notamment les territoires d’Aru et de Mahagi, ainsi qu’avec la ville d’Arua en Ouganda. Peut-on raisonnablement accepter d’insécuriser une province qui peine déjà à garantir sa sécurité alimentaire ? », s’est-il interrogé.
Moïse Mahuka a également dénoncé toute implication éventuelle de jeunes du Haut-Uele dans les réseaux de soutien aux groupes armés.
« S’il y a des enfants du Haut-Uele ou de Watsa qui ont déjà intégré ces mouvements ou qui collaborent avec eux, ils doivent comprendre qu’ils travaillent contre les intérêts de leur propre peuple et compromettent l’avenir de leur province », a-t-il affirmé.
Évoquant la présence de réfugiés sud-soudanais sur le sol congolais, il a rappelé que l’insécurité contraint souvent les populations à abandonner leurs terres et leurs moyens de subsistance.
« Les réfugiés sud-soudanais sont en RDC parce qu’ils ont fui l’insécurité dans leur pays. Si demain la guerre s’installe chez nous, où irons-nous ? Qui nous accueillera au Soudan du Sud ? », a-t-il questionné.
Le leader d’opinion a par ailleurs attiré l’attention sur les défis auxquels fait face la jeunesse locale. Selon lui, la prolifération de certaines pratiques destructrices au fil des années a contribué à fragiliser une partie de la jeunesse, au détriment de son engagement citoyen et patriotique.
« Nous avons besoin d’une jeunesse responsable, consciente de ses devoirs envers la nation. Une jeunesse capable de défendre les valeurs de paix, de travail et de développement. Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des aventures qui ne produisent que souffrances et destructions », a-t-il insisté.
Pour Moïse Mahuka, la préservation de la paix demeure aujourd’hui la principale condition du développement du Haut-Uele. Il invite ainsi les jeunes à privilégier l’éducation, l’entrepreneuriat et le travail communautaire plutôt que les voies de la violence armée.
« Le Haut-Uele a besoin de paix pour se développer. Nous devons protéger notre province et préparer un avenir meilleur pour les générations futures », a-t-il conclu.
Junior kasamba/Congoprofond.net
