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Pierre A. Matusila prévient : « Mater une minorité indocile par les armes létales n’est pas résoudre la crise… »
Congolaises et Congolais,
Ainsi que vous le savez, la Province du Kongo Central est réputée « havre de paix » en République démocratique du Congo. Mais fort malheureusement, c’est depuis le début de cette semaine,
au-delà la crise politico-institutionnelle née du Mimigate (crise que le Gouvernement central s’obstine à résoudre on ne sait pour quelles raisons), que le Kongo Central est socialement en ébullition.
Le bilan des affrontements qui ont opposé, ce mercredi 15 avril 2020 à Boma dans le Bas-Fleuve, les éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC) aux adeptes du mouvement politico- religieux BUNDU DIA MAYALA (BDM) a fait état de 6 morts et des blessés graves. Lundi dernier, dans la Lukaya, plus précisément à Kisantu (territoire de Madimba), les violences perpétrées par les adeptes de ce même mouvement ont provoqué 2 morts et des blessés graves. D’autres manifestations signalées à Kimpese, Kinzau-mvuete et Lemba se sont déroulées, heureusement, sans incident.
A la base de ces violences inqualifiables et intolérables, il y a lieu de noter des slogans xénophobes, des revendications sur diverses créances de leur leader qui n’auraient pas encore été honorées par l’Etat congolais, la libération de leurs militants qui se trouvent encore en prisons et leurs participations à la gestion des affaires de l’Etat dans les institutions de la République.
Dans une communauté de paix et de co-propriété comme le Kongo Central, le recours à la violence est insoutenable. Les Ne Kongo cherchent depuis des générations à transcender leurs défaillances psychologiques pour s’insérer dans l’humanisme universel à travers la philosophie cardinale de KINZONZI, c’est-à-dire le palabre, la recherche d’un compromis social durable suivant le modus vivendi de nos bakulu, de nos ancêtres.
Alors que, sur le plan national, le pays fait déjà face à une crise sanitaire sans précédent qui brouille toute perspective économique, financière et sociale, le déchaînement de la violence dans notre chère province constitue un véritable motif d’une profonde inquiétude. Ces violences répétées et funestes, qui ne datent pas d’aujourd’hui, ne peuvent pas laisser indifférents les esprits avertis et éclairés.
Nous devons résolument nous interroger sur leurs motivations profondes et leurs véritables causes.
Tout en condamnant l’incivisme dont ont fait preuve les militants de ce mouvement, le recours aux armes létales et disproportionnées pour réprimer les manifestants ne peut en aucun cas, et sous quel que prétexte que ce soit, être toléré dans une société démocratique supposée protéger ses citoyens.
La répression des manifestations publiques autorisées ou non ne peut pas, à chaque fois aboutir, au gaspillage des vies humaines ni des munitions. Le professionnalisme de la Police suppose aussi « zéro mort ».
Le Gouvernement de la République devrait reconsidérer ses méthodes d’intervention. L’usage de la violence publique n’est pas une démarche constructive. Il contribue à raviver les rancœurs et à ternir gravement l’image du pays en matière de protection des droits de l’homme.
Penser anéantir complètement ce mouvement par la force des armes, comme le propose une certaine opinion politique, serait un calcul irrationnel qui n’aboutirait qu’à un carnage sans issue que les Ne Kongo ne sauraient, en aucun cas, tolérer.
L’allure dramatique des événements met de plus en plus en lumière notre faible capacité nationale et locale de prévention et de transformation des conflits qui surviennent dans le pays. Le Kongo Central risquerait de se transformer graduellement en une terre de rivalité où la violence privée croise la violence publique dans un gâchis des vies insupportable.
Notre vivre-ensemble ne sera plus convenablement assuré avec pour effets immédiats la dilution de la cohésion provinciale et de l’unité nationale.
L’Etat devrait simplement élever son niveau de surveillance afin de contenir les velléités subversives de certains groupes pour préserver l’harmonie et la paix sociale. Le bannissement de la violence est l’urgence absolue. Seul le dialogue peut générer les attitudes indispensables à la construction d’un lendemain meilleur.
Mater une minorité indocile par les armes létales n’est pas résoudre la crise.
Jusque là, aucune solution n’est trouvée par rapport aux revendications de BUNDU DIA MAYALA (BDM). Il est du devoir à la fois du Gouvernement central, des élus nationaux et provinciaux, des autorités provinciales ainsi que des notables Kongo de rechercher des voies et moyens pour résoudre cette crise. Qu’on se le dise: un travail inachevé est toujours source des déboires dans un avenir proche ou lointain, des déboires aux conséquences sociales incalculables et inimaginables.
Ce travail exige au préalable la résolution de la crise de légitimité et de legalité à la tête de l’exécutif provincial qui dure voici bientôt 8 mois. Il est urgent pour le Gouvernement Central de s’y pencher maintenant et ne plus se cantonner dans le dilatoire ; attitude qui traduirait aisément « la non-assistance à une Province qui se meurt ». Oui, à l’allure où vont les choses, notre belle province, le Kongo Central, se meurt à petit feu à cause de l’inaction et de l’indécision de « Kinshasa ».
Pierre Anatole MATUSILA, Président de l’assemblée provinciale du Kongo central
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Kalaa Mpinga, nouveau PCA/Fomin : Un parcours marqué par les conflits de gouvernance, de Mwana Africa à PHC
Nommé Président du Conseil d’Administration du Fonds minier pour les générations futures ( FOMIN), depuis ce mercredi 3 juin, le nom de Kalaa Mpinga n’est pas nouveau dans les milieux économiques et miniers africains. Depuis plusieurs années, il est associé à différents projets d’envergure dans les secteurs minier et industriel. Toutefois, plusieurs de ces initiatives ont été marquées par des tensions récurrentes avec des partenaires financiers, des actionnaires ou d’autres parties prenantes.
L’épisode Mwana Africa : une rupture retentissante avec les actionnaires
L’un des cas les plus documentés demeure celui de Mwana Africa, groupe minier présent dans l’exploitation du diamant, de l’or et du nickel sur le continent africain. Après plusieurs années à la tête de l’entreprise, Kalaa Mpinga est finalement écarté de la direction à la suite d’un vote de défiance organisé lors d’une assemblée générale extraordinaire ( https://www.jeuneafrique.com/234648/economie-entreprises/les-chinois-evincent-kalaa-mpinga-de-mwana-africa/ )
Cette éviction intervient dans un contexte de désaccords persistants avec certains actionnaires, notamment chinois. À l’époque, l’intéressé évoque lui-même des divergences profondes concernant la stratégie de développement du groupe ainsi que son mode de gouvernance. Pour de nombreux observateurs, cet épisode constitue l’une des illustrations les plus marquantes des difficultés relationnelles qui ont jalonné sa carrière, avec des partenariats se terminant souvent par des ruptures ouvertes.
La MIBA : Une implication dans un environnement sous haute tension
Le nom de Kalaa Mpinga apparaît également dans les discussions liées à la relance de la Minière de Bakwanga (MIBA), fleuron historique de l’industrie diamantifère congolaise. À cette époque, l’entreprise traverse une crise profonde, sur fond d’enjeux économiques, sociaux et politiques particulièrement sensibles ( https://lemaximum.cd/2015/11/20/economie/kalaa-mpinga-les-rawji-enfer-ou-paradis-mbuji-mayi-veut-la-relance-de-sa-miba/ )
Bien que ce dossier diffère sensiblement de celui de Mwana Africa, plusieurs analyses soulignent néanmoins un élément commun : la difficulté à construire et préserver des alliances durables dans des secteurs pourtant stratégiques pour le développement économique.
Un style de gouvernance régulièrement pointé du doigt
Au fil des années, certains analystes ont observé que les tensions entourant plusieurs projets auxquels Kalaa Mpinga a été associé ne peuvent être expliquées uniquement par la complexité des environnements d’affaires africains.
Selon eux, ces frictions répétées seraient également liées à un mode de gestion caractérisé par des confrontations fréquentes avec les autres acteurs impliqués dans les projets, qu’il s’agisse d’actionnaires, de partenaires financiers ou de décideurs institutionnels. Cette lecture alimente le débat sur la capacité à maintenir un consensus durable autour de projets nécessitant pourtant stabilité et coopération.
Le dossier PHC dans la continuité d’un historique mouvementé ?
Dans ce contexte, les controverses observées autour de Plantations et Huileries du Congo (PHC) apparaissent, pour certains observateurs, moins comme un cas isolé que comme le prolongement d’un parcours déjà marqué par plusieurs conflits de gouvernance.
Si chaque dossier possède ses spécificités juridiques, économiques et opérationnelles, les critiques formulées convergent souvent vers une même interrogation : celle de la capacité à préserver des partenariats solides et durables dans des secteurs où la confiance entre les différentes parties constitue un facteur déterminant de succès.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
