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Société

Permis de séjour à Kisenso : le bourgmestre Godet Atswel au centre d’une vive polémique

La commune de Kisenso, dans la ville de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, vibre actuellement au rythme d’une vive polémique provoquée par son bourgmestre Godet Atswel Muntungi qui, dans le cadre de la lutte contre le banditisme dans sa municipalité, aurait décidé d’instaurer un permis de séjour obligatoire, à toute personne non originaire de Kisenso, désireuse d’y séjourner temporairement.

Tout part d’une déclaration relayée dans les réseaux sociaux que le bourgmestre aurait faite à travers l’Agence Congolaise de Presse (ACP), le lundi 16 décembre dernier, laquelle déclaration sera à l’origine d’une vague des commentaires allant majoritairement dans le sens de critiquer et de condamner le Chef de l’Exécutif communal de Kisenso.

Le tollé provoqué par cette annonce a poussé le Bourgmestre Godet Atswel de revenir à la charge pour apporter une précision quant à ce, en signant, à la même date, un communiqué officiel à l’attention du public et des Chefs de Quartiers. La rédaction de CONGOPROFOND.NET s’en est procuré une copie.

« Le Bourgmestre de la Commune de Kisenso informe le public que rappelant l’opérationnalisation de Permis de séjour dans la Commune de Kisenso, la proposition d’octroi de ce document n’était qu’un projet qui demeure non traité par le Conseil Communal », indique-t-il dans ledit communiqué.

Et d’ajouter : « Cependant, les Chefs des Quartiers ont l’obligation de nous faire parvenir leurs rapports journaliers sur le mouvement de la population »

Aussi, convient-il de noter, que dans une vidéo relayée à travers les medias, Godet Atswel se rebiffe en soulignant que l’idée d’un permis de séjour ou de fiche d’identification n’était qu’une proposition faite au Conseil Communal, mais qui est vidée de tout son fondement, à l’heure actuelle, par l’opération « Ndobo » et les audiences foraines.

Soulignons que cette proposition a alerté l’opinion publique qui s’interroge sur la compétence d’un bourgmestre en cette matière, notamment la libre circulation et l’établissement des congolais dans le territoire national.

De leur côté, les juristes se sont invités au débat pour démontrer au Bourgmestre de la commune de Kisenso qu’il n’existe aucune disposition légale qui l’autorise à faire une telle proposition. C’est le cas de Maitre Willy Wenga qui s’est prononcé à ce sujet à travers la radio Top Congo.

Cependant, une frange de la population s’indigne du fait qu’en sa qualité de professeur d’université, de surcroit du domaine des Sciences Politiques et Administratives, qu’il puisse ignorer l’article 30 de la Constitution, qui stipule : « Toute personne qui se trouve sur le territoire national a le droit d’y circuler librement, d’y fixer sa résidence, de le quitter et d’y revenir, dans les conditions fixées par la loi. Aucun congolais ne peut être expulsé de territoire de la République, ni être contraint à l’exil, ni être forcé à habiter hors sa résidence habituelle ».

Rappelons qu’en avril 2023, toujours dans le cadre de la lutte contre le banditisme avec le phénomène Kulunas à Kisenso, ce dernier était également au centre d’une polémique qui lui avait couté une suspension. Pour avoir recommandé à la population, la légitime défense face aux kulunas, son discours a été assimilé à une incitation à la violence.

Bref, notons que ni le Bourgmestre, ni le Conseil Communal, n’a compétence en cette matière. En ce qui concerne la Commune de Kisenso, cette polémique n’a plus de raison d’être. L’instauration du permis de résidence ou de la fiche d’identification n’était qu’une proposition, mais non une décision.

Jules KISEMA KINKATU