À la Une
PDL-145T/Kwango : les organes de suivi du programme sont déjà opérationnels
Le bureau de l’antenne provinciale de la province du Kwango, servant de suivi et controle, a été installé mercredi 8 mars à l’issue de la première réunion organisée par la mission de contrôle de la Cellule des financements en faveur des états fragiles à Kenge, chef-lieu de la province. Bien avant cette cérémonie, le gouverneur de la province du Kwango, Jean Petipeti Samantha, a lancé le 27 février à Kenge 2 les travaux du PDL-145T dans sa province.

Le gouverneur du Kwango présidant la cérémonie du lancement des travaux du PDL-145T
Dans son adresse, lors du lancement des activités du PDL-145 T à Kenge 2 dans le territoire de Kenge, le gouverneur du Kwango, Jean- Marie Petipeti Samantha a invité les parties prenantes à s’approprier ce projet socioéconomique de base qui vient apporter le développement, corriger les disparités humaines durables et améliorer les conditions de vie de la population.

Pose de la 1ère pierre pour le lancement des travaux dans le Kwango
A cette occasion, le vice-gouverneur de la province de Kwango, représentant du Gouverneur empêché, a de prime abord remercié le chef de l’État, initiateur de ce projet combien salvateur pour le Kwango. Dans le même ordre d’idée, il a aussi témoigné sa gratitude à la CFEF pour le travail abattu dans l’execution des travaux du programme dans les coins inaccessibles de cette province. « Ce programme qui vise à relever la classe moyenne à avoir des infrastructures modernes surtout nos territoires qui sont difficiles à accéder est le bienvenu dans notre chère province. La population bénéficiaire de ce projet est devenue aujourd’hui acteur majeur de développement. J’invite l’opinion à prendre soin de ces infrastructures d’importance capitale pour donner la chance à nos enfants d’étudier dans les bonnes conditions et se faire soigner dans des endroits saints », s’est exprimé Saturne Tangandandu, vice- gouverneur de la province du Kwango.

Coupure du ruban symbolique par le vice- gouverneur du Kwango
Rappelons que la province du Kwango est issue du démembrement de l’ancienne province du Bandundu divisée en trois nouvelles provinces, dont le Kwango, le Kwilu et le Maï-Ndombe. Le Kwango a donc 5 territoires qui sont Feshi, Kahemba, Kasongo-Lunda, Kenge et Popokabaka. Malheureusement les routes sont en mauvais état.
Pour palier à cette situation, 5 motos et une Toyota 4X4 double cabine neuves ont été remises au vice-gouverneur pour la mobilité des membres du comité technique territoriale de Kenge et dans tout le Kwango devant faciliter et contrôler l’exécution des travaux du PDL-145T.

Remise moto pour le superviseur du territoire de Kenge

Toyota 4X4 double cabine pour le gouvernorat

Photo de famille de l’équipe de la CFEF avec le Vice-gouverneur ainsi que quelques membres du gouvernement provincial du Kwango
Compte tenu de son expérience, le Gouvernement de la République a choisi la cellule des financements en faveur des états fragiles (CFEF) parmi tant d’autres comme agence d’exécution des travaux de construction des infrastructures dans le cadre du PDL-145T.
Elda Along & Baby Mosha/ congoprofond.net
À la Une
Tribunal pénal économique et financier : Pour Me Carlos Ngwapitshi, la restitution des fonds détournés doit devenir la priorité
Depuis plusieurs décennies, la République démocratique du Congo est confrontée à une criminalité économique persistante. Détournements massifs de fonds publics, corruption systémique et blanchiment d’argent fragilisent les institutions et nourrissent un profond sentiment d’impunité dans l’opinion.
Pourtant, le droit congolais prévoit des sanctions sévères pour ces infractions : jusqu’à 20 ans de travaux forcés, la confiscation spéciale des biens et la restitution des fonds détournés.

Des sanctions théoriques, une restitution quasi inexistante
Dans une analyse récente, l’avocat Carlos Ngwapitshi Ngamashi met en lumière les limites de ce dispositif répressif.
Selon lui, les procès aboutissent souvent à des condamnations spectaculaires, mais rarement à une réparation effective du préjudice subi par l’État. « Le condamné purge sa peine, mais à sa sortie, les millions dissipés ne sont pas restitués », déplore-t-il, pointant ainsi un système judiciaire qui punit sans véritablement récupérer les ressources publiques perdues.
Les failles du système judiciaire actuel
Plusieurs facteurs expliquent cette inefficacité. D’abord, l’absence de mécanismes juridiques contraignants pour forcer la restitution des fonds détournés. Ensuite, la confiscation des biens reste généralement limitée à ceux officiellement enregistrés au nom du condamné, alors que les capitaux illicites sont souvent dissimulés à travers des prête-noms. Enfin, la corruption judiciaire peut conduire à une réduction significative des peines en appel, affaiblissant davantage l’effet dissuasif des sanctions.
La création d’un tribunal spécialisé

Face à ces limites, le président Félix Tshisekedi a récemment promulgué une loi instituant le Tribunal pénal économique et financier, accompagné d’un parquet général spécialisé.
Cette réforme dote le pays d’un instrument judiciaire dédié à la lutte contre la criminalité économique et financière, avec l’ambition de renforcer l’efficacité des poursuites contre les crimes en col blanc.
Les conditions d’une justice crédible
Cette innovation institutionnelle est saluée comme une avancée importante dans la lutte contre la prédation financière.
Toutefois, son efficacité dépendra de plusieurs conditions essentielles : garantir l’intégrité et l’expertise des magistrats appelés à siéger au sein de cette juridiction, assurer une rémunération conséquente accompagnée de primes éventuellement indexées sur les fonds récupérés, et offrir une protection sécuritaire renforcée aux responsables chargés de ces dossiers sensibles.
Un tournant décisif pour la justice congolaise

Pour Carlos Ngwapitshi, la création de ce tribunal doit s’inscrire dans une réforme plus ambitieuse. Il plaide notamment pour l’introduction de mécanismes tels que la médiation pénale, la confiscation générale des biens acquis illicitement, l’imprescriptibilité des crimes économiques ou encore la prison à perpétuité pour les cas les plus graves.
Le message serait alors clair pour les auteurs de détournements : restituer les fonds publics ou s’exposer à la perte totale des biens et à des sanctions irréversibles.
Dans un pays où la corruption a longtemps sapé la confiance citoyenne, la réussite de cette juridiction spécialisée pourrait marquer un tournant historique dans la restauration de l’autorité de l’État.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
