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PDL-145 T : La population riveraine du Kwango accueille avec allégresse les travaux de construction des infrastructures
Le Programme de Développement Local de 145 territoires (PDL-145T) lancé depuis le 27 février dans la province du Kwango connait un grand succès. Le cas du territoire de Popokabaka et de Kenge. Ces territoires de la province du Kwango, toujours solidaires et fières de leurs cultures, ont adopté un plan de mobilisation de la communauté servant à accueillir ce vaste programme initié par le chef de l’état, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Tout d’abord à Popokabaka, cette population estimée à 620 787 habitants est dotée de 16 infrastructures déjà en constructions en raison de 11 écoles, 5 centres de santé et 1 bâtiment administratif.

L’administrateur du territoire adjoint, Tshimanga Faustin, a aussi témoigné sa gratitude au chef de l’État. « Regardez dans quelles conditions nous travaillons ! Ce bâtiment est vraiment délabré et nous étions obligés de travailler dans ces conditions pour régler certains conflits trouvés. Aujourd’hui, le président de la République, Félix Antoine Tshilombo, a pris cette brillante idée de doter nos administrations des bâtiments qui répondent aux normes, nous en sommes fiers et lui disons vraiment grand merci. Popokabaka n’a rien et je pense que ce geste louable ne sera pas le dernier », dit-il.
C’est aussi le cas pour les habitants de Popo, dont Rinse, vendeur. « Nous n’avons rien ici à Popo. Aucun bâtiment qui répond aux normes, tout est en ruine et vétuste dans ce territoire. Nous avons constaté la construction des écoles primaires, un bâtiment administratif et un centre de santé. Nous pensions que c’était le gouverneur alors que c’est le gouvernement central ! Nous disons merci au chef de l’État qui n’est pas un natif d’ici mais qui a pensé à nous… », confie Rinse Mayamba, vendeur.

Le Cop et son équipe inspectant les travaux de construction du nouveau bâtiment administratif
Le PDL 145 T vient donner un nouveau souffle au territoire de Popokabaka qui au regard de son beau paysage ainsi que ses collines verdoyantes, présentait plutôt le visage d’un enfant abandonné.
Pour l’infirmière titulaire Alphonsine Mafu, c’est une joie énorme d’avoir un centre de santé pour les enfants de Popokabaka, car selon elle, le Centre de santé actuel de Popo 2 ne répond pas aux normes sanitaires en vigueur. « Nous avons passé plusieurs années en location, 25$ chaque fin du mois, c’est vraiment beaucoup pour nous. Aujourd’hui nous avons notre propre parcelle avec un nouveau Centre, c’est une joie énorme. Je remercie le chef de l’État pour ce geste grandiose. Nous avons accueilli ce vaste programme à bras ouverts », dit-elle.
Notons que les élèves de l’EP maman Ibangu, ceux de l’EP Tutondele, EP Kimvuka et Ngowa Tomisa, ont exprimé leur impatience d’utiliser leurs nouvelles salles de classes déjà en pleine construction.

Signalons que ce programme par le chef de l’État vise à améliorer le cadre de vie des populations rurales et réduire les inégalités comme la gratuité de l’enseignement primaire et la couverture santé universelle.
Sentiment de joie partagée par la population de Kenge, émue de voir toutes les infrastructures déjà à pied d’œuvre. Elle n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction.

« Les choses sérieuses ont commencé, nous palpons cette fois la réalité. Je demande aux Kwangolais de sécuriser toutes ces infrastructures parce qu’elles nous appartiennent », a déclaré Lucien Lufutu, président provincial du Cadre de concertation de la société civile du Kwango.
Dans deux écoles primaires, à savoir Ep3 Kimpangi au village Kilunda, et l’Ep2 Nto Luzingu à Kolokoso, les travaux évoluent bien.

Il faut noter, à la suite de Marie-Thérèse Yimbu, que la construction de ces écoles en matériaux durables est une première depuis l’époque coloniale. Ceci va favoriser l’accès à l’éducation aux enfants face à des anciennes infrastructures en pailles. Pour elle, c’est une initiative à accompagner. « Lorsque mon petit fils est venu m’annoncer la nouvelle, ma première réponse « lokuta, tika ba jeux » maintenant que moi-même je palpe du doigt la réalité, je ne peux que dire merci aux autorités et merci aux présidents de la République », s’est exprimée avec joie Marie-Thérèse Yimbu, parent d’élève.
La qualité des infrastructures scolaires influence les performances des élèves. Ainsi pour assurer la fonctionnalité du cadre d’apprentissage et garantir aux élèves une bonne expérience du temps passé dans les salles de classe (avant en pailles), le PDL-145T prévoit pour chaque école, la construction de 6 salles de classes avec une capacité de 40 places par salle, un bureau administratif, 1 salle polyvalente et un bloc sanitaire unique avec 3 cabines pour femmes et 3 pour hommes ainsi que les centres de santé. « Il est temps pour nous de recevoir des soins de qualité, nous allons apporter notre assistances aux travaux de construction pour montrer au président que nous sommes très contents de recevoir nos centres de sante modernes » a déclaré Maspain, agriculteur.
Elda Along & Baby Mosha/ CONGOPROFOND.NET
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Lutte contre les flux financiers illicites : La RDC muscle son arsenal judiciaire avec le projet LuCOFFI
La RD Congo intensifie sa riposte contre les flux financiers illicites. Sous l’impulsion du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, un ambitieux programme de renforcement des capacités a été lancé dans le cadre du projet LuCOFFI (Lutte contre les flux financiers illicites). Cette initiative, mise en œuvre avec l’appui de la coopération allemande à travers la GIZ et financée par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), vise à renforcer durablement les compétences des autorités d’enquête et de poursuite dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

La RDC sous pression du GAFI
Depuis octobre 2022, la RDC est placée sous surveillance renforcée du Groupe d’action financière (GAFI) en raison de lacunes identifiées dans son dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.
Dans ce contexte, le projet LuCOFFI s’inscrit directement dans le plan d’action exigé par cette organisation internationale, notamment au titre du Résultat Immédiat 7, qui concerne le renforcement des capacités des institutions chargées des enquêtes financières. À la fin de l’année 2025, près de 64 % des activités prévues avaient déjà atteint un niveau d’exécution compris entre 80 et 100 %, marquant des avancées significatives dans la modernisation des outils et méthodes d’enquête.
Former un noyau d’experts nationaux
Au cœur du programme figure la formation des formateurs (Train-the-Trainer) organisée à Kinshasa du 23 au 27 février 2026. Cette session intensive de cinq jours a réuni des membres sélectionnés de l’UNICEP ainsi que des représentants de la CENAREF, avec pour objectif de constituer un noyau national d’experts capables de transmettre à leur tour les compétences acquises.
Les participants ont été initiés à l’utilisation du manuel de procédure en enquête financière parallèle, un outil méthodologique destiné à structurer les investigations financières et à mieux articuler celles-ci avec les enquêtes pénales classiques.
L’entrée des technologies analytiques dans les enquêtes
L’une des innovations majeures de cette initiative est l’introduction du logiciel Tovek, un outil d’analyse et de visualisation avancée capable de traiter d’importants volumes de données financières. Grâce à ses fonctionnalités de cartographie relationnelle et de détection de connexions cachées, ce logiciel permet d’identifier des réseaux financiers complexes et de retracer des flux suspects souvent dissimulés dans des structures opaques.
Des démonstrations pratiques ont permis aux enquêteurs congolais d’expérimenter l’application de cette technologie sur des cas simulés inspirés de situations réelles, notamment dans les secteurs minier et financier.
Vers une meilleure coordination des institutions
Au-delà de la formation, le projet LuCOFFI prévoit plusieurs activités complémentaires entre février et avril 2026. Celles-ci incluent la finalisation et la validation des outils d’enquête, la supervision d’enquêtes pilotes, l’organisation de voyages d’étude dans des juridictions partenaires ainsi que la tenue d’un atelier consacré aux leçons apprises.
L’objectif est d’améliorer la coordination entre les différentes institutions impliquées dans la lutte contre les flux financiers illicites et de consolider les mécanismes de coopération nationale et internationale.
Un pas vers la sortie de la surveillance internationale
La phase actuelle du projet marque une étape décisive dans la consolidation des réformes engagées par la RDC. La création d’un pool national de formateurs, l’introduction d’outils technologiques avancés et l’amélioration des mécanismes d’enquête devraient contribuer à renforcer l’efficacité du système judiciaire face aux crimes financiers.
La soumission du rapport final du projet, prévue en avril 2026, dressera le bilan des avancées et proposera une feuille de route pour la poursuite des réformes. À terme, ces efforts pourraient permettre à la RDC de satisfaire aux exigences du GAFI et de sortir progressivement de la liste des pays sous surveillance renforcée.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
