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Politique

Paul Kagame orchestre l’Haïtisation de la RDC : le poison rwandais dans le corps congolais

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Paul Kagame mène depuis des décennies une guerre sournoise contre la RDC. Sous couvert de sécurité et de développement, il poursuit un objectif cynique : désintégrer la nation congolaise de l’intérieur, reproduisant le scénario haïtien – un État faible, fragmenté et ingouvernable – pour mieux piller ses ressources et assurer l’hégémonie régionale du Rwanda.

Cette stratégie, fondée sur la création et le financement de groupes armés dans l’Est de la RDC, est un crime contre l’unité et la souveraineté du peuple congolais. Pire, certaines autorités congolaises, par incompétence ou inculture, se rendent complices de cette machination en ne comprenant pas – ou en ne voulant pas comprendre – les risques encourus. Il y a une mécanique de la destruction avec le RDF/M23 comme instrument du chaos.

Le Rwanda nie son implication dans le conflit en RDC, mais les preuves sont accablantes. Des rapports des Nations Unies confirment que jusqu’à 4 000 soldats rwandais combattent aux côtés du RDF/M23, et que l’armée rwandaise exerce un contrôle de facto des opérations de ce groupe terroriste. En janvier 2025, le Rwanda a envoyé jusqu’à 12 000 soldats en RDC pour soutenir l’offensive du RDF/M23, qui a conduit à la chute de Goma et de Bukavu, deux villes stratégiques riches en minerais.

Cette invasion déguisée est une violation flagrante de la souveraineté congolaise. Le prétexte avancé par Kigali – protéger les Tutsis congolais contre les génocidaires hutus du FDLR – est un écran de fumée. La réalité est que le Rwanda utilise le RDF/M23 pour piller les ressources minérales de la RDC. Selon l’ONU, environ 120 tonnes de coltan sont exportées illégalement chaque mois du Congo vers le Rwanda par le biais du RDF/M23.

Le conflit sert ainsi à alimenter l’économie rwandaise et les réseaux de pouvoir de Kagame. Le Rwanda ne cherche pas à annexer directement l’Est de la RDC, mais à maintenir une instabilité chronique qui empêche toute consolidation de l’autorité étatique congolaise. En alimentant les conflits ethniques et en soutenant des milices rivales, Kagame assure que la RDC reste un État faible, incapable de contrôler son territoire ou de exploiter ses propres ressources.

Cette situation rappelle le scénario haïtien : un État vulnérable à toutes les ingérences extérieures. En instrumentalisant les tensions ethniques, le Rwanda sape toute possibilité de « vivre-ensemble » en RDC. La propagande de Kigali attise la haine contre les Tutsis, les présentant comme des « étrangers ou des agents du Rwanda ». Cette division affaiblit la cohésion nationale et rend toute réconciliation impossible.

Certaines autorités congolaises, par incompétence ou inculture, ferment les yeux sur la machination rwandaise. Elles signent des accords de paix sans s’assurer de leur application, ou collaborent avec le Rwanda pour des intérêts personnels. Cette incapacité à anticiper les risques fait d’elles des complices objectifs du chaos. La MONUSCO, présente depuis 1999, a échoué à protéger les civils.

Les pays occidentaux, dont les États-Unis, cherchent avant tout à sécuriser leur accès aux minerais critiques. Cette hypocrisie internationale favorise le jeu de Kagame. Entre juillet 2025, 319 civils ont été tués en l’espace de 12 jours par le RDF/M23 et l’armée rwandaise. Le conflit a déplacé plus de 7,8 millions de personnes à l’intérieur de la RDC, et 28 millions sont en situation d’insécurité alimentaire. Ces chiffres traduisent une tragédie humaine ignorée par la communauté internationale.

Les femmes et les filles sont victimes de violences sexuelles utilisées comme arme de guerre. Les enfants sont recrutés de force comme soldats. Le Rwanda et le RDF/M23 portent une responsabilité directe dans ces crimes. Paul Kagame est en train de réussir là où d’autres ont échoué : détruire la nation congolaise de l’intérieur. Cette stratégie de l’haïtisation est un crime contre l’avenir de millions de Congolais.

Les autorités congolaises doivent cesser leur jeu de dupes et prendre conscience de la menace existentielle que représente le Rwanda. La communauté internationale doit condamner avec force le régime de Kigali et sanctionner ses responsables – comme le ministre James Kabarebe, déjà sanctionné par les États-Unis. Enfin, il est temps de rappeler que l’incompétence et l’inculture des élites congolaises sont aussi criminelles que les actions de Kagame.

Elles portent une responsabilité historique dans la possible disparition de la RDC en tant qu’État unifié. Le peuple congolais mérite mieux qu’une élite incapable et traîtresse à sa tête. Il mérite la paix, la justice et la souveraineté. Le Rwanda de Kagame ne veut pas de la paix en RDC ; il veut un Congo faible, divisé et saigné à blanc. Et malheureusement, beaucoup dans la classe politique congolaise l’aident dans cette tâche.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Politique

Guillaume Ngefa Atondoko : l’inflexible gardien du Droit au service de la Justice du Peuple

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Il est des nominations qui sonnent comme des professions de foi. Celle de Guillaume Ngefa Atondoko au poste de Ministre d’État, Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, le 8 août 2025, est de celles qui redonnent espoir à tout un peuple en quête d’équité. Rares sont les personnalités dont le pedigree international et le courage personnel forcent autant le respect.

Ce juriste chevronné, diplômé de Columbia University et de l’Institut des droits de l’homme de Strasbourg, n’a pas attendu les ors de la République pour servir son pays. Dès les années 1990, alors que la dictature zaïroise étouffait toute velléité de liberté, il cofondait l’AZADHO (devenue ASADHO), bravant menaces et tentatives d’assassinat pour documenter les exactions. Son parcours à l’ONU, où il a piloté la Division des droits de l’homme de la MINUSMA au Mali avant d’en être expulsé pour son intransigeance, puis dirigé l’Examen Périodique Universel à Genève, a forgé en lui une cuirasse d’intégrité.

Aujourd’hui, c’est avec cette même intransigeance morale qu’il a accepté de relever le défi le plus périlleux de sa carrière : restaurer la foi des Congolais en leur justice. Conscient de l’immensité de la tâche dans un système judiciaire miné par la corruption et la lenteur, Guillaume Ngefa n’a pas perdu une minute pour poser les jalons de son ambitieux projet réformateur. Son action s’articule autour d’une vision claire : une justice de proximité, digitalisée et surtout indépendante.

Parmi ses premières initiatives marquantes, on note le renforcement immédiat de la coopération avec la MONUSCO pour l’humanisation du système pénitentiaire congolais, un dossier brûlant tant les conditions de détention sont souvent indignes. En recevant Patience Saï et en relançant les travaux du groupe technique sur la stratégie pénitentiaire, il a démontré que la modernisation des infrastructures carcérales et la protection des détenus, en particulier les femmes, figuraient au sommet de ses priorités.

Parallèlement, il travaille à la digitalisation de la chaîne judiciaire et à la réforme de la formation des magistrats, avec l’ambition affichée de faire de l’École de magistrature un creuset d’excellence éthique et non plus un simple lieu de passage. Mais au-delà des réformes techniques, c’est la dimension profondément humaine et politique de sa mission qui impressionne. Nommé dans un contexte de crise de légitimité suite aux affaires ayant éclaboussé son prédécesseur, il incarne un “pari risqué” sur l’éthique. Pourtant, cet homme qui a documenté les massacres des années 1990 et survécu à l’exil forcé sous Laurent-Désiré Kabila, aborde cette nouvelle bataille avec la sérénité des vétérans.

S’il se définit comme le “ministre du peuple”, c’est parce qu’il sait que la justice ne se décrète pas d’en haut ; elle se vit au quotidien dans les villages reculés et les quartiers populaires. En posant la première pierre d’une justice de proximité et en s’attaquant frontalement aux interférences politiques, Guillaume Ngefa Atondoko ne cherche pas à être populaire, mais à être utile. Et c’est précisément dans cette quête d’une justice intègre et souveraine que réside tout l’espoir d’un État de droit véritable en République Démocratique du Congo.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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