Diplomatie
Passeport congolais : un nouveau modèle biométrique plus sécurisé et moins cher dès le 5 juin
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a lancé, mardi 27 mai 2025, un nouveau passeport biométrique conforme aux normes de sécurité internationales. L’objectif affiché : faciliter l’accès aux documents de voyage tout en renforçant la protection des données personnelles.
Dès le 5 juin prochain, les citoyens congolais pourront obtenir ce nouveau passeport au tarif réduit de 75 dollars américains, soit environ 215 000 Francs congolais. Un prix revu à la baisse, décidé par le président Félix Tshisekedi lors du Conseil des ministres du 11 avril, en réponse aux critiques récurrentes sur le coût jugé prohibitif de l’ancien passeport.
Ce nouveau document intègre des dispositifs technologiques avancés : micropuce RFID sans contact, page de données en polycarbonate, hologrammes et filigranes de sécurité. Il passe également de 32 à 38 pages, une amélioration notable pour les voyageurs réguliers.
Selon la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, cette réforme répond à une double exigence : améliorer l’accessibilité et renforcer la fiabilité des documents de voyage. Le passeport est désormais conforme à la norme 9303 de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), garantissant une meilleure protection des données personnelles.
L’ancien passeport reste valable jusqu’à son expiration, mais ne sera plus délivré. Les demandes se feront exclusivement en ligne via le site officiel du ministère, à partir du 5 juin. Des centres de capture biométrique sont déjà opérationnels à Kinshasa, et leur déploiement se poursuivra dans d’autres provinces.
Enfin, la vente des anciens formulaires a été suspendue depuis le 27 mai. Le gouvernement assure que toutes les demandes déjà en cours seront traitées sans frais supplémentaires.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Actualité
A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
