Actualité
» On doit arrêter cette blague ! « , Corneille Nangaa soutient, à son tour, la levée de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu
Corneille Nangaa Yobeluo, notable de l’ancienne province Orientale soutient la levée de l’état de siège instauré en Ituri et au Nord-Kivu depuis plus de 2 ans. Partant du récent massacre de 46 déplacés à Lala (Djugu), il estime que la population civile a été plus tuée pendant l’état de siège qu’avant ce régime spécial.
Pour cet ancien président de la CENI entre 2015 et 2021, voir des déplacés être massacrés est un signe de l’abandon de l’État. D’où, estime t-il, le gouvernement actuel « mérite de démissionner ! ».
Qualifiant d’une blague ce régime, Nangaa veut voir l’Etat prendre ses responsabilités notamment en renforçant les FARDC que de « dorloter les groupes armés », avec qui, selon lui, « on ne doit pas négocier ».
« C’est très grave ce qui se passe et inacceptable », déclare-t-il.
Ce énième souhait de voir l’état de siège être levé intervient pendant que les représentants des sociétés civiles, assemblées provinciales, cabinets des gouverneurs de l’Ituri et du Nord-Kivu, ont, à Kinshasa, débuté depuis lundi 19 mai 2023, les travaux préliminaires pour la requalification de l’état de siège.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Politique
Andy Bemba charge Joseph Kabila : « Une incohérence politique au service d’intérêts cachés »
Dans une sortie médiatique au ton incisif, Andy Bemba, président national du parti « Nouvelle Pensée » (NP), s’est exprimé ce vendredi 1er mai 2026 à la suite du discours de Joseph Kabila, intervenu après les sanctions qui lui ont été infligées par les États-Unis. Cette réaction s’inscrit dans un contexte politique particulièrement délétère, marqué par des tensions persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo. « Ces sanctions américaines renforcent ma détermination à défendre la RDC », a déclaré l’ancien chef de l’État.
Selon Andy Bemba, les propos de Joseph Kabila traduisent une contradiction manifeste, voire une duplicité politique difficilement défendable. « Lorsque le président honoraire parle de dictature tout en semblant s’aligner avec une rébellion impliquée dans les violences à l’Est, cela révèle une incohérence majeure dans son discours », a-t-il affirmé, dénonçant une posture qu’il juge à la fois ambiguë et stratégiquement orientée.
L’ancien président, qui a dirigé le pays durant près de deux décennies, se retrouve aujourd’hui au cœur de vives critiques, notamment en raison de positions jugées paradoxales. Pour Andy Bemba, cette attitude est d’autant plus problématique qu’elle émane d’une figure ayant longtemps incarné l’autorité suprême. « Un patriote, et plus encore un ancien président après 18 ans de pouvoir, ne peut agir de la sorte », a-t-il martelé, soulignant une dissonance entre les discours et les actes.
Au-delà de la critique politique, Andy Bemba va plus loin en prêtant à Joseph Kabila des motivations moins avouables. « Derrière le discours sur la dictature se cache en réalité la défense d’intérêts personnels », a-t-il soutenu, évoquant une instrumentalisation du registre démocratique à des fins stratégiques.
Cette charge, aux accents particulièrement sévères, met en lumière les fractures profondes qui traversent la scène politique congolaise. Elle interroge également la crédibilité des prises de position des anciens dirigeants, surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans des dynamiques perçues comme contraires à l’intérêt national.
Dans un climat politique où les discours rivalisent avec les non-dits, la frontière entre conviction et calcul semble plus que jamais ténue, laissant planer le doute sur la sincérité des engagements affichés.
Blaise Abita Etambe / CongoProfond.net
