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Politique

Nord-Kivu : Pour bien honorer la disparition de notre frère Idengo, nous allons continuer sa lutte ! (Rémy Mukweso)

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Les derniers hommages ont été rendus au rond point VGH de Butembo, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, ce samedi 22 mars 2025 à l’artiste révolutionnaire Delcat Idengo, l’un de plus populaires du grand Nord de la province du Nord-Kivu. Plusieurs personnes se sont rassemblées à ce rond-point pour cette fin et parmi elles, le député national Rémy Mukweso, qui s’est déplacé de Kinshasa jusque dans son fief.

Pour cet élu du peuple, la lutte d’Idengo est une lutte que lui-même incarne, une lutte pour la souveraineté. Remy Mukweso regrette sa disparition et pense que pour bien honorer sa mémoire, il faut continuer sa lutte.

« La population a montré combien de fois, nous avons besoin de la paix et comme je vous ai dit, la lutte d’Idengo, c’était en fait pour le retour de la paix. Sa disparition a beaucoup touché la population qui est victime de cette guerre nous imposée par nos agresseurs qui est le Rwanda. Lorsqu’Idengo est mort, certains pensaient que c’est un rêve, mais aujourd’hui je viens moi-même de voir le corps, c’est une réalité. Mais sa disparition ne va pas nous décourager au contraire ça va nous révolter et pour bien honorer notre frère Idengo, nous allons continuer sa lutte pour que notre pays retrouver sa dignité, sa souveraineté, pour que nos terres que nos ancêtres nous avaient léguées que nous puissions les protéger », a-t-il affirmé.

C’est ainsi qu’il demande à tout le monde de s’approprier la lutte de cet artiste musicien. Le meilleur élu de la ville commerciale du Nord-Kivu estime que cet artiste a mené une bonne lutte à travers ces chants comme lui aussi le fait et continue à le faire au parlement en cherchant la paix aux côté de ses collègues députés, surtout mettre fin au M23 qui a ôté la vie à ce jeune musicien révolutionnaire.

« Moi-même comme Idengo, nous avons fait la rue ensemble. J’ai été militant de la Lucha, nous avons fait cette lutte de la révolution, aujourd’hui je suis député. Donc, c’est une autre forme de faire la lutte. Aujourd’hui, je peux vous rassurer que tous les députés qui sont à Kinshasa, surtout ceux du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, nous sommes entrain de lutter pour que la paix revienne », a ajouté Remy Mukweso.

Après les derniers hommages à Butembo, le cortège funèbre s’est dirigé à Beni pour les mêmes fin et son inhumation va intervenir, sauf changement de dernière minute, à Oïcha où il est né, au début de la semaine prochaine, apprend-t-on des organisateurs.

Pour rappel, l’artiste musicien révolutionnaire Delcat Indengo a été fusillé en plein journée du 13 février 2025 dans un quartier périphérique de Goma après sa sortie de la prison de Munzenze lors de l’entrée de cette rébellion dans cette ville volcanique. La veille de sa mort, il venait de sortir une chanson hostile au M23 et qui était devenue virale sur les réseaux sociaux.

Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET

Actualité

Sanctions, souveraineté et rhétorique de résistance : José Makila tacle les sanctions américaines infligées à Joseph kabila 

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Dans une sortie au ton résolument offensif, José Makila Sumanda, président de l’Alliance des Travaillistes Congolais pour le Développement (ATD), ancien ministre des Transports sous Joseph Kabila et figure du mouvement « Sauvons la RDC » né du conclave de Nairobi en 2025, a livré une diatribe vigoureuse contre les sanctions du Trésor américain visant l’ancien chef de l’État congolais. 

Derrière cette déclaration, se dessine une posture politique articulée autour de la souveraineté nationale, mais aussi une lecture profondément critique des dynamiques géopolitiques contemporaines.

D’emblée, Makila Sumanda rejette toute interprétation neutre de ces sanctions, qu’il qualifie de « politiquement motivées » et d’expression d’une « ingérence étrangère permanente ». À ses yeux, il ne s’agit pas d’un simple mécanisme de pression diplomatique, mais d’un instrument stratégique visant à « affaiblir la République Démocratique du Congo ». 

En convoquant un registre lexical empreint de gravité et de solennité, il inscrit son propos dans une tradition discursive où la défense de la souveraineté devient un impératif quasi existentiel.

Cette dénonciation s’accompagne d’une mise en cause implicite du pouvoir en place à Kinshasa, accusé de passivité, voire de complaisance. « Cette dérive est inacceptable », martèle-t-il, suggérant que l’absence de réaction ferme pourrait être interprétée comme une forme d’acquiescement tacite.

Une telle affirmation révèle les lignes de fracture internes qui traversent aujourd’hui le paysage politique congolais, où la question de la légitimité et de l’autonomie décisionnelle demeure centrale.

Par ailleurs, Makila Sumanda mobilise une rhétorique historique pour réhabiliter la figure de Joseph Kabila. Il rappelle qu’à « seulement 29 ans », celui-ci aurait hérité d’un État en déliquescence, pour ensuite œuvrer à sa stabilisation. Cette relecture, qui confine à une forme de réhabilitation politique, vise à contrer les narratifs externes jugés « biaisés » et à restituer au peuple congolais le monopole de l’évaluation de son histoire. « Seul le peuple congolais possède la légitimité », insiste-t-il, érigeant ainsi la souveraineté populaire en principe cardinal.

Cependant, au-delà de la défense d’un homme, c’est bien une vision du monde qui se déploie. Les sanctions sont présentées comme les symptômes d’un système international inégalitaire, où les grandes puissances s’arrogeraient le droit de « s’ériger en arbitres ». Cette posture critique, qui frôle parfois le souverainisme radical, s’inscrit dans une longue tradition de défiance vis-à-vis des ingérences occidentales en Afrique.

La répétition incantatoire du « Non » « Non à l’ingérence étrangère », « Non aux injonctions politiques » confère au discours une dimension performative, presque militante. Elle traduit une volonté de mobilisation collective face à ce qui est perçu comme une menace systémique.

En définitive, cette prise de position illustre moins un simple désaccord diplomatique qu’un affrontement de narratifs : d’un côté, une logique internationale de sanctions présentée comme régulatrice ; de l’autre, une revendication farouche d’autodétermination. Et dans cet entrelacs de discours et de rapports de force, une question demeure en suspens : « la souveraineté proclamée peut-elle réellement s’exercer dans un monde interdépendant, ou n’est-elle qu’un idéal sans cesse réaffirmé face à des contraintes inéluctables ? »

Blaise ABITA ETAMBE/CongoProfond.net

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