Provinces
Nord-Kivu : les chefs coutumiers appelés à jouer leur rôle dans la paix durable
Les chefs coutumiers du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, ont pris part à un atelier de sensibilisation et de conscientisation pour la paix durable et la cohésion nationale. Cette rencontre s’est tenue, ce 31 mai à la salle Bercy Kowa de Butembo, à l’initiative du Forum d’initiatives pour les communautés locales (FICL).
Dans son mot d’ouverture, Therya Awite Stanislas, chef de division unique à la mairie de Butembo, a exhorté les chefs de clans, gardiens de coutume et tenanciers des terres à respecter les textes juridiques régissant le statut des autorités coutumières.
« Je profite de cette occasion pour vous rappeler les différents textes juridiques fixant le statut des chefs coutumiers. Ces textes reconnaissent l’existence de personnes attitrées pour accomplir les rites coutumiers et gérer les terres. Il est impératif de s’approprier les actions des autorités légalement établies, engagées dans la recherche de la paix dans nos entités coutumières respectives », a-t-il déclaré.
Organisé par le FICL, cet atelier d’une journée visait à renforcer la participation des leaders traditionnels à la résolution pacifique des conflits et à la restauration de la paix dans l’Est du pays, en valorisant les pratiques coutumières.
Kakule Bayengo André, coordonnateur du FICL pour le Nord-Kivu et l’Ituri, a rappelé le rôle déterminant que peuvent jouer les coutumiers.
« Les chefs coutumiers disposent de nombreuses stratégies pouvant contribuer à la paix et à la cohésion sociale. Je pense notamment aux rites, qui peuvent avoir un impact réel, même invisiblement. Certains rites peuvent servir à mettre fin à une guerre ou à punir un fauteur de troubles », a-t-il expliqué.
À l’issue des échanges, les participants ont unanimement pris l’engagement de conjuguer leurs efforts pour soutenir les autorités du pays dans la quête de la paix et de la cohésion communautaire, tant dans leurs entités respectives que dans l’ensemble de l’Est de la RDC.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET
Actualité
« On veut me salir politiquement ! » : Crispin Mbindule rejette les accusations de soutien aux groupes armés
Le député national Crispin Mbindule rejette fermement les accusations selon lesquelles il entretiendrait des groupes armés dans la région de Butembo, au Nord-Kivu. Face à la presse, l’élu dénonce une campagne de discrédit politique orchestrée, selon lui, pour ternir son image et réduire au silence ses prises de position sur le changement de la Constitution.
Le parlementaire affirme que son engagement auprès des militaires des FARDC et des wazalendo relève uniquement de l’effort de guerre contre les groupes armés et l’agression étrangère dans l’Est de la République démocratique du Congo.
« Lorsque j’achète des vivres pour les militaires FARDC et pour les wazalendo qui sont au front afin qu’ils puissent résister face à l’ennemi, le gouverneur appelle cela un soutien aux milices. C’est totalement faux », a martelé Crispin Mbindule.
Le député rappelle qu’il s’est toujours présenté comme un opposant aux rébellions ayant déstabilisé l’Est du pays, bien avant l’accession du président Félix Tshisekedi au pouvoir. Il considère ainsi son implication actuelle comme un devoir patriotique et légal en tant qu’élu national.
« Aujourd’hui, comme député national, j’ai l’obligation de contribuer à l’effort de guerre. Ce patriotisme ne peut pas être transformé en accusation politique », a-t-il déclaré.
Dans son intervention, Crispin Mbindule est également revenu sur ses anciennes relations avec l’actuel gouverneur militaire du Nord-Kivu. Il évoque notamment leur parcours universitaire commun ainsi que leur militantisme au sein d’une association de jeunes opposés à l’agression rwandaise.
Selon lui, leurs divergences seraient apparues lorsque le gouverneur aurait choisi de rejoindre la rébellion du RCD, alors que lui-même affirme être resté engagé dans la défense de l’intégrité territoriale du pays.
« Ce débat est politique et démocratique, mais il ne doit pas conduire à la persécution des opposants d’opinion », a soutenu l’élu de Butembo.
Très critique envers les méthodes du gouvernorat militaire, Crispin Mbindule appelle les autorités provinciales à privilégier le dialogue démocratique plutôt que « la voie des menaces et des services de renseignements ».
Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
