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Nord Kivu : le ministre provincial de l’Intérieur soupçonné d’être le commanditaire d’un groupe armé à Masisi/Bashali
Le ministre provincial de l’Intérieur du Nord Kivu, Sebishimbo Rubuga Jean Bosco, est soupçonné d’être le commanditaire du groupe armé qui terrorise le Masisi/Bashali.
En effet, dans une plainte adressée au Gouverneur de la province du Nord Kivu, Carly Kasivita, par le Cabinet d’avocats Baumbilia et Associés au nom du Mwami Kaembe Indwe IV, chef coutumier du groupement Bashali/Kaembe, ce cabinet accuse le ministre provincial d’avoir transféré un sms dudit chef coutumier le prévenant de la détérioration de la situation sécuritaire dans son secteur, notamment l’occupation du village Tunda Lubale par le Nyeganyega (Munyamariza,
Appolo, etc.), à ces seigneurs de guerre.
« Malencontreusement et contre toute attente, en date du 23 novembre à 21h04 le même message fut renvoyé à mon client par une source sûre dont je souhaite cacher son identité. Pire encore toujours en date du 23 novembre 2020, les notables du Mwami Kaembe ont commencé à recevoir les menaces de la part de Munyamariza et Appolo, et à ce jour Appolo et Munyariba ne cessent d’appeler toute personne qui connaît mon client pour faire passer le message », explique la plainte du Me Dutronc Mamfa.
C’est pourquoi, le Mwami Kaembe, par le biais de ses avocats, note que les agissements du Ministre Sebishimbo Rubuga frisent qu’il est commanditaire des exactions commises par Munyamariza et Appolo dans le Masisi. Raison pour laquelle, ils demandent sa révocation et mise à la disposition de la justice.
De son côté, le mouvement citoyen LUCHA exige au Gouverneur du Nord Kivu, la suspension dudit ministre.
« Nous demandons au MP de prendre au sérieux la plainte et exigeons au gouverneur de suspendre le ministre Sebishimbo pour raisons d’enquêtes », dit la Lucha.
Thierry Mfundu/CONGOPROFOND.NET
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“Vous prenez un grand risque” : le flagrant délit de mensonge des deux renseignants met la Cour militaire en alerte
Dès l’entame à 13h40 de cette audience du 16 Avril 2026 du procès “des enfants Mushobekwa”, l’atmosphère feutrée de la Cour militaire de Kinshasa s’est brutalement tendue lors des auditions de Claudien Lifoma Likulia âgé de 18 ans et de Sakina R. Présentés comme les pivots de cette nuit du 21 décembre 2025, les deux jeunes tourtereaux – majeur et mineur – ont livré des déclarations si confuses et évolutives que le Premier Président de la Cour a été contraint de suspendre l’audition pour un rappel à l’ordre cinglant.
“Si nous étions en présence de majeurs, il y aurait eu un autre procès pour mensonge devant cette Cour”, a tonné le magistrat, visiblement irrité par les silences gênés et les contorsions sémantiques de Mademoiselle Sakina. Interrogée sur sa capacité à distinguer les cris de douleur des enfants frappés dehors, la jeune fille, pourtant âgée de 17 ans et demi, a longuement soutenu ne pouvoir “rien distinguer”, avant de se rétracter sous la pression du Président qui rappelait ses précédentes dépositions où elle évoquait des “cris de pleurs”.
L’incohérence la plus flagrante a porté sur la nature des relations entre Sakina et Claudien Likulia ainsi que sur leurs échanges postérieurs aux faits. Alors que Claudien Lifoma Likulia affirmait n’avoir jamais repris contact avec Sakina après avoir été roué de coups – car “elle avait comme les autres filles tout entendu” –, l’audience a révélé une tout autre réalité. Pressée de questions par le Président sur ses fréquentations depuis l’incident, Sakina a fini par avouer, non sans une gêne palpable, qu’elle s’était rendue “plusieurs fois” dans la concession des Likulia pour prendre des nouvelles de Claudien.
Un aveu accablant qui contredit frontalement la version du jeune homme et dépeint une complicité maintenue bien au-delà de la simple camaraderie. Cette relation post-traumatique privilégiée contraste brutalement avec le sort réservé à Malaïka, la fille de Philémon Mambabwa et “meilleure amie” de Sakina, avec qui les échanges sont désormais strictement limités à des “messages texte au téléphone”. L’attitude des deux renseignants a été perçue par la Cour comme une tentative manifeste de minimiser leur propre rôle dans l’organisation de la rencontre nocturne clandestine.
Si Sakina a reconnu s’être entendue avec Malaïka et Léonnie pour “tromper” Philémon Mambabwa, elle s’est enfermée dans un mutisme sélectif dès qu’il s’agissait de décrire la brutalité policière. Son utilisation du terme “brut” pour qualifier l’action des agents – terme qu’elle a refusé d’assimiler à “brutalité” ou “violence” – a suscité l’ironie mordante du Premier Président : “Vous ne parlez pas lingala et vous n’êtes jamais allée au marché, d’où tenez-vous ce mot ?”. Cette tentative de dédouanement aérien, couplée aux mensonges par omission, a placé les deux témoins dans une position juridiquement inconfortable, sauvés in extremis par leur statut de mineur pour l’une et de jeune majeur pour l’autre.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
