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Nord-Kivu : Au secours, Masisi déconnecté du monde depuis près d’une année !
Outre la cauchemardesque situation sécuritaire qui prévaut dans l’Est de la Rd Congo, le chef-lieu du territoire de Masisi portant le même nom (Masisi-Centre) et plusieurs autres villages sont dépourvus des réseaux de télécommunications depuis près d’une année, soit depuis le début de l’année 2024 jusqu’à ce 13 décembre courant. Ce cri d’alarme est des habitants du territoire de Masisi qui ne savent plus à quel saint se vouer.
D’après ces derniers, ils sont déconnectés du monde et ne savent plus joindre les leurs vivant au pays tout comme à l’étranger, à la suite de la coupure totale des réseaux de télécommunications dont Vodacom, Orange et Airtel.
« Nous demandons au gouvernement congolais d’ouvrir la route Masisi-Goma afin de permettre aux sociétés de télécommunications d’accéder aux sites (antennes) qui alimentent Masisi, car ils seraient endommagés au cours des combats opposant les terroristes du M23 soutenus par le Rwanda contre les Wazalendo – FARDC », a lancé un leader d’opinion qui n’a pas voulu que son nom soit cité.
Par ailleurs, diverses sources proches des sociétés de télécommunications précitées, renseignent que la panne n’est pas encore détectée mais les techniciens s’activent pour que la connexion revienne dans un délai meilleur.
Cependant, d’autres font savoir que l’inaccessibilité de Masisi passant par le site touristique de Mushaki qui est sous occupation du M23 depuis décembre 2023 dernier, serait le blocage pour ces réseaux de ne pas favorablement répondre au besoin de la population privée de son droit de communication.
Rappelons également que la route Masisi – Goma est dans un état piteux caractérisé par des éboulements et érosions difficiles à maîtriser par le gouvernement provincial qui avait pourtant donné le go des travaux de réhabilitation de la route Goma – Walikale, depuis maintenant 4 ans mais sans effet. D’où, seulement des motos et quelques véhicules légers qui y traversent péniblement.
Cedrick Sadiki Mbala
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
