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Sécurité

Nord-Kivu : 5 ans après son instauration, un activiste qualifie l’état de siège d’ « un échec cuisant » et exige sa levée

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Alors que la province du Nord-Kivu vit sous le régime exceptionnel de l’état de siège depuis près de cinq ans, des voix s’élèvent pour dénoncer son inefficacité et réclamer un retour à la gouvernance civile. Dans une déclaration au ton ferme, l’activiste pro-démocratie Jack Sinzahera fustige une gestion qu’il qualifie de « système de pillage face à une population meurtrie ».

Dès l’entame de son message, il dit s’interroger si « l’État de siège au Nord-Kivu ! Un complot, ou soit un système de pillage face à une population meurtrie. » Pour lui, la province « traverse une gouvernance militaire incapable de mettre fin à l’insécurité selon la loi sur l’état de siège ». Il estime que les animateurs actuels « sont limités et la seule option pour eux c’est le développement et l’administration qui sont contraires à la mission réelle de l’état de siège ».

L’activiste dresse un bilan sévère de ces années sous administration militaire. « Après presque 5 ans aucune localité ni village récupéré par les militaires au Nord-Kivu, au contraire le Sud-Kivu aussi est dans la même situation que le Nord-Kivu pourtant aucune mesure exceptionnelle n’est envisagée pour les opérations militaires », affirme-t-il. Comparant la situation entre les deux provinces, il soutient que « contrairement au Sud-Kivu où il n’y a pas l’état de siège, il y a une résistance et du sérieux dans les opérations militaires tandis qu’au Nord-Kivu la population continue de vivre le massacre pourtant dirigée par les militaires à tout le niveau ».

S’adressant directement au chef de l’État, Félix Tshisekedi, Jack Sinzahera parle d’« échec cuisant ». « Excellence Monsieur le Président de la République l’état de siège est un échec cuisant et une honte pour la République, il doit être levé pour que la province retrouve sa gouvernance normale », écrit-il. Avant d’ajouter que « si vous trouvez que l’état de siège a sa raison d’être elle doit aussi être instauré au Sud-Kivu aussi car le Sud-Kivu traverse la même situation que le Nord».

Dans son argumentaire, l’activiste met en cause la gestion financière et administrative du régime exceptionnel. « Monsieur le président aucun militaire ne se battra jamais avec dévouement et patriotisme sachant que son semblable est dans le bureau climatisé entrain de récolter des taxes et impôt à la population », déclare-t-il, et suggére qu’il faut « veiller déclarer le Nord-Kivu une zone sinistrée pour permettre au militaire au front et ceux qui gouvernent la province d’être au même rang sociale et financier».

Depuis la ville de Goma, il dénonce également des pratiques assimilées à des abus. « L’état de siège s’est plongé à la spoliation des parcelles et les tracasseries à travers des taxes sans contrepartie et non répertoriées dans la loi de finances », affirme-t-il, citant « la taxe de tourisme qu’on fait payer à toutes les barrières en voulant quittant Beni (5km Paida et Mukulya) pourtant le tourisme c’est un voyage de loisir et d’amateurisme ».

Au-delà de la critique, le message se veut un appel à l’action. « Nous pensons qu’il est temps de mettre fin à cette mesure pour que les militaires puissent se concentrer sur la guerre pour un retour effectif de la paix », insiste-t-il. Il interpelle également les parlementaires, car selon lui, si dans l’état de siège n’est pas levé dans un mois, ils seront priés de quitter l’hémicycle. « À nos députés nationaux et sénateurs si dans un mois on ne met pas fin à l’état de siège nous vous prions de quitter l’hémicycle et venir tous à Beni rester avec les militaires pour un retour effectif de la paix», dit-il.

Cette prise de position relance ainsi le débat sur l’efficacité de l’état de siège dans l’est de la République démocratique du Congo, alors que la population du Nord-Kivu continue de faire face à une insécurité persistante et à de profondes attentes en matière de paix et de gouvernance, surtout avec la guerre de l’AFC-M23.

Franck Kaky

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RDC : le P-DDRCS réinsère 4 875 ex-combattants réinsérés depuis janvier 2025, dont 1500 en Ituri et 151 entre Maluku et Mai-Ndombe

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Le coordonnateur national du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement communautaire et Stabilisation (P-DDRCS), Jean‑Dieu Désiré Nyanga Ntita, a présenté le 9 mars 2026 un bilan chiffré des activités du programme lors d’un briefing organisé à la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC). Il a indiqué que depuis la reprise en main du programme en janvier 2025, 4 875 ex-combattants ont déjà été réinsérés dans la vie civile.

Selon le coordonnateur, cette progression résulte d’une accélération des opérations de désarmement et de démobilisation à travers le pays. « Avec les deux premiers mois de l’année 2025, cela nous a amené jusqu’à 4 875 ex-combattants réinsérés », a-t-il précisé, évoquant une amélioration notable de la chaîne de prise en charge.

La répartition des bénéficiaires montre une forte concentration dans les zones affectées par les conflits. La province de l’Ituri arrive en tête avec 1 500 ex-combattants, suivie du Nord-Kivu (838) et du Tanganyika (653). Le programme s’est également étendu vers l’ouest du pays pour répondre au phénomène des groupes Mobondo.

Dans cette optique, des opérations ont été menées à la frontière entre Kinshasa et la province du Mai-Ndombe. « Au niveau de la frontière de la ville de Kinshasa et du Mai-Ndombe, spécifiquement à Maluku, nous avons traité 151 clients », a expliqué Jean-Dieu Désiré Nyanga Ntita.

Le responsable du P-DDRCS a par ailleurs salué l’appui du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa, soulignant que les opérations de démobilisation sont financées entièrement par des ressources nationales. « Le programme est financé à 100 % pour ce qui est des démobilisations avec des fonds de notre pays », a-t-il affirmé, précisant que chaque arme récupérée est identifiée, certifiée et stockée dans les dépôts des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Exaucé Kaya

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