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Justice

Nord-Kivu : 31 défenseurs judiciaires prêtent serment au TGI de Butembo

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Le Tribunal de grande instance de Butembo, une ville du Nord-Kivu (TGI), a organisé ce vendredi 27 février 2026, la cérémonie de prestation de serment de 31defenseaires judiciaires dont 6 femmes.Au cours de cette cérémonie qui s’est déroulée dans la salle d’audience de cette juridiction, les récipiendaires ont promis respecter la constitution, obéir aux lois, de rien dire ou publier le contraire aux lois, aux décisions judiciaires et tout ce qui se rapporte à la justice.

« Je jure de respecter la constitution, d’obéir à la loi, de ne rien dire où publier de contraire aux lois, aux décisions judiciaires, aux bonnes mœurs, à la sécurité de l’État et à la paix publique, de ne jamais m’écarter du respect dû aux tribunaux, aux magistrats et aux autorités publiques, de ne conseiller ou défendre aucune cause que je ne croirais pas juste en mon âme et conscience« , ont-ils juré.

Le président du tribunal de grande instance de Butembo, Magistrat Kakule Kausa Jean De Dieu, a, reçu leur serment avant de les féliciter et les a prodigué quelques conseils notamment être des véritables pont entre les justiciables et la justice.

De son côté, le Syndic du corps des défenseurs judiciaires près le TGI de Butembo, Me Modeste Kamwira, a invité ces nouveaux auxiliaires de la justice à respecter leurs obligations en respectant la déontologie.Il a souhaité les voir vraiment prester au prétoire pour défendre les causes et non de lancer dans d’autres activités comme le commerce.

« Respectez les termes de référence de ce serment.En respectant ce serment, la profession de noblesse de défenseur judiciaire, vous sera facile et vous respecterez ce serment en observant vos obligations.Pas plus tard que hier, nous avons eu une séance de déontologie avec vous même si c’était un survolé mais nous avons rappelé les devoir d’un défenseur judiciaire.Le droit à ma connaissance, vous le maîtrisez deja déjà.En second lieu, vous paraissez bon dans ce costume professionnel que vous avez porté à ce jour.Je souhaiterez que ça ne soit pas la première et la toute dernière fois, parce qu’il arrive que le tribunal reçoit le serment des défenseurs judiciaires et après, ceux-ci s’envont à Yakoma ou à Dungu pour le commerce.Je sais que vous ne ferez pas pas ça et vous serez les habitués du prétoire, dès demain ou après demain nous vous verrons défiler à la barre pour défendre les causes juste comme le serment l’a dit à votre âme et conscience« , a-t-il conseillé.

Cette prestation de serment arrive dans un contexte tendu entre le corps des défenseurs judiciaires près le TGI de Butembo et le procureur du parquet près la même juridictions.Ils viennent de faire plus de 6 mois depuis qu’ils sont en grève et récemment le départ du Magistrat Ngoy Mwilambwe Alain, qu’ils accusent d’excès du pouvoir dans l’exercice de ses fonctions et d’incompétence.Ce que l’incriminé a toujours nié.

Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET

Actualité

Responsabilité introuvable : À ce stade du procès, personne n’a établi que Philémon Mambabwa a ordonné de frapper ou séquestré qui que ce soit

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Alors que la Cour militaire s’achemine vers la phase des plaidoiries, un constat factuel s’impose avec une acuité dérangeante : en près de huit audiences, aucun témoignage ni aucune pièce versée au dossier n’a permis d’établir un lien direct et univoque entre Philémon Mambabwa et les violences physiques subies par les enfants Mushobekwa.

L’audition des deux principaux renseignants, Sakina R. et Claudien Likulia, loin de clarifier la chaîne de commandement, a plutôt semé le trouble sur l’implication personnelle du prévenu. Sakina a été formelle devant le Ministère Public : “Est-ce que Monsieur Philemon Mambabwa avait donné l’ordre de la brutalité ? Non. Les policiers ont pris leur propre initiative” a-t-elle répondu. Une déclaration capitale, prononcée par une très proche du fils aîné de la principale partie civile, qui fragilise considérablement l’accusation de complicité ou d’instruction de torture.

De son côté, si Claudien maintient avoir entendu l’expression “petite correction”, les policiers commis à la résidence affirment sous serment n’avoir reçu que l’ordre de “garder” les jeunes gens jusqu’à l’arrivée des parents. Cette absence de preuve d’un ordre explicite de violenter les enfants se double d’une zone d’ombre juridique concernant le chef de séquestration. L’audience a confirmé que Philémon Mambabwa, après avoir découvert la présence clandestine de trois garçons majeurs ou quasi-majeurs dans la chambre de sa fille mineure à 4 heures du matin, a d’abord envisagé de les faire conduire à la 7ème Direction de l’ANR – service d’investigation dépourvu de cachot.

Cependant, il est établi et reconnu par toutes les parties que cet ordre n’a jamais été exécuté. Les enfants n’ont jamais quitté la résidence. Ils ont été retenus dans la guérite, dans l’attente, selon la défense, d’une confrontation parentale à une heure décente. Philémon Mambabwa a justifié cette rétention temporaire par un souci de responsabilité : “S’il leur était arrivé quelque chose à 5h du matin dehors, j’aurais été fautif de les avoir exposés”.

Dès lors, la question centrale qui se pose à l’orée des réquisitions est la suivante : la responsabilité pénale de Philémon Mambabwa peut-elle être engagée sur la seule base d’intentions supposées ou d’un environnement sécuritaire dont il aurait mal évalué le zèle ? La partie civile martèle que les cris des enfants étaient audibles depuis le salon et que le prévenu Philemon Mambabwa aurait dû intervenir.

La défense rétorque que ce dernier, après avoir entendu les explications des filles, a réévalué la situation en temps réel et a précisément renoncé à envoyer les garçons à l’ANR pour privilégier un dialogue parental. À ce stade du procès, si le comportement des enfants et des policiers est sévèrement questionné, la matérialité des faits principaux reprochés à Philémon Mambabwa – ordre de frapper et séquestration arbitraire – reste, sur le strict plan factuel et objectif, désespérément non établie.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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