Actualité
Nomination des « Commissaires généraux » : Le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, avait pris soin d’informer le ministère de l’Intérieur
Le dossier « Commissaires généraux » continue à être commenté dans le microcosme politique national depuis que le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, s’était opposé à l’investiture du gouvernement provincial de Kinshasa, le vendredi 28 juin 2024, dans un télégramme largement relayé sur les réseaux sociaux.
Et pourtant, la question de nomination des commissaires généraux a été bel et bien abordée lors de la rencontre des gouverneurs nouvellement nommés avec le Chef de l’État.
En effet, rapporté-t-on, Le gouvernement provincial étant composé de 10 ministres, le Chef de l’État avait exhorté les gouverneurs, en présence du même VPM de l’Intérieur, que s’il y’a besoin d’ajouter certains animateurs et créer certains portefeuilles, « ça doit se faire conformément aux réalités budgétaires ». Des sources officielles précisent même que le VPM de l’Intérieur en avait même été saisi.
Légaliste, Daniel Bumba, nouveau gouverneur de la ville-province, avait, avant la sortie de son gouvernement, adressé une note au VPM de l’Intérieur pour l’en informer.
Dans la pratique, le gouverneur de Kinshasa a d’abord signé un arrêté nommant les 10 ministres provinciaux. Il a ensuite signé un autre arrêté portant création des services publics provinciaux nommés Commissariat général avant d’en prendre un autre nommant, cette fois-là, leurs animateurs appelés « Commissaires généraux ».
De l’avis d’un juriste, le télégramme du VPM de l’Intérieur est “inconstitutionnel et lourd des conséquences politiques, juridiques, institutionnelles, sociales et économiques”. Concrètement, Jacquemain Shabani a “violé l’article 198 de la Constitution et la loi sur la libre administration des provinces”.
“Pourquoi avoir réservé une copie aux réseaux sociaux, alors qu’aucune institution citée n’a été formellement notifiée ?”.
“Pourquoi avoir écrit au gouverneur, en lieu et place du président de l’Assemblée provinciale ?”. Ce qui est sûr, aucune disposition légale n’a été violée dans la composition du gouvernement Bumba. Dossier à suivre.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
