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Muanda sous le choc : un militaire jugé en flagrance après une fusillade meurtrière dans une église
C’est à Kitona que le procès en flagrance de Médard Katonzi, adjudant en chef de 59 ans, s’est ouvert ce mardi 13 mai 2025 devant le tribunal militaire de garnison de Kitona.
Le militaire est accusé d’avoir semé la mort dans une église de Muanda, au Kongo-Central, lors d’une fusillade qui a coûté la vie à deux personnes : une femme et un bébé de quatre mois. Trois autres fidèles ont été grièvement blessés.

Les faits remontent au dimanche 11 mai. À la suite d’une dispute conjugale, l’adjudant Katonzi se lance à la recherche de sa compagne, Naomie, 30 ans, qui s’était réfugiée à l’église « Le Chemin », située au Km5, sur la route de Banana. Ne la trouvant pas sur place, le militaire perd le contrôle et ouvre le feu sur les fidèles présents. Cinq personnes sont touchées. Deux d’entre elles meurent sur-le-champ, tandis que les trois autres sont évacuées en urgence.
La population, choquée, maîtrise rapidement le tireur avant l’intervention des forces de l’ordre, qui empêchent un lynchage.
Lors de sa comparution, le prévenu a reconnu l’ensemble des faits et des charges retenus contre lui. Il a précisé que la femme recherchée n’était pas son épouse légale, mais sa concubine. Cette dernière est actuellement en fuite.
Face à la gravité de l’affaire, le tribunal a décidé de renvoyer l’audience au 28 mai 2025 pour la poursuite des débats.

Ce drame soulève une vive émotion dans la ville de Muanda et au-delà, relançant les interrogations sur la sécurité dans les lieux de culte et le contrôle de l’usage des armes par les forces de l’ordre. Beaucoup s’interrogent : comment un différend conjugal a-t-il pu déboucher sur une telle tragédie ? Et surtout, pourquoi un homme formé au maniement des armes a-t-il choisi de régler un conflit privé avec un outil de travail militaire ?
Un dossier encore en cours, à suivre de près. La justice est désormais appelée à faire toute la lumière sur cette affaire qui a brisé des vies et secoué une communauté entière.
Dorcas Mwavita / CongoProfond.net
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A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
