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Mort de son père, ses relations avec ses frères, “This is me”, tensions familiales, héritage artistique, etc., Afimiko Emeneya parle !( Interview exclusive)

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Son défunt géniteur, “King” Kester Emeneya, fut l’un des musiciens les plus aimés et appréciés tant du public congolais qu’international, aussi bien pour sa belle voix que pour sa façon d’être et de paraître qui le rendait encore plus singulier et aimable. 7 ans aujourd’hui après sa disparition, exactement le 13 février 2014, CONGOPROFOND.NET est allé à la rencontre de sa fille Afimiko Emeneya, rendue célèbre par la chanson “anthologique” (comme le disait son illustre père) qui porte son nom. ” Mwana ya Sa Majesté ” a accepté de répondre à nos questions. Interview.

 

CONGOPROFOND.NET: Dites-nous madame, comment continuez-vous de vivre la réalité de la disparition de votre père ? Ou comment vivez-vous aujourd’hui ce vide après 7 ans ?

Afimiko Emeneya: Il est toujours difficile de perdre un être cher. Qui plus est une personne qui a toujours fait partie de votre existence.
Aujourd’hui, j’ai accepté sa mort. Je n’ai fait le deuil de mon père que vers fin 2017 début 2018. Ce n’est pas facile de vivre avec ce vide.

Vous êtes le plus célèbre des enfants du King Kester Emeneya. Connaissez-vous tous les autres enfants de votre défunt père ? Comment se passent les relations entre vous ?

A.E: Je connais le plus grand nombre. Nous avons des relations assez cordiaux. Je suis l’ainée des enfants de mon père, je suis assez accessible pour eux.

Ça vous générait de nous en donner le nombre total ?

A.E.: Ce n’est pas que cela me gêne mais j’estime que le moment n’est pas encore venu pour cela. Il y a encore certaine zone d’ombre concernant deux- trois d’entre eux…

La disparition d’une vedette de la trempe de votre père ne peut pas manquer d’engendrer des conflits. Comment la famille et vous-même les avez-vous gérés ?

A.E.: En effet, de ces conflits, nous avons malheureusement fait les choux gras de certains médias. Je n’entrerai pas dans les détails mais l’harmonisation de nos liens familiaux est un processus de longue haleine.

King Kester Emeneya était en plein studio à sa mort et avait laissé un album presque prêt. Pourquoi cet album n’est-il pas toujours sur le marché du disque, même à titre posthume ?

A.E.: Cet album avait été pris en otage par des individus habitués à exercer des abus de pouvoir sur autrui. Nous essayons de remédier à cet imbroglio. Nous espérons pouvoir dénouer cette affaire cette année.

Les mélomanes peuvent déjà être rassurés que l’album tant attendu sera finalement sorti ?

A.E.: Il est de notre devoir en tant qu’héritier d’un artiste de la trempe de notre père de tout mettre en œuvre pour que sa
volonté voir le jour.

Quel est le plus grand souvenir que vous gardez de la carrière de votre père en tant que musicien ?

A.E.: J’en ai deux. Le premier est une répétition faite à Bandal dans notre maison de Lubuzi.
J’étais dans ma chambre en haut entrain d’espionner l’effervescence du moment. C’était assez intense pour moi…
Je devais avoir 4-5 ans.
Le deuxième fut son concert à l’Olympia. J’étais tellement fier de mon père. Je le suis encore aujourd’hui d’ailleurs.

A la disparition de votre père à la suite d’une maladie, plusieurs bruits ont rapporté que la maladie n’était que la manifestation des plusieurs chocs subis par lui de la part de ses proches. De quelle oreille entendez-vous ces affirmations ?

A.E.: Mon père avait des problèmes cardiaques. Mais il n’en est pas décédé. Il avait attrapé une infection à l’hôpital où il devait recevoir une greffe du coeur. Malheureusement cette infection lui a été mortelle.

Êtes-vous en contact avec les collègues de votre père, je parle des artistes musiciens ?

A.E.: Nous n’avions pas de relations du vivant de mon père. J’essaie d’y remédier aujourd’hui.

Enfin, les héritiers artistiques de votre défunt père évoluent chacun en électron libre. Ne pouvez-vous pas initier une grande rencontre commune de toutes ces ailes ?

A.E.: j’ai toujours eu des projets pour l’héritage musical de mon père. Avec ma fratrie, nous espérons pourvoir perpétuer cet héritage à grande échelle dans les temps a venir.

Comment pensez-vous y parvenir ?

A.E.: J’avais été mis en contact avec Jean-Pierre Seck ( un grand producteur en Europe ) par mon cousins Grodash. Nous avions commencé à envisager une tournée holographique avec les anciens de Victoria et la Dream Team de mon père pour la sortie de “This is me”. Mais le moment n’était pas propice à cause des tensions existantes à l’époque autour du testament.

Interview réalisée par HERVEY N’GOMA/CONGOPROFOND.NET