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Moïse Katumbi – Martin Fayulu : Les empêcheurs de tourner en rond dont aurait besoin Félix Tshisekedi ?
Depuis la prestation de serment de Félix Tshisekedi, la politique congolaise semble figée dans une étrange léthargie. Seul le microcosme politique national, dans un entre-soi risible, s’excitent dans une gaieté moqueuse. Des enjeux cruciaux tels que l’inflation galopante, l’explosion des dépenses publiques et la flambée des prix des denrées alimentaires attendent des actions concrètes.
Dans ce contexte, le tandem Moïse Katumbi-Martin Fayulu émerge comme une configuration clé, possédant à la fois la volonté politique et les compétences nécessaires pour secouer le statu quo politique et économique de la RDC. Pour le bien de la vie démocratique congolaise, ils ne doivent surtout pas déserter le chemin de la confrontation idéologique.
Katumbi, entrepreneur et homme politique respecté, incarne un potentiel de changement. Son expérience en tant que gouverneur du Katanga a démontré sa capacité à initier des réformes audacieuses. Son succès dans le monde des affaires apporte une expertise économique indispensable à une nation aux prises avec une inflation croissante et des défis structurels.
Fayulu, un économiste chevronné, doté d’une expérience reconnue sur le plan international par son travail chez Exxon Mobil avant de se lancer en politique. Jeune loup à la conférence nationale souveraine et membre des 3 mousquetaires avec Jacques Matanda et Mufoncol Tshiyoyo. Sa constance pour le combat politique, les valeurs républicaines et le respect de la volonté populaire est éloquente.
La question demeure : Le duo Katumbi-Fayulu peut-il être le catalyseur du changement dont la RDC a désespérément besoin ? Leur vision politique semble en adéquation avec les défis actuels, et leur capacité à rassembler les forces de l’opposition offre une lueur d’espoir pour un débat constructif, une confrontation des propositions et des actions décisives.
Face à une présidence ambitieuse mais dans l’expectative, l’entrée en scène de ce couple pourrait injecter l’élan nécessaire pour sortir de l’impasse actuelle. En collaboration avec Tshisekedi, il pourrait incarner le partenariat dynamique dont la RDC a besoin pour mettre en œuvre des politiques salvatrices, stimuler l’économie et répondre aux besoins pressants de la population.
Cependant, des défis subsistent à commencer par ceux de choix du porte-parole de l’opposition et de quel type d’opposition correspondrait à la configuration actuelle. Ces divergences au sein de l’opposition pourraient entraver la concrétisation de cette vision. De plus, la capacité de ce nouvel attelage Katumbi-Fayulu à naviguer dans le paysage politique complexe de la RDC reste à prouver.
En définitive, l’impulsion nécessaire pour sortir la RDC de sa léthargie politique pourrait bien résider dans la collaboration entre Tshisekedi et le tandem Katumbi-Fayulu. Si ces deux leaders parviennent à transcender les clivages politiques pour œuvrer ensemble au bien-être de la nation, une ère de progrès et de réformes substantielles pourrait enfin voir le jour.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »
Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer
Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.
Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.
La société civile hausse le ton
Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.
Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.
Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage
Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.
La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.
Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.
À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.
Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net
