Coopération
Mise en place du Groupe de Concertation Nexus (GCN-HDP) au niveau central et validation des outils de gestion technique et administrative
Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a organisé, du 19 au 20 août 2025, un atelier technique de mise en place du Groupe de Concertation Nexus-Humanitaire, Développement et Paix (GCN-HDP) et de validation de ses outils de gestion. Cet atelier a été rendu possible grâce à l’appui technique et logistique du Bureau du Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies en RDC (RCO/Nexus) et du Gouvernement Suédois.
Plus de 60 Experts issus des institutions publiques gouvernementales, des Partenaires Techniques et Financiers, de la société civile, du secteur privé, du Forum des ONGI et du monde académique ont pris part aux travaux. L’objectif général de l’Activité consistait à définir l’organisation et le fonctionnement du Groupe de Concertation Nexus-HDP et à élaborer ses outils de gestion technique et administrative en impliquant suffisamment toutes les parties prenantes.
Les participants ont validé, au plan technique, les éléments suivants :
L’organisation et le fonctionnement du Groupe de Concertation Nexus-HDP,
Les outils de gestion technique et administrative du GCN-HDP (TDR spécifiques, Programme d’activités et mécanisme de suivi et évaluation) ; et
Les structures membres du GCN-HDP et de son Secrétariat technique.
La tenue de cet atelier s’inscrit en perspective du Comité de pilotage des Groupes Thématiques Sectorielles élargi aux Partenaires Technique et Financiers (PTF), qui va être organisé par le Ministère du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement au mois de septembre 2025.
À travers ces initiatives, la RDC réaffirme son engagement pour une gouvernance transparente, participative et efficace.
Benjamin Kapajika/Congoprofond.net
Coopération
Kinshasa, terre d’asile forcée : les premiers “expulsés latinos” de l’accord RDC-USA débarquent dans la nuit à N’Sele
Ils sont arrivés dans le silence épais de la nuit tropicale, à l’heure où Kinshasa s’assoupit sous le poids de l’humidité. Vendredi, peu après 1 heure du matin, quinze silhouettes éreintées ont foulé le tarmac de N’djili, non pas comme des voyageurs en quête d’aventure, mais comme les premiers rouages d’une mécanique migratoire inédite entre Washington et la RD Congo.
Péruviens, Équatoriens et Colombiens – tous originaires de cette Amérique latine que l’on imagine plus proche du rêve américain que des rives du fleuve Congo – ont été extirpés du territoire des États-Unis pour être “réinstallés” à près de 10 000 kilomètres de leur continent natal. Après une escale technique furtive à Accra, c’est une Afrique centrale souvent perçue comme un point de départ qu’ils découvrent à présent comme un terminus administratif.
Leur prise en charge immédiate dans une vaste résidence de la commune de la N’Sele transforme ce coin périphérique de la capitale en une antichambre inattendue de la politique de fermeté américaine. Ce transfert nocturne est la traduction concrète d’un accord bilatéral encore méconnu du grand public congolais, mais qui place Kinshasa dans le jeu complexe des externalisations des frontières américaines.
Alors que Washington durcit sa doctrine en matière d’immigration, la RDC, en quête de partenariats stratégiques et de reconnaissance diplomatique sur l’échiquier international, accepte de jouer le rôle de plateforme de transit ou d’accueil pour des ressortissants de pays tiers. L’ironie est palpable : là où des milliers de Congolais risquent leur vie pour atteindre les Amériques, voici que des Latino-Américains sont déportés vers la RDC, pays qui lutte lui-même pour stabiliser ses propres déplacés internes.
La nationalité des expulsés soulève une question lancinante : pourquoi Kinshasa ? La réponse tient probablement moins à la proximité géographique qu’à la disponibilité logistique et à la signature d’un parapheur engageant la souveraineté congolaise comme variable d’ajustement des flux humains du Nord. Installés dans le calme relatif de la N’Sele, loin du tumulte de la Gombe, ces quinze hommes et femmes incarnent désormais une nouvelle catégorie juridique et humaine aux contours flous.
Pris en charge dans des conditions décrites comme « correctes » par les sources sécuritaires, ils demeurent néanmoins suspendus à un vide juridique et existentiel. Que deviendront-ils une fois les projecteurs diplomatiques éteints ? Le gouvernement congolais évoque une aide au retour volontaire ou à la réinstallation, mais les filières migratoires entre le Pérou, l’Équateur et la RDC sont inexistantes.
Cet épisode nocturne, aussi discret soit-il, est bien plus qu’un simple fait divers aéroportuaire ; c’est le premier signal faible d’une reconfiguration des routes de l’exil, où le Sud global se voit contraint d’absorber les contradictions et les rejets du Nord. Dans les prochains mois, la résidence de la N’Sele pourrait bien devenir, malgré elle, un laboratoire à ciel ouvert de cette nouvelle géopolitique du refoulement.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
