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Mise en place des Comités fédéraux de l’UDPS : cap sur 2023 en toute confiance (Interview avec Me Elvis Mayo Bieme)
A travers les médias tant traditionnels que ceux en ligne, le pays tout entier vient de suivre une litanie de nominations des équipes de toutes les fédérations (67 au total) composant l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social( UDPS/Tshisekedi). Par décisions prises par Jean-Marc Kabund, président ad intérim, ces nominations des membres des comités fédéraux (une quarantaine par comités) se sont faites concomitamment avec celles des membres des Commissions électorales – fédérales permanentes(Cep – fédérale), soit 35 membres par fédération. Au cours d’un entretien exclusif avec CONGOPROFOND.NET, Me Elvis Mayo Bieme Ngalisame, conseiller du président a.i. de l’UDPS, a expliqué les contours de la plus impressionnante mise en place des Comités fédéraux d’un parti politique, jamais vu en RD Congo.
Congoprofond.net : Pourquoi l’Udps a-t-elle voulu lancer, de manière instantanée et globale toutes les compositions de ces équipes fédérales?
Me Elvis Mayo Bieme : Je rappelle que l’Udps/Tshisekedi est un parti national à forte personnalité et ayant une popularité bien assise dans toutes les entités territoriales du pays. Pour atteindre ses objectifs, le renouvellement des comités des organes de base s’avère très déterminant surtout avec la bonne posture de parti au pouvoir. Pour ce faire, l’exécutif du parti a jugé convenable, dans le strict respect des Statuts, de déployer les états-majors fédéraux sur toute l’étendue du territoire national compte tenu des enjeux politiques actuels.
Congoprofond.net : Comment s’est déroulé l’exercice de ce travail pharaonique ?
Me Elvis Mayo Bieme : Cette tâche ardue a consisté en une étude minutieuse de la question et de sa mise en œuvre, par le département de l’organisation et implantation, sous la coordination du Secrétaire général en amont et par le Président du Parti en aval. Ont été pris en compte, la qualité des ressources humaines locales en termes d’expertise, de probité morale, de disponibilité et de crédibilité, le respect de l’équilibre ethnique, les conflits latents entre membres, les perspectives électorales, etc. En vue d’une implantation sans cesse croissante et de l’efficacité des comités nommés, il y a eu nécessité de réaménager d’autres fédérations par scission ou fusion des territoires afin de faciliter les échanges, la mobilité et l’ancrage. Toutes les 26 provinces sont réellement quadrillées par notre parti.
Congoprofond.net : Maître, comment expliquez-vous des revendications et mécontentements enregistrés ici et là auprès de certains combattants contre ces décisions ?
Maître Elvis Mayo Bieme : Une telle révolution visant à fédérer toutes les forces du parti ne peut que soulever des vagues. Sur les 67 fédérations, j’ai suivi via la presse quelques contestations notamment à Butembo, Kananga et Matadi. C’est tout à fait normal que cela existe face à l’attitude progressiste de Jean-Marc Kabund quant à la direction du Parti. Certes, il y a très peu de revendications sur un grand ensemble où les décisions sont très bien approuvées car suscitant un grand espoir, mais l’exécutif s’attelle à l’examen des recours introduits et y apportera des correctifs éventuels.
Congoprofond : Quelles sont réellement les perspectives de ces actes au moment où le camp opposé à Kabund continue à insister que vous êtes toujours dans les violations des textes ?
Maître Elvis Mayo Bieme : Il n’y a pas de camp opposé, il n’y a qu’une divergence de vues. Une double invitation est lancée. Lire soigneusement le visa énonciatif des références de toutes ces décisions prises et opter pour l’union de toutes les forces de l’Udps car la bataille devient de plus en plus rude dans l’arène politique avec des situations très complexes dans lesquelles nos adversaires ne jurent que par l’affaiblissement de notre parti. Par ce travail prônant l’unité dans la diversité, le ton est donné pour la valorisation des fédéraux du terroir et cap sur 2023 en toute confiance.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Micheline Ombae Kalama en première ligne : Offensive immédiate contre les VBG au Kasaï-Central
À peine arrivée ce lundi 20 avril à Kananga, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, n’a accordé aucun répit à son agenda. Animée par une détermination manifeste, elle s’est rendue directement au Centre de formation des policiers et policières pour lancer une action forte de sensibilisation contre les Violences Basées sur le Genre (VBG).
Ce choix stratégique, loin d’être anodin, traduit sa volonté de placer les forces de l’ordre au cœur du dispositif de lutte et de protection des victimes.

Une campagne d’envergure soutenue par la coopération internationale
Cette descente de terrain s’inscrit dans une vaste campagne communautaire visant à prévenir les VBG, renforcer la protection des survivants et améliorer leur accès aux services de prise en charge. Ce programme bénéficie de l’appui financier de KOICA, témoignant de l’engagement des partenaires internationaux aux côtés de la RDC.
À travers cette initiative, la ministre entend non seulement sensibiliser, mais aussi provoquer un changement de comportement durable au sein des communautés.
Un appel ferme à une réponse coordonnée

Face à un auditoire composé d’hommes et de femmes en uniforme, Micheline Ombae Kalama a insisté sur l’urgence d’une mobilisation collective. Elle a rappelé que la lutte contre les VBG exige une réponse coordonnée impliquant tous les acteurs de la chaîne de protection.
Son message est clair : briser le silence, renforcer les mécanismes de dénonciation et garantir une prise en charge efficace des victimes.
Les CISM, piliers de la prise en charge des survivants

La ministre a particulièrement mis en lumière le rôle central des Centres Intégrés de Services Multi-sectoriels (CISM), véritables socles de la stratégie nationale. Ces structures offrent gratuitement une prise en charge holistique aux survivants, incluant :
– des soins médicaux d’urgence,
– un accompagnement psychologique,
– une assistance juridique,
– et des mesures de réinsertion socio-économique.
Pour la ministre, la vulgarisation de ces services est essentielle afin que chaque victime sache où trouver aide et protection.
Les forces de l’ordre, maillon clé de la protection

En choisissant le centre de formation de la police comme point de départ, Micheline Ombae Kalama envoie un signal fort : les policiers et policières doivent être les premiers remparts contre les VBG.
« La lutte contre les VBG ne peut réussir sans une implication totale de ceux qui portent l’uniforme. Vous devez être le rempart des vulnérables et les premiers guides vers les CISM », a-t-elle déclaré.
Le Kasaï-Central au cœur des priorités gouvernementales

Cette mission marque le lancement d’une série d’activités intensives dans le Kasaï-Central, une province où les enjeux liés aux droits des femmes et des enfants restent particulièrement préoccupants.
Par cette action rapide et ciblée, Micheline Ombae Kalama affirme son leadership et sa volonté d’inscrire la lutte contre les VBG parmi les priorités urgentes du gouvernement.
Tyson Mukendi/CONGOPROFOND.NET
