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Mines en RDC : Cyrille Mutombo brise le silence sur les préjugés, la fiscalité punitive et l’indulgence envers les opérateurs fantômes
La 20ᵉ édition de la DRC Mining Week s’est achevée en crescendo, ce vendredi 13 juin, sous le chapiteau 1 du Pullman Grand Karavia, à Lubumbashi. Le dernier panel, animé par le groupe de réflexion du Conseil consultatif de l’événement, s’est attaqué à deux maux persistants : la stigmatisation du secteur minier et l’instabilité des politiques fiscales. Un débat aussi stratégique que brûlant, dans un pays où les minerais abondent autant que les malentendus.
Cyrille Mutombo, directeur pays de Kibali Gold Mines (Barrick), a livré une intervention percutante qui a électrisé l’auditoire. Déplorant les perceptions erronées qui collent aux entreprises minières, il a pris l’exemple de Kibali, active dans la zone reculée de Watsa, à la lisière de la frontière ougandaise.
« Il nous a fallu trois mois pour désenclaver la région et réhabiliter la RN26, une mission qui, normalement, relève de l’État. » Malgré ces efforts de développement local, Kibali est parfois la cible de campagnes de désinformation, allant jusqu’à l’accuser — faussement — d’avoir financé des routes en Ouganda avec des fonds illicites.
« Au lieu de saluer l’impact de ces investissements structurants, certains responsables publics entretiennent un narratif biaisé qui excite l’animosité des populations. C’est une stratégie politicienne à courte vue, qui mine la confiance. »
Autre cheval de bataille du patron de Kibali : la fiscalité qu’il qualifie de punitive, instable et dissuasive. Selon lui, aucune ambition industrielle ne peut se bâtir sur des bases mouvantes.
« Comment attirer plusieurs milliards de dollars si les règles du jeu changent chaque année ? Même les garanties du Code minier sont vidées de leur substance par les lois de finances successives. » Pour Mutombo, il est urgent de basculer vers une fiscalité incitative, garante d’une vision à long terme, seule capable de nourrir de grands projets à l’horizon 20 ou 30 ans.
Sans langue de bois, il admet aussi les responsabilités internes au secteur. Certains opérateurs peu scrupuleux contribuent, selon lui, à décrédibiliser l’ensemble de l’industrie. « Il suffit de quelques brebis galeuses pour que l’opinion assimile tout le secteur à une mafia extractive. Pourtant, des entreprises comme Kibali, KCC ou Sinohydro travaillent dans la transparence et investissent réellement dans les communautés. »
La sélection des opérateurs miniers, conclut-il, doit être drastique, en adéquation avec le potentiel exceptionnel du sous-sol congolais. « Le Congo est une terre de Champions League. Il ne faut y admettre que des acteurs solides, techniquement compétents et capables d’une gouvernance exemplaire. Trop d’amateurs profitent du laxisme actuel. Il est temps d’imposer des standards élevés. »
Une prise de parole claire, sans concession, qui aura marqué les esprits pour clore cette édition 2025. Le message est passé : sans rigueur, stabilité et transparence, le rêve minier congolais restera à l’état brut.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
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Panne d’électricité au Tata Raphaël : Le derby V.Club–Renaissance interrompu et reprogrammé ce mercredi matin
Le très attendu derby du championnat national entre l’AS V.Club et l’OC Renaissance du Congo, disputé ce mardi au stade Tata Raphaël, a connu une interruption inattendue à la suite d’une panne générale d’électricité. En pleine intensité du match, l’éclairage du stade s’est brusquement éteint, plongeant l’aire de jeu dans l’obscurité et rendant toute poursuite de la rencontre impossible dans des conditions normales de sécurité.
Face à cette situation, l’arbitre central a pris la décision d’interrompre provisoirement la partie, conformément aux règles, afin d’éviter tout risque pour les joueurs et les officiels. Aucune solution de secours n’ayant été mise en œuvre, joueurs, encadreurs et supporters sont restés dans l’expectative, sous le regard médusé d’un public venu nombreux pour ce choc de Kinshasa.
Cet incident relance le débat sur l’organisation et la logistique des grandes affiches du football congolais. Entre manque de moyens, défaillances techniques et exigences d’un championnat professionnel, la question de la fiabilité des infrastructures sportives se pose avec acuité.
Au moment de l’arrêt, le score était de zéro but partout. Après concertation entre les officiels de la Linafoot et les dirigeants des deux clubs, il a été décidé que la rencontre reprendra ce mercredi 17 décembre à partir de 8 heures du matin, pour disputer les 45 minutes restantes, avec l’espoir d’un épilogue cette fois-ci sous de meilleurs auspices.
Désiré Rex Owamba / CONGOPROFOND.NET
