Culture
MeYaBe 2026 : quand la danse raconte les héritages invisibles, la compagnie Jacques Bana Yanga met en scène le “Kodia”
À la 15ᵉ édition du Festival international de danse MeYaBe 2026, la scène ne se limite pas au mouvement des corps. Chaque prestation porte en elle une histoire, une mémoire et parfois un message profondément enraciné dans les traditions congolaises.
C’est dans cette dynamique que la Compagnie Jacques Bana Yanga a marqué la soirée du jeudi 23 avril, lors de la deuxième semaine du festival, avec une performance aussi intense que symbolique intitulée « Kodia ».
À travers cette création chorégraphique, les artistes ont mis en lumière une réalité culturelle issue de la tradition Kongo, souvent mal comprise ou entourée de mystère.
Dans la tribu bakongo, le Kodia renvoie à un pouvoir particulier, transmis au sein de la famille, généralement d’un père à son fils ou d’un oncle à son neveu. Plus qu’un simple héritage, il s’agit d’une responsabilité lourde, presque sacrée, qui place celui qui le reçoit au centre des décisions familiales.
Le détenteur de ce pouvoir devient souvent la personne de référence dans la lignée : celui dont l’avis compte dans les grandes décisions, celui qui intervient lors des deuils, des célébrations ou des moments de crise. Il est appelé à soutenir financièrement et moralement toute la famille.
Mais derrière cette apparente puissance, la danse a surtout révélé une autre lecture : celle d’un poids social et familial.
À travers les gestes, les expressions corporelles et la mise en scène, la compagnie a montré comment ce pouvoir peut aussi être vécu comme une forme d’esclavage symbolique, où l’individu ne vit plus uniquement pour lui-même, mais pour toute la famille.
L’homme porteur du Kodia devient, en quelque sorte, prisonnier de ses obligations.
Selon la tradition évoquée dans le spectacle, le non-respect des règles liées à ce pouvoir pourrait entraîner diverses conséquences, allant de l’instabilité familiale à des malheurs interprétés dans certaines croyances comme des retombées spirituelles.
En mettant ce thème sur scène, le festival démontre une fois de plus que la danse contemporaine est aussi un outil de transmission culturelle, capable de raconter les réalités sociales, les croyances et les héritages invisibles qui traversent les générations.
Au-delà du divertissement, MeYaBe 2026 confirme que chaque spectacle peut être porteur d’un message fort.
Durant cette soirée organisée à l’Espace VIK, plusieurs prestations se sont succédé, mais « Kodia » s’est distinguée par la profondeur de son propos, mêlant danse, mémoire collective et réflexion sur les traditions.
À travers cette performance, le festival rappelle que la danse parle, raconte et transmet, parfois mieux que les mots.
Dorcas Mwavita/Congoprofond.net
Société
Kinshasa : les caniveaux bouchés par les immondices, facteur d’inondation sur l’avenue Commerce
Depuis 2025, les inondations sont devenues un phénomène fréquent à Kinshasa. L’avenue Commerce, particulièrement à son point de jonction avec l’avenue Bokasa, figure parmi les axes les plus touchés, régulièrement envahis par les eaux après chaque forte pluie.
Cette situation s’explique notamment par une mauvaise gestion des déchets observée auprès de certains vendeurs. Incapables de gérer correctement les restes de leurs marchandises, plusieurs les jettent directement dans les caniveaux. Ces derniers se retrouvent alors bouchés, empêchant l’écoulement normal des eaux de pluie et provoquant ainsi des inondations sur les trottoirs.
Les piétons, de leur côté, ne trouvent pas toujours d’endroits appropriés pour jeter leurs bouteilles en plastique, sachets ou autres déchets. Beaucoup préfèrent alors les abandonner dans la rue ou dans les caniveaux. Toutes ces pratiques contribuent à la dégradation de l’avenue, qui devient impraticable après chaque pluie.
« Après chaque pluie, le marché devient désert et les clients disparaissent », a déclaré Hugo Musangu, commerçant sur l’avenue Bokasa.
Située en plein centre-ville de Kinshasa, l’avenue Commerce constitue une artère importante dans une zone fortement urbanisée.
Elle s’inscrit dans un réseau d’axes majeurs reliant plusieurs avenues stratégiques, notamment le Boulevard du 30 Juin, l’avenue Kasa-Vubu et l’avenue Bokasa. Elle facilite l’accès au grand marché de Kinshasa et constitue un véritable lieu d’échanges et d’interactions sociales entre clients, commerçants et passants au quotidien.
Cette avenue favorise également la circulation des biens et des services, occupant ainsi une place stratégique dans l’économie de la ville.
Face à cette situation, un curage urgent des caniveaux est vivement sollicité auprès des autorités urbaines.

Par ailleurs, il sied de souligner que depuis le mercredi 22 avril, le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, a lancé l’opération « Balabala eza wenze te », consistant à déguerpir les vendeurs installés sur la voie publique autour du grand marché.
Pour certains observateurs, le numéro un de la ville gagnerait à faire d’une pierre deux coups en lançant également une vaste opération d’assainissement des avenues qui entourent le grand marché, notamment les avenues Kasa-Vubu, Commerce et Bokasa.
Elvit Kumbu, stagiaire UCC
