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Martin Fayulu : En quête de valeurs pour une démocratie renouvelée

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Après un cycle électoral tumultueux, le Président Martin Fayulu Madidi, figure emblématique de l’opposition en République Démocratique du Congo, avait choisi de prendre du recul. Ce geste, loin d’être un signe de faiblesse, témoigne d’une volonté réfléchie de se réinventer en vue des élections de 2028.

Lors du récent déjeuner sur la Démocratie de la Nouvelle Génération, Fayulu a su captiver son auditoire en énonçant des réflexions critiques sur l’état de la démocratie en Afrique et les défis qui s’annoncent. Martin Fayulu a exprimé des inquiétudes légitimes concernant l’affaiblissement des valeurs démocratiques sur le continent.

Il a pointé du doigt la politique du double-standard adoptée par certains pays démocratiques, qui semblent fermer les yeux sur les pratiques électorales douteuses en RDC tout en applaudissant des régimes aux méthodes contestables. Un bon leadership ne crée pas des suiveurs, mais des leaders. Former et inspirer les autres à atteindre leur plein potentiel est son leitmotiv.

Il a illustré son propos en évoquant le cas du Rwanda, un pays qui, malgré ses violations des principes démocratiques et de l’intégrité territoriale de la RDC, continue de bénéficier de soutiens variés de la communauté internationale. Ce constat amer souligne la nécessité d’une approche cohérente et sans compromis en matière de défense des valeurs démocratiques.

Martin Fayulu a ainsi appelé à une défense systématique des élections libres et transparentes ainsi qu’à la protection de la souveraineté des États africains. Sa responsabilité a toujours été de mettre en avant les principes et valeurs qui doivent guider avec sagesse et intégrité, en étant un exemple à suivre pour les générations futures, la vie démocratique en RDC.

Dans un monde où les valeurs semblent parfois se diluer au profit d’intérêts géopolitiques, son plaidoyer en faveur d’un engagement authentique et inébranlable en faveur de la démocratie est à la fois rafraîchissant et nécessaire. En redéfinissant sa lutte autour de ces valeurs fondamentales, Fayulu démontre une constance et une intégrité qui honorent son rang.

Sa capacité à analyser la situation actuelle tout en gardant un regard tourné vers l’avenir est un atout majeur pour sa réinvention politique. En prenant du recul, il se positionne comme un leader pragmatique, conscient que la route vers une véritable démocratie est semée d’embûches, mais que chaque pas en avant est un pas vers un avenir meilleur pour la RDC.

Martin Fayulu incarne une voix essentielle dans le discours démocratique africain. Son engagement à promouvoir des valeurs démocratiques solides et à dénoncer les incohérences dans le soutien international témoigne d’une vision claire pour l’avenir. Un leader est celui qui connaît le chemin, le suit et le montre aux autres.

Pour 2028, son parcours sera sans aucun doute scruté avec attention, car il représente une lueur d’espoir pour ceux qui aspirent à un changement véritable et durable en RDC. L’intégrité et les principes éthiques sont essentiels pour transformer la politique en un véritable engagement au service de la société. Sans valeurs, la politique n’est qu’un jeu de pouvoir.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité

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L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.

Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.

Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »

Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :

« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »

Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.

Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »

Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.

Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.

Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET

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