Société
Marché Gambela : les mamans commerçantes lancent un cri d’alarme face aux Kuluna et à une police accusée de complicité
Kinshasa, le marché Gambela, jadis considéré comme l’un des lieux les plus dynamiques et fréquentés de la capitale congolaise, est aujourd’hui devenu un espace où la peur règne, où les cris de détresse remplacent les chants du commerce, et où l’insécurité dicte désormais la loi. Les mamans vendeuses, piliers économiques de nombreuses familles kinoises, dénoncent une situation devenue invivable : agressions quotidiennes, vols à main armée, menaces permanentes, et une police soupçonnée de passivité, voire de complicité.
Dans ce grand centre commercial populaire, la vie ne suit plus son cours normal. Les étalages se ferment de plus en plus tôt. Les clients se raréfient. Les commerçants vivent dans l’angoisse. Et les mamans, qui se battent chaque jour pour nourrir leurs enfants, disent n’avoir plus aucun refuge.
« Avant, on pouvait rester jusqu’à 18h… aujourd’hui, c’est impossible »
Rencontrée sur place, une vendeuse du marché Gambela témoigne avec une voix tremblante mais remplie de colère. Elle affirme que le marché n’est plus sécurisé, et que les vendeurs sont obligés d’écourter leurs activités, de peur d’être attaqués.
« Auparavant on pouvait rester dans le marché jusqu’à 18h, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Par exemple pour les vendeurs de bijoux, ils sont obligés de fermer à 15h, pour fuir les agressions. Tous les jours nous sommes menacés par les kuluna, qui nous arrachent les sacs, avec tout l’argent de commerce », rapporte une maman sur place, à la rédaction de Congoprofond.net.
Cette déclaration résume une réalité brutale : Gambela n’est plus un marché, mais un terrain de chasse pour les délinquants, où les Kuluna imposent leur loi, arrachant les biens des passants et détruisant progressivement la stabilité économique des commerçants.
Des agressions quotidiennes et une peur constante
Selon plusieurs témoignages recueillis, les agressions se multiplient dans l’enceinte même du marché et à ses alentours. Les Kuluna, souvent en groupes, circulent librement, intimidant vendeurs et clients, arrachant sacs, téléphones, marchandises et recettes journalières.
Certaines mamans affirment même que les voleurs n’opèrent plus en cachette : ils attaquent ouvertement, en plein jour, et parfois devant les forces de l’ordre.
Dans ces conditions, plusieurs commerçants préfèrent perdre des heures de vente plutôt que de risquer de perdre la vie. Car derrière les vols, il y a aussi des violences physiques, des blessures, et des traumatismes qui s’accumulent.
Une police accusée de passivité et de complicité
Le plus inquiétant dans cette affaire, selon les vendeuses, est le comportement des policiers censés assurer la sécurité. Ces derniers sont accusés d’être inefficaces, voire complaisants face aux actes criminels.
« Nous crions à l’aide à nos autorités. Si possible de changer les agents de police qui sont sur le marché, parce qu’impuissants face à ces jeunes délinquants. Ils commettent des crimes sous leurs yeux, et ne font rien pour les empêcher d’opérer », déplore une autre commerçante.
D’après les mamans, les policiers restent souvent spectateurs, laissant les Kuluna circuler tranquillement, comme si le marché leur appartenait.
« Ils circulent calmement dans ce marché, volant et ravissant les biens des passants, vendeurs et clients », ajoute-t-elle.
Ces propos soulèvent une question grave : comment des criminels peuvent-ils opérer avec autant d’assurance, dans un espace public où l’État est censé être présent ?
Gambela, un marché qui se vide et une économie qui s’effondre
L’insécurité a un impact direct sur l’économie locale. Les clients, craignant d’être agressés, évitent certaines zones du marché ou préfèrent ne plus y venir. Les commerçants, eux, voient leurs bénéfices chuter.
Beaucoup de mamans affirment qu’elles n’arrivent plus à vendre correctement. Et quand elles vendent, elles doivent quitter rapidement le marché, avec la peur d’être suivies ou attaquées sur le chemin du retour.
Dans un contexte où la majorité des familles survivent grâce au petit commerce, cette situation devient une catastrophe sociale silencieuse. Car derrière chaque sac arraché, ce sont des enfants privés de nourriture, des frais scolaires non payés, des loyers impayés, et des familles plongées dans le désespoir.
Un appel urgent aux autorités : « Nous voulons vivre et travailler en paix ! »
Face à cette crise sécuritaire, les mamans vendeuses du marché Gambela lancent un appel clair et direct aux autorités provinciales et nationales. Elles réclament une intervention immédiate, concrète et durable.
Elles demandent notamment :
le renforcement des patrouilles policières, la mise en place d’un dispositif sécuritaire permanent,l’identification et l’arrestation des bandes Kuluna, et surtout, le remplacement des agents de police accusés d’inaction.
Pour ces femmes, il ne s’agit plus seulement d’une question de commerce, mais d’une question de survie.
Car aujourd’hui, à Gambela, vendre devient un acte de courage. Aller au marché devient un risque. Et rentrer avec son argent devient un miracle.
Quand l’État regarde, le peuple souffre
Le marché Gambela symbolise aujourd’hui une réalité douloureuse de Kinshasa : lorsque l’insécurité progresse et que la police reste silencieuse, ce sont les plus vulnérables qui paient le prix fort. Et parmi eux, les mamans vendeuses, ces femmes qui portent la ville sur leurs épaules.
Elles ne demandent pas des discours, mais des actions. Elles ne demandent pas la pitié, mais la protection. Elles ne demandent pas des promesses, mais une présence réelle de l’État.
Le cri d’alarme est lancé. Reste à savoir si les autorités l’entendront avant que Gambela ne devienne définitivement un marché de peur, et non un marché de vie.
Régis NGUDIE/Congoprofond.net
Société
Espace Grand Kasaï : une nouvelle équipe prend les commandes de la NAAGK
La Nouvelle alliance des ambassadeurs du Grand Kasaï (NAAGK-ASBL) a officialisé la mise en place de son comité général, marquant une nouvelle étape dans son organisation interne.
La décision, signée le 25 mai 2026 par le coordonnateur général et autorité morale de la structure, Paulin Kanku Ndaye, fait suite à l’Assemblée générale extraordinaire du 26 avril dernier qui avait validé la composition des organes dirigeants.

Parmi les principales nominations figurent Daniel Mbatshi Shamba et Thomas Kamunga Bambi, désignés respectivement premier et deuxième coordonnateurs généraux adjoints. Martin Ngudie Mukala occupe désormais le poste de secrétaire général, assisté de Justin Tukumba Nbietu Lukengu et Bernard Ilunga Kalemba comme secrétaires généraux adjoints.

La trésorerie générale est confiée à Rachel Tshibola Kasonga, secondée par Salomon Nkole Kalamba, tandis que Benoît Beya Mpinda assure les fonctions de comptable. Patrick Nkwamba Ngalamulume et Basile Nkulu Mishomba complètent l’équipe en qualité de deuxième et troisième conseillers généraux.
À travers ces nominations, la NAAGK entend poursuivre ses activités et renforcer son engagement en faveur de la solidarité, de la cohésion et du développement au sein de l’espace Grand Kasaï. Les nouvelles dispositions sont entrées en vigueur à la date de signature de la décision.
Mike Tyson Mukendi
