Actualité
Makutano/Goma : « Tout le monde est appelé à investir avec le peu qu’il a… »
Simultanément, il s’est tenu ce jeudi 10 décembre à Kinshasa, Lubumbashi et Goma, le rendez-vous économique dit « Makutano 6″. Dans la ville touristique, c’est Kivu entrepreneur qui l’a organisé. Ce cadre annuel qui réunit les entrepreuneurs,les investisseurs et les autres acteurs intervenants dans les secteurs privés et para étatique, est un espace d’échange d’expérience entre les participants.
En ville volcanique, il a été aussi question d’exposer les différents produits des entrepreneurs innovants après les interventions des différents pénalistes qui ont parlé, pour certains, de l’importance d’investir et, pour d’autres, comment investir mais aussi les conditions pour y arriver.
Les participants se sont dits satisfaits de cette activité. Pour le professeur Dady Saleh, l’un des pénalistes dans Makutano, investir, c’est perdurer, c’est endurer, c’est risquer mais pas baisser la garde quand ça n’a pas tenu, car d’après son expérience, sur 50 de ses investissements, 2 seulement ont prospéré.
« Je vous ai dit que j’ai fait au moins 50 entreprises mais 2, 4 ont réussi ; le reste niku homba et j’y ai mis 5000,1000 dollars. Alors, les gens sont entrain parfois de trop se tiquer et ne comprennent pas que investir c’est perdurer, c’est risquer, ça marche, ça ne marche pas, ça casse et on avance. Je peux vous rassurer que 2 investissements m’ont fait récupérer pratiquement tous les autres investissements », a-t-il témoigné.

Par contre, le commissaire général en charge de l’entrepreneuriat et représentant du gouverneur de province à ces assises, a rassuré les entrepreneurs en leur annonçant que le gouvernement provincial est en cours de réflexion sur un assouplissement dans les procédures de création d’entreprise surtout pour les jeunes investisseurs débutants. Cela pour permettre un bon climat des affaires au Nord-Kivu, a indiqué Patient Bembeleza.
« Au niveau du gouvernement provincial, on est en train de réfléchir pour voir comment assouplir tout ce qui a comme procédure, comment réduire et voire mettre fin à toutes les tracasseries auxquelles font face les opérateurs économiques et particulièrement, les entrepreneurs mais aussi et surtout voir comment on peut alléger la charge aux entrepreneurs. Les débutants, on ne doit pas continuer à les flanquer toute une fiscalité asphyxiante », a-t-il clamé.
Les organisateurs et certains participants se sont dits, eux, satisfaits des échanges du jour parce qu’il a été prouvé que les besoins des investissements se font sentir en ville de Goma et un appel a été lancé à tout le monde vu le grand potentiel qui s’offre devant lui, à investir moyennant le petit rien qu’il a.
« Ce que nous retenons, ce qu’il y a un intérêt pour Makutano, ça d’abord c’est un grand acquis. Deuxieumement, il a été prouvé que les besoins en investissements sont vraiment importants pour les entrepreneurs de Goma. Donc, un appel a été fait à tous les acteurs de se mobiliser aussi pour les investissements pourquoi ?Parce que nous avons le grand potentiel que nous n’exploitons pas et à travers le thème d’aujourd’hui, tout le monde a été appelé aussi de faire un geste en tant qu’investisseur parce que même 10 dollars, on peut investir dans un projet et demain, voir son investissement grandir », a dit Joël Tembo, directeur de Kivu Entrepreneurs.
Il sied de souligner que le thème de Makutano pour cette année est : » DRC business & investors champions league », alors que le thème local de la ville de Goma est : « Investir dans l’entrepreneuriat innovant pour former des champions de demain ».
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
