Société
Lubumbashi étouffé : embouteillages à ciel ouvert, l’ombre de Kinshasa plane
Lubumbashi, la deuxième ville de la RDC, est en train de basculer dans une asphyxie routière chronique qui rappelle tristement celle de Kinshasa.
Désormais, il n’y a plus d’heures de pointe. Matin, midi ou soir, les routes sont bouchées. Les véhicules se retrouvent nez à nez dans des files interminables, chacun cherchant désespérément à s’extirper d’un chaos devenu quotidien.
Des grandes artères du centre-ville aux ruelles des quartiers résidentiels, le spectacle est le même : congestion permanente, klaxons stridents, conducteurs exaspérés. Face à ce phénomène devenu structurel, les autorités brillent par leur inaction. La régulation de la circulation reste partielle et anarchique. Si la police de circulation routière tente de jouer son rôle sur certains axes, de nombreuses routes restent livrées à elles-mêmes.
À défaut de réponse officielle, l’absurde devient la norme. Sur certains carrefours stratégiques, comme celui des avenues des Cimetières et des Plaines, près du camp militaire Vangu dans la commune de Kampemba, ce sont parfois des militaires qui assurent l’intérim. Et dans d’autres zones, des jeunes conducteurs de tricycles s’improvisent « agents de régulation » pour éviter le blocage total.
Le tableau n’a rien à envier à Kinshasa, où les bouchons sont devenus une fatalité. À Lubumbashi, les quartiers densément peuplés en subissent les pires conséquences. Sur les axes critiques comme l’avenue des Plaines menant à Kilobelobe ou encore l’avenue Mobutu reliant la cité Gécamines au centre-ville, les passagers passent souvent plus de deux heures coincés dans les transports en commun.
Et pendant que le trafic piétine, des bandes de jeunes mal intentionnés profitent des bouchons pour dépouiller les citoyens, notamment ceux qui se déplacent en tricycle, plus vulnérables.
Ce chaos est aggravé par l’ouverture simultanée de plusieurs chantiers routiers, dont les travaux stagnent sans explication. Résultat : Lubumbashi est devenue une ville à l’arrêt, où se déplacer relève désormais de l’exploit.
Patient Mubiayi/CONGOPROFOND.NET
Société
Ebola à Butembo : les tenanciers d’hôtels appelés à revoir leurs méthodes d’accueil et d’orientation des clients
Les tenanciers d’hôtels de la ville de Butembo, au Nord-Kivu, ont été sensibilisés, vendredi 12 juin 2026, aux risques liés à l’accueil des visiteurs dans un contexte marqué par la résurgence de la maladie à virus Ebola. Cette séance de sensibilisation s’est tenue dans la grande salle de l’Hotel Butembo, à l’initiative du chef du service urbain du Tourisme, Kambasu Matembela.
À cette occasion, ce dernier a invité les responsables d’établissements hôteliers à adapter leurs pratiques d’accueil et d’orientation des clients afin de prévenir tout risque de propagation de la maladie.
« J’ai invité les représentants du secteur de la santé, notamment ceux de la Division provinciale de la santé (DPS), afin qu’ils présentent la situation actuelle de l’épidémie. Ils ont expliqué les dangers auxquels les hôteliers sont exposés, étant donné qu’ils reçoivent des visiteurs venant de différentes localités. Il est donc important qu’ils sachent comment gérer, surveiller et orienter leurs clients dans ce contexte sanitaire particulier », a déclaré Kambasu Matembela.
Les opérateurs du secteur hôtelier ont ainsi été appelés au strict respect des mesures barrières recommandées par les autorités sanitaires ainsi qu’aux différentes directives édictées par les autorités provinciales pour lutter contre Ebola, souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique homologué par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’est encore disponible.
Le chef du service urbain du Tourisme a également exhorté les responsables d’hôtels à ne pas confondre établissements hôteliers et maisons de tolérance, soulignant que ces dernières peuvent constituer des foyers potentiels de propagation de la maladie. Il a, à cet effet, annoncé le déploiement prochain d’une mission de contrôle et d’identification sur le terrain.
Par ailleurs, deux nouvelles zones de santé du Nord-Kivu ont récemment enregistré des cas liés à cette 17ᵉ épidémie d’Ebola. Il s’agit des zones de santé de Vuhovi et de Masereka. La province compte actuellement 40 cas confirmés. La zone de santé de Katwa demeure l’épicentre de l’épidémie avec une dizaine de cas enregistrés. La prise en charge des malades se poursuit à travers les Centres de traitement d’Ebola (CTE) mis en place dans les différentes zones concernées.
Dalmond Ndungo/Congoprofond.net
