Société
Lubumbashi étouffé : embouteillages à ciel ouvert, l’ombre de Kinshasa plane
Lubumbashi, la deuxième ville de la RDC, est en train de basculer dans une asphyxie routière chronique qui rappelle tristement celle de Kinshasa.
Désormais, il n’y a plus d’heures de pointe. Matin, midi ou soir, les routes sont bouchées. Les véhicules se retrouvent nez à nez dans des files interminables, chacun cherchant désespérément à s’extirper d’un chaos devenu quotidien.
Des grandes artères du centre-ville aux ruelles des quartiers résidentiels, le spectacle est le même : congestion permanente, klaxons stridents, conducteurs exaspérés. Face à ce phénomène devenu structurel, les autorités brillent par leur inaction. La régulation de la circulation reste partielle et anarchique. Si la police de circulation routière tente de jouer son rôle sur certains axes, de nombreuses routes restent livrées à elles-mêmes.
À défaut de réponse officielle, l’absurde devient la norme. Sur certains carrefours stratégiques, comme celui des avenues des Cimetières et des Plaines, près du camp militaire Vangu dans la commune de Kampemba, ce sont parfois des militaires qui assurent l’intérim. Et dans d’autres zones, des jeunes conducteurs de tricycles s’improvisent « agents de régulation » pour éviter le blocage total.
Le tableau n’a rien à envier à Kinshasa, où les bouchons sont devenus une fatalité. À Lubumbashi, les quartiers densément peuplés en subissent les pires conséquences. Sur les axes critiques comme l’avenue des Plaines menant à Kilobelobe ou encore l’avenue Mobutu reliant la cité Gécamines au centre-ville, les passagers passent souvent plus de deux heures coincés dans les transports en commun.
Et pendant que le trafic piétine, des bandes de jeunes mal intentionnés profitent des bouchons pour dépouiller les citoyens, notamment ceux qui se déplacent en tricycle, plus vulnérables.
Ce chaos est aggravé par l’ouverture simultanée de plusieurs chantiers routiers, dont les travaux stagnent sans explication. Résultat : Lubumbashi est devenue une ville à l’arrêt, où se déplacer relève désormais de l’exploit.
Patient Mubiayi/CONGOPROFOND.NET
Société
Retour à la mère nourricière : 30 ans après, les anciens du Collège Elikia posent un geste de cœur
L’attachement à leur alma mater demeure intact. Trente ans après l’obtention de leur diplôme d’État, les anciens élèves du Collège Elikia ont posé, vendredi 17 avril 2026, un geste fort de générosité en faveur de leur ancien établissement. À travers une série de dons matériels et de travaux de réhabilitation, ces vétérans ont tenu à exprimer leur gratitude envers l’école qui a contribué à leur formation.
Face à l’état de dégradation progressive de l’établissement, marqué notamment par la vétusté de certaines infrastructures, les anciens ont décidé d’agir. Faute de moyens financiers suffisants pour une réhabilitation complète, la priorité a été accordée à la peinture des salles de classes des finalistes, afin d’offrir aux élèves un cadre d’apprentissage plus décent et motivant.
Au-delà des infrastructures, ces anciens élèves ont également pensé au développement physique et culturel des apprenants. Des ballons de football ont été remis à l’école, tandis que des ballons de basketball devraient suivre dans les prochains jours. Ils ont également entrepris des démarches pour la réfection du terrain de basket, dans le souci de redynamiser la pratique sportive au sein de l’établissement.
Fidèles à l’adage Mens sana in corpore sano un esprit sain dans un corps sain les anciens ont aussi mis l’accent sur l’éveil intellectuel des élèves. À cet effet, des jeux de Scrabble ont été offerts afin de promouvoir la culture générale, la maîtrise de la langue et l’esprit de réflexion. Leur ambition est également de voir renaître des activités académiques telles que les “Génies en herbe”, qui ont autrefois révélé plusieurs figures de la presse et de la vie politique congolaise.
Malgré des moyens limités, l’impact de cette action reste considérable. Ce geste de cœur témoigne de l’amour profond que ces anciens continuent de porter à leur “mère nourricière” et de leur volonté de contribuer à l’avenir des générations futures du Collège Elikia.
Adonikam Mukendi, stagiaire UCC
