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L’or du Haut-Uélé livré aux Chinois, le silence des autorités interroge

Dans les territoires du Haut-Uélé, une activité minière illégale et opaque se déroule presque à ciel ouvert. Des groupes d’opérateurs chinois, arrivés dans une discrétion quasi totale, exploitent massivement l’or de la région. Personne ne sait vraiment par quel mécanisme ces étrangers réussissent à s’implanter au cœur de zones reculées comme Mankoro, ni quel cadre légal (s’il existe) leur permet de s’y maintenir. C’est la loi du silence : aucune autorité locale n’ose dénoncer, encore moins s’y opposer.

Des engins lourds pour une exploitation sauvage

Munis de pelleteuses, tracteurs et camions, les exploitants chinois mènent des opérations d’envergure. La scène ressemble davantage à un chantier industriel qu’à une exploitation artisanale. Le sol est éventré, les forêts déboisées, les rivières troublées par les rejets. Aucun plan de gestion environnementale n’est visible.

Pendant ce temps, les infrastructures locales se dégradent à grande vitesse. Les routes en terre battue, déjà fragiles, subissent des dommages irréversibles sous le poids des machines. Chaque passage laisse des ornières, coupant des villages entiers du reste du territoire.

Des trous béants, héritage du pillage

 

Après leur départ, les exploitants abandonnent des cratères béants, véritables pièges pour les habitants et le bétail. Aucun site n’est réhabilité. Le paysage reste défiguré, transformé en champs de blessures ouvertes. Pour les populations locales, il ne reste ni richesse, ni développement, seulement la misère et un environnement détruit.

Des questions qui dérangent

Qui autorise réellement cette exploitation ? Quels réseaux permettent à ces groupes de pénétrer et de s’installer dans les zones aurifères du Haut-Uélé ? Pourquoi les autorités locales et nationales ferment-elles les yeux ?

Dans un pays qui perd chaque année des milliards de dollars à cause du trafic illicite de minerais, la situation du Haut-Uélé apparaît comme une nouvelle illustration du pillage organisé des ressources naturelles congolaises.

Un cri d’alarme

Face à ce silence complice, il est urgent que les voix de la société civile, des parlementaires et des communautés locales se lèvent. Le Haut-Uélé ne peut pas rester une terre livrée aux intérêts étrangers au détriment de ses habitants. La richesse aurifère devrait financer des écoles, des hôpitaux, des routes ; elle ne devrait pas servir à creuser des trous de misère et à enrichir des exploitants venus d’ailleurs.

Le temps de l’omerta doit cesser. Haut-Uélé mérite justice, transparence et développement.

Dorcas Mwavita