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Livres : L’éruption du Nyiragongo de 2021 racontée dans “Le reporter du feu” de Fidèle Kitsa

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Journaliste, entrepreneur et écrivain évoluant à Goma, Fidèle Kitsa n’a pas laissé sans empreinte, un moment précis de l’histoire de la ville volcanique. Il dit vouloir marquer son temps pour servir les générations futures de la plus belle de manière, en écrivant un livre. Dans le cadre de son travail de reportage journalistique, il a documenté la terrible éruption volcanique de mai 2021. Ce qu’il restitue dans un livre dénommé “Le reporter du feu”.

Publié en début 2022, le bouquin est un récit de l’éruption du volcan Nyiragongo qui a causé des dégâts énormes, entre autres, des pertes en vie humaine, des déplacements massifs, des collectes de fonds pour les victimes et bien d’autres. Il a tout mis sur 100 pages.

« J’ai pensé à rédiger quelque chose pour aider non seulement les générations présentes à se documenter mais aussi les générations futures. J’ai voulu archiver l’histoire en donnant beaucoup de détails. Je me suis dit de ne pas attendre que les chercheurs viennent de l’extérieur pour écrire sur l’histoire que moi, j’ai vécue, l’éruption que j’ai couverte du début jusqu’à la fin », a expliqué Fidèle Kitsa.

L’éruption volcanique en 2002 connaît un véritable problème de documentation, tant il n’y a pas d’écrits qui la raconte largement. Cette histoire est mieux racontée par ceux qui l’ont vécue, et cela par tradition orale. “Le reporter du feu” est un livre narratif, sous forme d’un grand reportage pour l’éruption de 2021. L’auteur souhaite qu’il soit un repère de l’histoire de Nyiragongo. Que les autorités, les humanitaires, les chercheurs, les étudiants, les jeunes fassent allusion à ce livre en parlant volcan en RDC.

Depuis sa parution, Fidèle Kitsa a discuté de ce livre avec les étudiants de quelques universités à Goma pour les inciter à la culture d’écrire. Des activités littéraires et culturelles se sont tenues en compagnie de ce livre au cours de l’année dernière. Le jeune écrivain a eu droit à un stand au festival Amani, en février 2022 à Goma et en février 2023, à Bukavu.

“Le reporter du feu” a déjà fait du chemin auprès des autorités congolaises. Le ministre de la Communication et des médias, Patrick Muyaya, a reçu une copie du livre lors de son passage à Goma ; celui de l’Aménagement du Territoire, Guy Loando, a acheté un lot important. Quant au ministre de la Recherche scientifique, José Panda, il a reçu également une copie du livre. Des députés nationaux et provinciaux, surtout ceux provenant du territoire de Nyiragongo, se sont aussi procurés cet ouvrage.

« J’appelle les Congolais à s’approprier “Le reporter du feu”. C’est l’histoire de la RDC, celle du volcan Nyiragongo qui est notre patrimoine, notre richesse. J’appelle même les autorités à m’accompagner et m’encourager en se procurant le livre et à multiplier le livre en plusieurs copies pour que notre histoire soit relatée partout dans le pays, dans les 26 provinces, en Afrique et dans le monde », a ajouté Fidèle Kitsa.

Le livre est l’œuvre des éditions Smart publishung. L’auteur sera avec son livre à la rencontre des dédicaces, le 27 avril prochain, à l’institut Français de Goma. Dans la ville, il est vendu à la librairie Lave littéraire, également à la maison des jeunes, au bureau de la radio Kivu stars et au bureau de la télévision Mutetezi. À Kinshasa, le livre est vendu à la bibliothèque Mac Buku et aux éditions Miezi. Il coûte 10$. Lien pour l’achat en ligne : https://www.amazon.com/Reporter-Du-Feu-French-ebook/dp/B09QQ8PGWS

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité

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L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.

Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.

Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »

Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :

« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »

Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.

Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »

Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.

Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.

Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET

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