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Limete : Un religieux catholique menacé et déshabillé par des « combattants » sur la 10e rue
Un fait étonnant s’est déroulé dans l’après-midi de ce samedi 23 décembre 2023, sur la 10e rue, Limete-Industriel. Un groupe de religieux (deux pauliniens et un moine bénédictin, en séjour pour la première fois à Kinshasa) a été menacé par les partisans d’une entité appelée « Force du progrès », parce que l’un d’eux aurait porté sur lui, une chemise avec les initiales « JKK », faisant référence à l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange.
Accompagnés de leur coordon dont l’identité n’est pas connue, ces jeunes se sont pris violemment, jusqu’à déshabiller le pauvre moine, qui piétine pour la première fois le sol kinois. Pour mettre fin à l’attroupement causé par cet acte barbare, le soi-disant coordon a exigé une amende de 50$ et la chemise du Père. Au cas contraire, il donnera l’ordre à ses éléments pour acheminer le Père Janvier, moine bénédictin dans leur base, afin qu’il subisse le supplice. Puisque selon lui, porter un vêtement avec les initiales, les images de l’ex président et de tout autre opposant sur la 10e Rue Limete, est une provocation et infraction grave et impardonnable.
« Ba Sango, bino nde bosala biso mabe », s’est-il exclamé, avant de donner l’ordre à ses éléments de porter la main sur le pauvre moine, jusqu’à lui ôté sa chemise. Quelle humiliation !
C’est grâce à la ténacité de l’un des religieux témoin de l’événement et de l’intervention d’autres prêtres pauliniens et de la population de la 10e Rue, que la situation s’est calmée. « Botika ba Sango na biso », s’exclamaient les mamans vendeuses en pleure, qui ont apporté un t-shirt au Père Janvier, afin qu’il se couvre le torse.
À cause de cette délinquance, ces religieux n’ont pas pu réaliser leur apostolat pour lequel ils étaient en route.
Ces jeunes non-identifiés sèment la terreur et instaurent un climat d’insécurité au nom du soutien au Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi.
Régis NGUDIE/Congoprofond.net
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Stade du procès, personne n’a établi que Philémon Mambabwa a ordonné de frapper ou séquestré qui que ce soit
Alors que la Cour militaire s’achemine vers la phase des plaidoiries, un constat factuel s’impose avec une acuité dérangeante : en près de huit audiences, aucun témoignage ni aucune pièce versée au dossier n’a permis d’établir un lien direct et univoque entre Philémon Mambabwa et les violences physiques subies par les enfants Mushobekwa.
L’audition des deux principaux renseignants, Sakina R. et Claudien Likulia, loin de clarifier la chaîne de commandement, a plutôt semé le trouble sur l’implication personnelle du prévenu. Sakina a été formelle devant le Ministère Public : “Est-ce que Monsieur Philemon Mambabwa avait donné l’ordre de la brutalité ? Non. Les policiers ont pris leur propre initiative” a-t-elle répondu. Une déclaration capitale, prononcée par une très proche du fils aîné de la principale partie civile, qui fragilise considérablement l’accusation de complicité ou d’instruction de torture.
De son côté, si Claudien maintient avoir entendu l’expression “petite correction”, les policiers commis à la résidence affirment sous serment n’avoir reçu que l’ordre de “garder” les jeunes gens jusqu’à l’arrivée des parents. Cette absence de preuve d’un ordre explicite de violenter les enfants se double d’une zone d’ombre juridique concernant le chef de séquestration. L’audience a confirmé que Philémon Mambabwa, après avoir découvert la présence clandestine de trois garçons majeurs ou quasi-majeurs dans la chambre de sa fille mineure à 4 heures du matin, a d’abord envisagé de les faire conduire à la 7ème Direction de l’ANR – service d’investigation dépourvu de cachot.
Cependant, il est établi et reconnu par toutes les parties que cet ordre n’a jamais été exécuté. Les enfants n’ont jamais quitté la résidence. Ils ont été retenus dans la guérite, dans l’attente, selon la défense, d’une confrontation parentale à une heure décente. Philémon Mambabwa a justifié cette rétention temporaire par un souci de responsabilité : “S’il leur était arrivé quelque chose à 5h du matin dehors, j’aurais été fautif de les avoir exposés”.
Dès lors, la question centrale qui se pose à l’orée des réquisitions est la suivante : la responsabilité pénale de Philémon Mambabwa peut-elle être engagée sur la seule base d’intentions supposées ou d’un environnement sécuritaire dont il aurait mal évalué le zèle ? La partie civile martèle que les cris des enfants étaient audibles depuis le salon et que le prévenu Philemon Mambabwa aurait dû intervenir.
La défense rétorque que ce dernier, après avoir entendu les explications des filles, a réévalué la situation en temps réel et a précisément renoncé à envoyer les garçons à l’ANR pour privilégier un dialogue parental. À ce stade du procès, si le comportement des enfants et des policiers est sévèrement questionné, la matérialité des faits principaux reprochés à Philémon Mambabwa – ordre de frapper et séquestration arbitraire – reste, sur le strict plan factuel et objectif, désespérément non établie.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
