Analyses et points de vue
Lettre ouverte à Madame Yolande Elebe, Ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine de la RD Congo (Régis Ngudie/Citoyen)
Objet : Pour une régulation urgente des contenus audiovisuels produits par les comédiens congolais sur les réseaux sociaux
Excellence,
Par la présente, nous, citoyens soucieux de l’avenir culturel, moral et éducatif de notre nation, venons vous adresser une vive interpellation quant à la dérive préoccupante que connaît aujourd’hui l’art dramatique congolais, notamment à travers les contenus de séries télévisées, pièces théâtrales et productions humoristiques diffusées massivement sur les réseaux sociaux (YouTube, TikTok, Facebook, etc.).
Il est aujourd’hui tristement courant de voir certains comédiens congolais, pourtant porteurs d’un héritage artistique riche et respecté, déverser sans réserve des insanités, des propos obscènes, des scènes de vulgarité extrême, sans le moindre filtre ni pudeur. Ce qui choque davantage, c’est le fait que ces contenus sont souvent destinés à un public non averti, notamment des jeunes qui en deviennent les premiers consommateurs, reproduisant ensuite ces modèles avec insouciance.
Excellence, l’art dramatique a toujours été un puissant canal d’expression, un miroir de notre culture, de nos valeurs, de notre intelligence collective. Il devrait être un espace d’éveil, d’éducation, d’émancipation, et non un amphithéâtre où sont projetées sans scrupule les pires antivaleurs. La liberté d’expression ne peut servir de prétexte à la décadence morale ni à l’apologie du vide culturel.
Or, dans un pays aussi riche culturellement que le nôtre, l’art est une arme pacifique et stratégique pour transmettre notre histoire, valoriser nos langues, nos traditions, et forger une jeunesse consciente de son identité. Si les médias classiques perdent du terrain face aux réseaux sociaux, il est impératif que nous reprenions possession de ces nouveaux espaces numériques pour y proposer un art porteur de sens, de dignité et d’espérance. Un art qui soigne les mémoires blessées, réveille les consciences, et donne à la jeunesse le goût de grandir dans la fierté et non dans la honte.
Laisser prospérer cette tendance actuelle où la vulgarité devient spectacle, et où l’humour se confond avec la bassesse, c’est exposer toute une génération à une déconstruction lente mais certaine. C’est compromettre l’avenir intellectuel et moral de notre peuple. Il est encore temps d’agir, Excellence. Votre implication, votre courage et votre vision seraient d’un salut immense pour restaurer la valeur de l’art congolais, le redéfinir comme levier de transformation sociale et non comme outil de désorientation collective.
Nous tirons la sonnette d’alarme : il est urgent d’instaurer une véritable censure ou au minimum une régulation stricte des contenus audiovisuels produits et diffusés par les artistes comédiens, surtout sur les plateformes numériques. Il en va de l’identité culturelle de notre nation, de l’éducation de notre jeunesse et du respect dû à l’art lui-même.
Excellence, nous savons pouvoir compter sur votre responsabilité patriotique et votre attachement aux nobles idéaux de la culture congolaise pour que soient mises en place des mesures fortes et concrètes :
– Un organe de veille sur la qualité et la moralité des contenus diffusés ;
– Un code de conduite pour les artistes comédiens et producteurs de contenus numériques ;
– Des campagnes de sensibilisation sur l’art responsable et éducatif ;
– Et pourquoi pas, la mise en valeur d’un théâtre éducatif, porteur d’espoir, de sagesse et de dignité.
Que l’art congolais redevienne une lumière, non une obscurité. Un levier d’élévation, non de déchéance.
Dans l’attente d’un sursaut salutaire, veuillez croire, Excellence, à l’expression de notre profond respect et de notre confiance en votre action.
Fait à Kinshasa, le 19 juillet 2025
Régis MBUYI NGUDIE KULONDI
(citoyen, Philosophe et libre penseur, formateur des jeunes et consultant en communication)
Actualité
Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture
L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.
Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.
Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.
La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.
Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
