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« Les Réponses de Lumumba » : la Clinique Littéraire de Kinshasa lance un dialogue inédit avec l’histoire
La Clinique Littéraire de Kinshasa (CLK) vient de lancer un appel vibrant à tous les amoureux de littérature, d’histoire et de mémoire collective : participer au projet « Les Réponses de Lumumba », une réplique créative et engagée au retentissant ouvrage Cher Lumumba, paru aux Éditions Miezi.
Dans ce livre épistolaire, plusieurs écrivains ont livré des lettres imaginaires adressées au héros national Patrice Emery Lumumba, évoquant ses idéaux, ses luttes et ses rêves restés en suspens. Aujourd’hui, la CLK, portée par son promoteur, le poète Pat Le Gouru, propose une démarche inédite : donner une voix en retour à ces lettres, et ainsi instaurer un dialogue littéraire intergénérationnel et transhistorique.
« C’est une autre manière de faire littérature. Ce projet n’est pas un simple exercice de style, mais un acte de mémoire vivante », souligne Me Lemarc Bamenga, directeur de la Clinique Littéraire.
Comment participer ?
1. Lire l’ouvrage Cher Lumumba
2. Choisir une lettre à laquelle répondre
3. Rédiger une réponse (en prose ou en poésie)
4. Ajouter une courte biographie
5. Envoyer le tout à : cliniquelitterairedekinshasa@gmail.com
Date limite : 11 novembre 2025 à minuit
Avec « Les Réponses de Lumumba », la Clinique Littéraire entend renouer le fil entre la jeunesse et la mémoire, entre l’écriture et les luttes, entre le rêve d’un homme et l’avenir d’un peuple.
Un projet littéraire majeur pour rappeler que la parole, même réinventée, peut encore dialoguer avec les silences de l’histoire.
Barca Horly Fibilulu Mpia
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
