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Les liens obscurs entre le bâtonnier d’Isiro, ancien influent membre du FCC et les affaires lucratives dans la Province du Haut-Uélé
Depuis l’année 2019, un leader énigmatique se trouve au cœur d’une affaire aux ramifications politiques et économiques profondes. Ancien membre influent du FCC de Joseph Kabila et avocat de renom à Isiro, Monsieur Jean Bakomito Gambu a joué un rôle crucial dans la saisine de la Cour Constitutionnelle pour accuser le chef de l’État Félix Tshisekedi Tshilombo de haute trahison en 2019. L’accusation reposait sur une prétendue violation d’une disposition constitutionnelle, interprétée de manière contestable.
Cependant, les motivations de cet actuel gouverneur provisoirement proclamé mais contesté au Conseil d’état par son adversaire politique semblent aller bien au-delà de la simple défense de l’ordre constitutionnel. Des investigations révèlent des liens économiques étroits entre sa famille biologique, le chef rebelle Corneille Nangaa Yobeluo et les affaires prospères dans la province du Haut-Uélé. Des entreprises telles que NTS, ORC, BEKAS, BTC, DCMS, ACTION B et d’autres, toutes dépendantes des contrats provinciaux, sont au cœur de ce réseau opaque.
NTS (NELAGA TOZALI SERVICE) qui a par exemple construit la maison du chef rebelle de l’AFC-M23 en plein cœur d’Isiro appartient au sénateur honoraire Jean Bakomito et Roger Abotome. C’est d’ailleurs l’architecte Hervé Bekabisiya, petit-frère du gouverneur provisoire Jean Bakomito qui s’en était personnellement occupé.
Tandis que ORC (Oriental Road and Construction appartenant à son oncle paternel Jean Bakomito dont il porte d’ailleurs le nom) réhabilite la route Isiro-Watsa, générant d’importants profits pour les initiés. BTC (BRAVO TOZALI COMPAGNIE) a même changé de nom pour brouiller les pistes. Elle appartient à Roger Abotome qui est le petit-frère du gouverneur provisoire Jean Bakomito Gambu. SGU ( Société Générale de Uélé qui a récupéré tous les engins de la province appartient au chef rebelle de l’AFC-M23 Corneille Nangaa Yobeluo mais gérée par son petit-frère Martin Nangaa qui a participé à l’accord politique de Gombé entre les quatre élus (Prosper Mangbukele, André Lite, Baseane Nangaa et Jean Bakomito), soulignant l’intention délibérée de dissimuler les véritables acteurs derrière ces opérations.
Il devient de plus en plus clair que la coalition familiale, des oncles de Wamba et le neveu, formée autour de cet élu provisoire à la tête de la province du Haut-Uélé ne poursuit pas un projet altruiste pour le bien-être de la population, mais vise plutôt à consolider son emprise sur les affaires lucratives de la province. Ces connexions entre intérêts politiques et économiques soulèvent des questions cruciales sur la transparence, la responsabilité et l’éthique dans la gouvernance locale.
En exposant ces liens obscurs et en mettant en lumière les pratiques douteuses qui les sous-tendent, il devient impératif de remettre en question la légitimité de ceux qui prétendent agir au nom du peuple. L’opacité des affaires dans le Haut-Uélé ne peut être tolérée, et il est temps de demander des comptes à ceux qui abusent de leur pouvoir pour servir des intérêts personnels au détriment de l’intérêt général.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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Tshisekedi face aux journalistes : un rendez-vous à haut risque sur tous les fronts
Le Palais de la Nation se prépare à vivre un grand oral sous tension. Ce 6 mai 2026, la conférence de presse présidentielle doit affronter simultanément la crise sécuritaire dans l’Est, la controverse autour d’un éventuel changement constitutionnel, et le dossier explosif des sanctions contre Joseph Kabila. Rater cette communication reviendrait à offrir un angle d’attaque à toutes les oppositions.

Sur le plateau, la sécurité sera le premier banc d’essai. Les journalistes veulent des réponses précises sur les moyens alloués aux FARDC et la sincérité des coopérations militaires étrangères. Sur l’épineuse question de la Constitution, toute ambiguïté nourrira le soupçon d’un passage en force. Le moindre faux pas pourrait relancer les manifestations hostiles interdites dans la capitale.
Le nom de Joseph Kabila flottera inévitablement sur la salle. Félix Tshisekedi devra expliquer comment gérer cet isolement sans paraître lancer une chasse aux sorcières des anciens dignitaires. Les observateurs jugeront sa capacité à poser en chef d’État rassembleur et maître de son temps, bien au-delà des règlements de comptes personnels. Une conférence à la vie, à la mort politique.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
